Entretien de Jean Sévillia dans le journal de l’Action française

4 Déc

Extrait d’un entretien donné par l’historien Jean Sévillia au journal de l’Action française.

« La manipulation des esprits par l’idéologie officielle ne date pas d’aujourd’hui. L’école de Jules Ferry, derrière sa neutralité apparente, développait un projet éminemment politique : former des citoyens républicains échappant à l’influence de l’Eglise. Mais le politiquement correct a pris tant d’importance, aujourd’hui, parce qu’il se situe à un carrefour. Evolution de l’idéologie dominante en premier lieu. Les années d’après-guerre ont été dominées, dans le milieu intellectuel, par le communisme version soviétique. Après le choc de 1956 – le rapport Khrouchtchev, la révolte de Budapest écrasée dans le sang – de nombreux intellectuels rompent avec le PC tout en restant marxistes. Le tiers-monde, dans les années 1960, sert d’exutoire à leur espoir : c’est de Chine ou de Cuba que viendra la révolution. Suit Mai 68, qui est, en dépit des apparences, une révolte individualiste contre les deux puissances de l’époque : l’Etat gaulliste et le parti communiste. Les idées de Mai touchent toute la société. A droite, le giscardisme en sera l’héritier, avec ses réformes sociétales directement issues de 68. A gauche, le PC entame son déclin, qui mettra quinze ans à s’accomplir. A la patrie, paradigme gaulliste, la droite préfère le libéralisme. A la révolution, paradigme marxiste, la gauche préfère désormais les droits de l’homme, la liberté de l’individu. A la fin des années 1980, quand le système soviétique s’effondre, la gauche est déjà ralliée aux lois du marché, et la droite a adopté la révolution des mœurs venue de la gauche.

D’où une convergence entre droite et gauche, dans les années 1990, qu’on a appelée le libéralisme libertaire, nourrissant une vision commune de l’homme et de la société. La planète est un marché, le monde est une sphère de libre-échange humain, matériel, financier et culturel, où les frontières doivent tomber parce que les concepts de nation ou de civilisation sont caducs. Toutes les cultures se valent, l’individu est libre de choisir ses idées et ses valeurs, débarrassé des références dogmatiques et religieuses. Tel est le fond de sauce du politiquement correct qui peut accommoder tous les plats, mais avec des variantes et des nuances dans le dosage selon le lieu et le moment.

L’emprise de ces idées sur la société s’explique par le fait qu’elles rencontrent une sorte de consensus chez les élites médiatiques et culturelles qui les assènent au nom du magistère moral qu’elles croient détenir. Les élites politiques partagent cette idéologie dans leur majorité ; si ce n’est pas le cas, leur outillage intellectuel, doctrinal, moral et spirituel est si faible, dans l’ensemble, qu’elles ne voient rien à y opposer et qu’elles cèdent devant, par ignorance ou par lâcheté. »

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Richard Millet, « le nouveau mécontemporain »

4 Déc

Extrait d’un article signé Jean-Marc Parisis paru dans Le Figaro, le 26 novembre dernier.

«La France n’a jamais connu une telle dégradation unanime de la langue. Quand la langue est malade, le reste est malade. Le cancer de la langue est le cancer social par excellence.» En 1977, jeune professeur, il croyait la maladie réversible. «J’ai enseigné le français pendant une vingtaine d’années. Je m’y suis donné tout entier, sans faire de différence entre les origines des élèves. J’ai cru très longtemps que je pourrais faire quelque chose. J’ai vu que le système excluait toute volonté réelle de transmission. Quand j’ai constaté que je sortais du système, je suis sorti de tout.» Sortir de tout, c’était rejoindre «l’épaisseur rythmée», la «mémoire frémissante» de la langue, et mourir au monde pour ne pas mourir avec lui. Ecrire des romans (son premier, L’Invention du corps de saint Marc, a paru en 1983), des récits autobiographiques, mais aussi des essais, sortis en rafales ces dernières années. Désenchantement de la littérature, L’Opprobre, L’Enfer du roman, Fatigue du sens balaient un vaste champ : le culturel contre la culture, la loi contre l’éthique, l’incompatibilité de l’islam avec l’Europe, le viol de la langue, l’américanisation de la France, la faiblesse du roman national et la «soupe narrative accommodée aux épices de la mondialité anglophone»,la fiction de l’antiracisme, le cancer du nihilisme, etc.En retour, ses «ennemis», les suppôts du «Nouvel Ordre moral», l’ont habillé pour l’hiver de la pensée : «pseudoprophète égaré dans ses vaticinations idéologiques», «négativiste teigneux», «ouvertement lepéniste», «homophobe», etc.

