Critique de la radicalité

27 Sep

« Ah, si les choses étaient si simples, s’il y avait quelque part des hommes à l’âme noire se livrant perfidement à de noires actions et s’il s’agissait seulement de les distinguer des autres et de les supprimer! Mais la ligne de partage entre le bien et le mal passe par le coeur de chaque homme. Et qui ira détruire un morceau de son propre coeur ? », écrit l’insoumis Soljénitsyne dans L’Archipel du goulag, roman où  l’auteur revient sur son expérience concentrationnaire. Mais « l’enseignement tiré par Soljénistsyne […] n’a rigoureusement servi à rien » souligne Alain Finkielkraut dans un entretien publié dans L’Express le 20 août 1998. La radicalité la plus simpliste est aujourd’hui à l’oeuvre, et ce depuis trente ans, chez les tragédiens, comiques et stars du kitsch moderne. « La radicalité, explique Finkielkraut pour décrire la pensée de, entre autres, son opposant intellectuel Pierre Bourdieu, c’est la magie du chiffre 2 et la guerre à mort comme modèle de la politique. Deux camps, deux forces s’affrontent sous l’apparente pluralité des opinions. Le camp de l’humanité et le camp des ennemis du genre humain. Entre les deux, pas de compromis possible, mais une lutte inexpiable. C’est ce que Kolakowski, réfléchissant sur le stalinisme, nommait le « schéma de l’unique alternative » ».

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