Aiat Fayez dans Libération : « Je fais mes valises »

15 Oct

Lu dans Libération le 14 octobre dernier. Aiat Fayez, écrivain immigré en France, ne souhaite plus renouveler sa carte de séjour. Trop c’est trop. La France n’est plus assez accueillante.  Son président est « xenophobe » et « l‘opinion publique se durcit jour après jour ». Las de frôler les murs de son pays d’accueil devenu un territoire hostile pour l’étranger, Aiat Fayez a décidé de fuire la tyrannie hexagonale. Esprits sensibles (ou nuancés) s’abstenir…

Je fais mes valises. Je range mes affaires. Je débarrasse ce qui ne servira à rien. Je vends ce qui peut se vendre. J’emporte le minimum, qui est déjà de trop. J’aurai quatre valises en tout et pour tout. Ma vie se résume à quatre valises. A 31 ans. Dix ans après avoir foulé le sol français pour faire des études de philosophie. Le thésard abdique. Il n’a pas le temps de terminer sa thèse. Des aléas ont assiégé ses projets. Des aléas presque subjectifs. Des aléas que le thésard perçoit, que je perçois (pourquoi me cacher ? Par peur de qui maintenant que je suis derrière l’ordinateur ?) un peu partout autour de moi. Il y a d’abord le sentiment que l’opinion publique se durcit jour après jour. Puis il y a la constatation que les gens dans la rue me regardent autrement. Est-ce que j’ai changé pour qu’on me regarde ainsi ? Est-ce que j’ai physiquement changé ? Un accident m’a peut-être défiguré ? Une tentative de suicide a peut-être écrabouillé une partie de ma tête ? Qu’est-ce qui a changé sur mon visage pour qu’on m’observe de cette manière dans le métro, au supermarché, en librairie ? Pourquoi personne ne me regardait comme cela il y a dix ans ? Je pouvais m’asseoir sur un banc et fumer tranquillement une cigarette devant les passants. Je pouvais garder mon anonymat et descendre les Grands Boulevards dans l’air du printemps sans penser à rien. Mais tout a changé. Aujourd’hui, il y a trop d’yeux pour me toiser, trop de mépris pour pouvoir continuer à vivre ici.

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2 Réponses to “Aiat Fayez dans Libération : « Je fais mes valises »”

  1. flamment octobre 17, 2010 à 3:37 #

    Je regarde avec fascination, dans les films, les rues de Paris en 1970… Un Paris peuplé de parisiens où existait le lien social… juste avant la tyrannie de la diversité et du métissage mondialiste !
    Je pense avec effroi à tous ces gens qui ont dû fuir un pays qui, pourtant, était le leur, pour lequel ils avaient travaillé dur… avec un seul choix : « la valise ou le cerceuil »…
    Aiat Fayez part librement avec plusieurs valises et une impression de « durcissement »…
    Je me souviens avec nostalgie du temps où l’étranger était précieux car il était rare…
    La grande roue de l’Histoire nous broit tous…

  2. DANIEL décembre 8, 2010 à 5:05 #

    La France xénophobe ?!
    Jolie blague qui ne me fait pas rire.

    M. Fayez va goûter aux joies de la Hongrie…

    Bon vent !
    Daniel

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