Ses ennemis ? «Les sicaires d’un système qui se prétend de gauche ou d’extrême gauche mais qui, en réalité, participe du capitalisme le plus sauvage. Contradiction qu’ils assument sans aucun état d’âme.» Dans Fatigue du sens, il prévient d’emblée qu’il n’écrit pas «contre les immigrés, les races, les ethnies, les étrangers, l’islam, etc.», mais des extraits sortis de leur contexte, des focalisations excessives ont laissé croire le contraire. Au fond, il n’a jamais rien eu d’un polémiste, et chez lui, la théorie critique n’est même pas première. Elle naît d’une forme de stupéfaction devant le monde tel qu’il va et où il voit se dissoudre son identité d’homme «blanc», «catholique», «hétérosexuel».

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Sur le traitement médiatique de l’ultraviolence

4 Déc

Communiqué du parti de l’In-nocence publié sur son site le 29 novembre dernier.

Le parti de l’In-nocence remarque une fois de plus que l’aveuglement antiraciste institué et obligatoire rend totalement inintelligibles, inopérants et non advenus les divers reportages et cris d’alarme médiatiques sur la montée et sur l’aggravation de la violence, sur l’ultraviolence, sur l’insécurité croissante des personnes et des biens. Qui sont les responsables des actes divers rangés sous ses rubriques ? Comment se nomment-ils ? A quelles “communautés” appartiennent-ils majoritairement, voire exclusivement ou presque ? Tant qu’à ces questions l’antiracisme dogmatique interdit et s’interdit de donner des réponses, les problèmes auxquels elles sont liées restent du domaine de la sociologie médiatique, organique ou “sociétale” : autant dire qu’ils n’ont aucune espèce de chance d’être clairement posés — d’être résolus n’y pensons même pas. Or, dans la mesure où ils sont l’expression même des rapports entre communautés d’origines diverses sur le territoire national, en l’occurrence de la guerre ethnique et de la conquête coloniale en cours, ils relèvent éminemment de la politique, et d’elle seule : non pas de la politique partisane et des rivalités pour le pouvoir, mais de celle, s’il en demeure, qui envisage et prend en compte, au regard de l’histoire, le destin du peuple et la survie de la patrie.

Entretien de Richard Millet dansle journal de l’Action française

20 Nov

L’écrivain Richard Millet a récemment donné un entretien au journal de l’Action française. Le mouvement publie sur son site le contenu de cet interview. En voici quelques extraits.

L’Action Française 2000 – Quelles sont les principales caractéristiques de ce que vous appelez la « barbarie posthumaniste » ?

Richard Millet – Cette barbarie se caractérise par une inversion totale des valeurs qui nous ont faits ce que nous sommes et que bientôt nous serons les derniers à porter : de là notre situation de « derniers », d’hommes à abattre. Déchéance de toute idée de tradition, d’unicité, de transmission, de pureté, de hiérarchie, d’esprit critique, de sacré. Ignorance. Remplacement de peuples par d’autres. Autodénigrement. Mensonge général, au premier rang duquel le mythe antiraciste. Réduction de l’Histoire à la sanctification des génocides. Substitution du culturel à la culture. Chute de la verticalité dans le vertige de l’horizontal sous la forme du divertissement, de l’égalitarisme forcené, de l’infantilisation de l’individu. Les signes abondent, les formulations aussi : cette prolifération est bien le signe d’un affolement dû à la ruine des valeurs, sinon de la valeur en tant que telle.

