La gauche mal armée face au populisme lepéniste

17 Mar

Tribune de Julien Landfried, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen, publiée dans Marianne le 15 mars.

Les réactions consécutives à la publication de sondages favorables à Marine Le Pen montrent que la gauche n’est de toute évidence pas outillée pour répondre à l’offensive de la candidate frontiste. Elle se cantonne dans un réflexe « antifasciste » épuisé au-delà de toutes limites depuis la substitution de l’idéologie antiraciste au logiciel socialiste après le tournant de la rigueur de 1983. Il n’est nul besoin d’être grand clerc pour anticiper que cette stratégie ne produira pas les mêmes effets que dans le passé. Pour deux raisons. Un, la percée de Marine Le Pen va provoquer des mouvements de panique  parmi de nombreux élus de la droite parlementaire. Deux, le ralliement des « classes moyennes » aux classes populaires dans le refus de la globalisation financière risque de produire l’effet inverse que celui escompté par l’idée d’un « Front anti-fasciste ». Cette stratégie ne pourrait bien en dernier ressort n’apparaître que comme celle des professionnels du spectacle, des élites de la communication et des banques d’affaires, aux yeux de concitoyens certes sans projet de rechange, mais encore dotés d’un peu de bon sens. Pour paraphraser Marcel Gauchet, la « bonne conscience » n’est pas une politique.

La gauche s’enfonce encore davantage dans le déni en faisant de Nicolas Sarkozy l’artisan principal si ce n’est unique du champ politique laissé béant pour Marine Le Pen. Cet espace n’est pourtant que la conséquence de la décomposition des élites. Ces dernières ont révélé leur incompétence par  leur impuissance à enrayer la destruction de l’appareil industriel français, s’il ne s’agit pas purement et simplement  d’un ralliement à la globalisation financière. Nos élites ont construit méthodiquement une véritable sécession idéologique et spatiale en stigmatisant les passions populaires et en concentrant le travail dans des « villes monde » productrices de l’idéologie sociale-libérale. Cette double dimension se trouve être partagée aussi bien par les élites de droite que par les élites de gauche, que Jean-Pierre Chevènement appelait déjà à la fin des années 1990 les « élites mondialisées ».

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2 Réponses to “La gauche mal armée face au populisme lepéniste”

  1. Henri mars 17, 2011 à 8:07 #

    Ce qui s’est passé dans notre pays particulièrement depuis 1981 est une indignité et une monstruosité comme il n’aurait jamais dû exister.Les Français en tant que peuple,après ce que le pays a dû subir pendant la guerre
    traité par une force non « mécanique » cette fois mais médiatique,de fachistes,nazis,racistes etc…avec des méthodes de type fachistes elles-mêmes,au moyen y compris de manifestations dansles rues et de l’exercice
    de ce qui peut s’appeler une « terreur intellectuelle »,et surtout médiatique,de procès,d’accusations,d’attaques constantes. Et tout cela non pas de façon ponctuelle mais systématique et,on est bien obligé de le comprendre,dans le cadre d’une politique globale,d’un projet idéologique impliquant en premier lieu un mépris ignoble de notre caractère,de notre culture,de notre histoire (il faut bien dire aussi dans un manque de réalisme ahurissant qui n’est par lui-même pas moins incompréhensible pour un peuple de gens normaux)pour en arriver à ce que nous connaissons maintenant qui était impensable,voire surréaliste,auparavant.
    Les gens,les imbéciles doublés de salauds qui ont fait cela devront,j’espère le payer un jour.

    Il est vrai que c’est trop facile de mettre sur le dos de Sarkozy en particulier (et du capitalisme en général,le capitalisme étant un outil à ne pas mettre dans certaines mains)tout ce qui va mal aujourd’hui.
    Mais les socialistes ne se remmettent pas de leur chûte qu’ils n’ont pas encore compris.Ils n’ont jamais compris qu’avant Mitterrand,dans les derniers jours de Guy Mollet,leur parti SFIO était déjà en pleine dégringolade et que Mitterrand,s’il leur a donné,en se servant d’eux,le
    « coup de pied au cul »,selon l’expression consacrée,qui les avait momentanément propulsé au pouvoir,leur a,par la même occasion,donné,si j’ose m’exprimer ainsi,le
    « coup de grâce » et qu’ils n’ont fait que retomber au niveau qu’ils avaient a Mitterrand(mais toujours dans la descente).Je sais,l’expression est osée,mais,après tout,on peut se demander avec quoi ces gens là croient penser.

  2. Henri mars 17, 2011 à 8:11 #

    Sans doute ce sur quoi ils sont retombés.

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