[…]

Croyez-vous en la possibilité d’un sursaut historique ou providentiel ? Non. La catastrophe écologique en cours nous a menés au bord du gouffre : la surpopulation aussi. On peut certes entrer dans le rêve malthusien d’une guerre entre la Chine et l’Inde ; on peut logiquement souhaiter que la guerre civile entre l’Islam et le reste du monde se déroule autrement que par celle des ventres et de l’immigration : il n’en reste pas moins que la catastrophe est irréversible et que de la condition de dernier nous passerons peut-être à celle de survivants.

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Paul-Marie Coûteaux présente « la matrice d’une droite nouvelle »

6 Nov

Chronique de Paul-Marie Coûteaux publiée dans Valeurs actuelles le 3 novembre.

L’impuissance politique est devenue telle que l’on s’est au fond résigné à laisser agoniser dans la même chambre le vieux couple droite-gauche : du pareil au même. Leur opposition est d’autant plus brouillée que la droite a toujours fini par adhérer aux marqueurs de la gauche : tôt ralliée à son premier critère historique, le refus du veto royal, elle finit toujours par adhérer à ses thèmes de prédilection, les libertés sous toutes leurs formes, la démocratie sous toutes ses acceptions, et finalement la place majeure donnée au “progrès social” dans le projet politique.

Ces critères classiques de la gauche s’imposèrent les uns après les autres à tout le spectre – au point que le progrès social ne fut jamais aussi rapide que sous les présidences de droite Pompidou et Giscard. Quant au dernier des grands marqueurs de la gauche moderne, l’internationalisme converti en obsession du dépassement général des nations, c’est peu dire qu’une droite tout aussi moderne y communie à qui mieux mieux, en particulier dans l’universel dépassement européen et le non moins universel ralliement à l’Otan, version politique et militaire de l’américanisation générale des modes de vie, de la langue, des mots, des manières, etc. Bien malin, au bout du compte, qui pourrait aujourd’hui repérer des valeurs qui seraient en propre attachées à la droite. Il faudrait pourtant y réfléchir à l’aube d’une saison électorale où nul ne pourra gagner seul, en sorte que se composeront in fine des alliances au second tour. Aux triomphants paradigmes de gauche, quelles valeurs opposer ?

Notre hypothèse est que les “valeurs de la droite” se reforment ces dernières années, à bas bruit et sans mot, à l’occasion des débats dits “de société” : celui de l’identité nationale aussi bien que celui du gender ou des progrès de la génétique, de l’homoparentalité, des OGM, tous débats sur l’identité mettant en jeu deux conceptions inconciliables de la liberté, de l’homme et du monde. Pour saisir cette réaction encore en germe, il faut revenir au débat philosophique, et à cette très ancienne querelle qui opposa le progressiste Héra­clite à Parménide et à Platon. Le premier affirmait que tout n’étant que perpétuel devenir, que rien n’est pour toujours ce qu’il est ni ne relève d’aucune essence immuable (« on ne se baigne jamais dans la même eau »), chaque chose se prêtait au progrès infini. Les seconds affirmaient au contraire que le mouvement n’était qu’une suite de métamorphoses n’altérant pas la nature de chaque chose, son idée, son essence : ce n’est pas la même eau, mais c’est toujours le même fleuve…

Clairement formulée dans certains dialogues socratiques (surtout dans le magistral Cratyle), cette opposition court à travers toute la philosophie européenne jusqu’à son avatar contemporain, l’existentialisme, qui, prétendant que les hommes peuvent se choisir eux-mêmes (jusqu’à choisir leur sexe selon la théorie du gender), a battu à plates coutures l’essentialisme platonicien. On nia en bloc toute na­ture, aussi bien celle de la femme (il est obligatoire de penser depuis Beauvoir que l’« on ne naît pas femme, on le devient ») que de la mère, ou du père, ou de l’homme (invoquer la virilité est réputé fasciste, au mieux “machiste”), comme on nia dans l’ordre politique qu’il existât une nature, âme ou identité, des nations : la moindre référence à une identité française, ou allemande, ou arabe, devint une intolérable “essentialisation”, at­tentatoire au mélange européiste ou mondialiste, voire condamnée pour racisme – arme omniprésente du tribunal existentialiste. Comme il est devenu ringard d’évoquer l’identité d’un animal (des bovidés, n’a-t-on pas voulu faire des carnivores ?), d’un légume, que les OGM modifient génétiquement, c’est-à-dire dans leur nature ; ou d’invoquer une essence de l’homme face aux applications de la génétique, prometteuses pour les uns, inquiétantes pour les autres…

Fait nouveau, cette dénaturation générale est devenue menace plus que promesse : en somme, elle commence à faire débat. Chrétiens, écologistes, humanistes à l’ancienne (qui invoquent une nature immuable de l’homme) mettent en doute ces infinis progrès, refusant d’admettre que le monde et les hommes ne sont plus que matière plastique : cette réaction est à mon sens la matrice d’une droite nou­velle, dont on voit déjà, contre le délire multiculturel niant à angle droit les identités, une certaine résurgence sous la forme du populisme, nouvelle revendication de peuples désireux de rester ce qu’ils sont, défendre leur identité et ses attributs majeurs, souveraineté, frontière, nationalité…

Un tel rappel des nations, des choses et des êtres à leur nature propre pourrait instruire une cosmogonie de droite qui n’accepterait pas sans examen les dérives du progrès au point de laisser la technique, ses traductions commerciales et ses étendards libertaires recomposer le monde. La droite aurait grand intérêt à réfléchir à ce critérium, qui élargirait son champ politique en incluant une partie de la réflexion dite “écologiste”, réconcilierait ses fractions sur la pérennité de la nation et de ses héritages – et remettrait sur le métier sa réflexion politique, laquelle ne saurait être éternellement tenue pour superflue.

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Tempête en vue

Compromis historique

Le ministère de l’Intérieur et l’antiracisme

Zemmour VS Plenel – Z&N 27/10/11

29 Oct

Cette tête à claque d’Edwy Plenel était invité hier soir dans l’émission de Zemmour et Naulleau.

C’est avec difficultés, Plenel l’interrompant systématiquement, que Zemmour essaie de rétablir la vérité sur les « massacres » du 17 octobre 1961 à Paris. Citons ce bon vieux Bernard Lugan qui a publié tout récemment une chronique sur cet énième mensonge médiatique :

« Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, par le biais d’une machination particulièrement bien orchestrée, policiers, gendarmes mobiles, CRS et Harkis engagés le 17 octobre 1961 à Paris dans une opération de maintien de l’ordre, sont devenus des agresseurs accusés d’avoir massacré 300 manifestants algériens, d’en avoir jeté des dizaines à la Seine et d’en avoir blessé 2300. […]

Or, contrairement à ce qui est affirmé par des médias dont l’inculture est à l’égal de l’esprit partisan, le 17 octobre 1961, il n’y eut pas de massacre d’Algériens à Paris. […]

Contre les affirmations  des complices du FLN et des auteurs militants, les archives de l’Institut Médico Légal de Paris, la Morgue, sont pleines d’enseignements. Le Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961, nous apprend ainsi que du 1° au 30 octobre 1961, 90 corps de « NA » , Nord-africains selon la terminologie officielle de l’époque, sont entrés à l’Institut médico légal, la plupart étant d’ailleurs des victimes du FLN…
Le 17 octobre, alors que se déroulait  dans Paris un soi-disant massacre, l’Institut Médico Légal n’a enregistré aucune entrée de corps de « NA ». Et pour cause, le 17 octobre 1961, de 19h30 à 23 heures, une seule victime fut à déplorer dans le périmètre de la manifestation, et ce ne fut pas un Algérien, mais un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé et dont rien ne permet de dire que ce fut par la police. En dehors du périmètre de la manifestation  « seuls » 2 morts furent à déplorer,  Abdelkader Déroues tué par balle et retrouvé à Puteaux et Lamara Achenoune étranglé gisant dans une camionnette, également à Puteaux.
Certes, nous dit-on, mais les morts ont été déposés à la morgue les jours suivants. Or, et une fois encore, ce n’est pas ce qu’indiquent les archives de l’IML car, entre le 18 et le 21 octobre, seuls 4 cadavres de « NA » (Nord-africains) furent admis à la Morgue :
– le 18 octobre, Achour Belkacem tué par un policier invoquant la légitime défense et Abdelkader Benhamar mort dans un accident de la circulation à Colombes.
– le 20 octobre, Amar Malek tué par balles par un gendarme.
– le 21 octobre Ramdane Mehani, mort dans des circonstances inconnues.

Soit du 17 au 21 octobre, 7 morts, dont deux seulement peuvent être imputés aux forces de police. Nous voilà bien loin des 300 morts avancés par certains…[…] »

Renaud Camus, président du Parti de L’In-nocence, remet lui aussi les choses au clair dans un communiqué publié le 21 octobre dernier :

« Le parti de l’In-nocence est indigné par la récente commémoration du prétendu massacre du 17 octobre 61. La thèse du massacre, ce jour-là, de plusieurs centaines d’Algériens, avancée par l’historien amateur et militant communiste Einaudi — lequel s’est contenté de croire sur paroles les témoignages d’Algériens affiliés au FLN ou sous son influence —, a été clairement et parfaitement réfutée par une enquête menée à l’initiative du premier ministre Lionel Jospin et confiée par le ministre de l’intérieur Jean-Pierre Chevènement à des historiens de métier au dessus de tout soupçon partisan et qui avaient conclu à une vingtaine de morts, ce qui est suffisamment dramatique pour n’avoir pas à être exagéré.

Le parti de l’In-nocence rappelle que la mémoire non seulement ne saurait être mensongère mais qu’elle ne doit pas être sélective. Il rappelle que de janvier 1955 à juillet 1962, les tueurs du FLN assassinèrent en France métropolitaine 6000 Algériens et en blessèrent 9000, par l’entremise de l' »organisation spéciale » du FLN — parce qu’ils appartenaient au MNA ; qu’ils refusaient de payer l’impôt révolutionnaire ; qu’ils soutenaient la France ; qu’ils buvaient de l’alcool ou vivaient avec des Françaises. Que, le 26 mars 1962, devant la Grande Poste de la rue d’Isly à Alger, les forces de l’ordre ne firent pas preuve de la même retenue que le 17 octobre à Paris quand elles ouvrirent directement le feu sur une foule de civils français non armés, faisant entre 70 et 80 morts et 150 blessés. Ces victimes, bien réelles celles-là, n’ont droit qu’au mépris et à l’oubli. Qu’à cette époque des dizaines de gardiens de la paix tombaient sous les balles du FLN à Paris. Que dans la Seine ce sont des dizaines de cadavres poignardés, égorgés, torturés, qu’on a retrouvés tout au long de l’année 1961 et jetés au fil du courant par les hommes de main de la Wilaya.

Le parti de l’In-nocence n’oublie pas, lui, les méthodes du FLN pour obliger une partie des Algériens à manifester, tout comme les méthodes atroces et gratuitement inhumaines dont il s’est rendu seul coupable sur le territoire de l’Algérie même tant à l’encontre de Français que de « compatriotes » récalcitrants.

Le parti de l’In-nocence voit dans un tel déni de la réalité, une telle malversation, un tel parti pris idéologique, poindre la mise à l’écart pure et simple des Français fidèles à la France et à son histoire. Il voit dans cette commémoration, à laquelle s’est précipité sans vergogne Monsieur Hollande, et qui n’a pas suscité la moindre critique du pouvoir en place ou de la majorité au pouvoir, la preuve supplémentaire de la collusion de la gauche et de la droite dans l’imposture idéologique qui œuvre à une « France d’Après » rendue possible à force d’oubli organisé, de matraquage idéologique, de falsifications, d’embrigadement de la jeunesse, et de calomnies chaque jour plus éhontées sur la France d’Avant. »

Autre démonstration du caractère insupportable de ce gredin de moustachu : Quelle déchéance Robert Ménard, quelle déchéance ! …

Pour Les Inrocks, « les réacs ont échoué à décrédibiliser l’“homme de gauche” »

28 Oct

Billet extrait des Inrocks et publié le 23 octobre dernier. Son auteur n’est autre que Nelly Kaprièlian qui s’en était déjà pris à Richard Millet. Drôle.

Des anars de droite (la réhabilitation de Philippe Muray) aux anars de gauche (l’engouement adolescent pour Jean-Claude Michéa), on aura vu une idéologie rétrograde jusqu’à l’écoeurement se répandre en se faisant passer pour anticonformiste. Son enjeu : lutter contre la pensée unique, c’est-à-dire uniquement fustiger la gauche. Comme il aura été chic de s’attaquer à l’“homme de gauche” !

Pendant ce temps, l’homme de droite faisait des affaires avec port de malettes, mais pourquoi s’en faire ? Il était tellement plus “sulfureux” de démolir l’“homme de gauche”. Mais si, vous savez, l’“homo festivus” (idée de Muray, tellement moins forte que le concept de société du spectacle de Debord, encore tellement plus opérant aujourd’hui…), le “bobo” et, bien plus effrayant encore, le “droit-de-l’hommiste”. Le droit-de-l’hommiste, même si c’est dit avec le mépris le plus crapuleux, c’est celui qui croit aux droits de l’homme, a conscience des problèmes des pays du Sud, etc. Brrr, ça fait peur!

Intéressant de voir que ce qui a eu la cote chez une certaine intelligentsia française, confondant coups de gueule populistes avec ce qui fonde une vraie pensée critique, c’est l’idéologie du rejet de l’autre. Du rejet des Arabes à l’antisionisme, ratiocineurs de droite et anars de gauche se rejoignent dans une même haine. Ou pire : une indifférence de petit Blanc exigeant qu’on ne l’emmerde pas avec les problèmes de l’autre. Mais dans quelle France vivent-ils, eux et leurs soutiens ? Dans quels quartiers ? Pas les nôtres. Depuis quelques mois, des articles auront dénoncé une lepénisation de la pensée par certains “intellectuels” (heu… disons plutôt une poignée de journalistes, dont l’éternel Eric Zemmour). On constate enfin aujourd’hui, après la primaire, que leur tentative de ringardiser l’“homme de gauche” aura complètement échoué.

Source : Les Inrocks

La pensée de Michéa bien résumée dans Causeur

19 Oct

Pertinente et élégante synthèse de la pensée de Jean-Claude Michéa lue dans Causeur et signée Jacques de Guillebon.

« De la leçon d’Orwell, quand les contemporains s’accommodent de la seule condamnation du totalitarisme, il aura déduit que le péché originel du XXe siècle réside dans l’alliance historique du socialisme et de la gauche, opérée notamment au moment de l’affaire Dreyfus. De ce contrat léonin, le socialisme sera ressorti défiguré, dépouillé de sa puissance critique du Progrès pour devenir l’idiot utile de la « gauche libérale ».
Opposé autant au procès du matérialisme historique marxiste qu’à la gorgone libérale, c’est finalement − à travers les terminologies transitoires de la common decency ou de ce populisme cher à Christopher Lasch, qu’il introduisit en France − à la pensée du socialisme originel, dont les frontières avec l’anarchie demeurent floues, que Michéa remonte. Quoiqu’il l’épure de son caractère chrétien, il garde de ce socialisme la critique concomitante du marché et de l’État et c’est à la morale commune et immédiate des petites gens et du ballon rond que va son allégeance. Préférant à la charité chrétienne la théorie du don et du contre-don dégagée par Marcel Mauss, c’est naturellement la sobriété de la décroissance qu’il oppose aujourd’hui à la démesure libérale.
Fils naturel de de Maistre et de Leroux, ce grand professeur de liberté jette les piles du pont qui, peut-être, réunira les fils perdus et séparés de la critique des conditions modernes d’existence. »

Lire aussi : Jean-Claude Michéa invité des Matins de France Culture

La fable de la mixité urbaine

19 Oct

Dans une tribune publiée dans Le Monde Christophe Guilluy, géographe et auteur du réputé Fractures françaises, démonte le mythe de la mixité. L’analyse est connue mais espérons que le caractère indépendant du signataire et la nature gaucho du journal permettront d’ouvrir les yeux d’un plus grand nombre.

« Convaincus de la supériorité du modèle républicain, en comparaison du modèle communautariste anglo-saxon, nous nous sommes longtemps bercés d’illusions sur la capacité de la République à poursuivre, comme c’était le cas par le passé, « l’assimilation républicaine ».

La réalité est que, depuis la fin des années 1970, ce modèle assimilationniste a été abandonné quand l’immigration a changé de nature en devenant familiale et extra-européenne (pour beaucoup originaire de pays musulmans). Alors que l’on continuait à s’enorgueillir du niveau des mariages mixtes, les pratiques d’évitement explosaient.

Aujourd’hui, le séparatisme culturel est la norme. Il ne s’agit pas seulement d’un séparatisme social mais d’abord d’un séparatisme culturel. Pire, il frappe au coeur des classes populaires. Désormais, les classes populaires d’origine étrangère et d’origine française et d’immigration ancienne ne vivent plus sur les mêmes territoires. Les stratégies résidentielles ou scolaires concernent une majorité de Français, tous cherchent à ériger des frontières culturelles invisibles. Dans ce contexte, la fable des mariages mixtes ne convainc plus grand monde et ce d’autant plus que les chiffres les plus récents indiquent un renforcement de l’endogamie et singulièrement de l’homogamie religieuse.

[…]

Si un islam identitaire travaille les banlieues, l’adhésion pour les thèses frontistes d’une part majoritaire des classes populaires de la France périphérique souligne que la question sociale est désormais inséparable de la question culturelle. »

Sur le même sujet :

Fractures françaises, de Christophe Guilluy

Paul Thibaud : L’immigration, parlons-en !

Le porte-parole de Chevènement lui aussi contre le droit de vote des étrangers

19 Oct

Pour prouver, s’il en est encore besoin, que la véritable opposition se joue entre les mondialistes et les nationalistes et non plus entre « la gauche » et « la droite », voici un extrait d’une tribune de Julien Landfried, porte-parole de Jean-Pierre Chevènement, consacrée au droit de vote des étrangers aux élections locales publiée comme celle de Michèle Tribalat sur le site d’info Atlantico.

« Jean-Pierre Chevènement, dans son dernier livre Sortir la France de l’impasse, s’est opposé au droit de vote des étrangers aux élections locales. Il y a en effet fusion en France, du moins depuis la décolonisation, entre les principes de nationalité et de citoyenneté. Il s’agit à la fois d’un principe solidement ancré dans notre tradition politique et dans notre culture : qui est Français peut voter, et tout Français « pèse » autant qu’un autre (« un homme égal une voix »).

Si l’on ajoute que la France pratique une politique de naturalisation généreuse, issue de sa tradition assimilationniste (malheureusement tombée en disgrâce depuis les années 70-80), on peut estimer que cette fusion entre nationalité et citoyenneté constitue un principe solide et ouvert, puisque les étrangers peuvent en bénéficier sous réserve bien entendu de demander leur naturalisation. La proposition des socialistes et d’une très large partie de la gauche de donner le droit de vote aux étrangers aux élections locales rompt avec cette logique, puisqu’elle dissocie nationalité et citoyenneté, en donnant à des non-nationaux une partie des prérogative de citoyenneté des nationaux. Elle sous-entend d’ailleurs en creux qu’il serait difficile pour les étrangers de devenir français, ce que les chiffres démentent. Cela ferait par ailleurs courir le risque, dans certaines communes notamment de la région parisienne, à des votes ethniques ou communautaires qu’il faut au contraire éviter. »

Sur le même sujet : Michèle Tribalat contre le droit de vote des étrangers