Deleuze, Muray: ils n’aimaient pas Apostrophes

17 Avr

Article publié sur lexpress.fr le 5 avril.

Aujourd’hui et plus vivement qu’avant-hier, la « chaîne du livre  » dit sa dette à Bernard Pivot ; les auteurs des critiques les plus féroces ne sont plus. Remonté contre les « nouveaux philosophes » reçus à Apostrophes, Gilles Deleuze (1925-1995) dénonça l’avilissement de la littérature qu’aurait occasionné ce « spectacle de variétés ». Philippe Muray (1945-2006) estima que, sans être le seul responsable de la « destruction de la littérature », Pivot avait hâté sa liquidation, en mettant en vedette l’auteur bien plus que l’oeuvre, et en justifiant ses plateaux par le choix d’un thème. « Quel écrivain de la période historique, interroge Muray (L’Atelier du roman, 2001), aurait consenti à figurer dans un groupe parce qu’on allait y parler, cette semaine-là, du chocolat, cette autre de la Passion du Christ, cette autre encore des chaussures à crampons, de la francophonie, de la mort, de l’enfance […] ? » Condamnés « à se supporter comme des cochons d’Inde entre eux » et « à se montrer sous leur meilleur profil », poursuit Muray, les invités de Pivot ne se doutent pas qu’ils expérimentent… la télé-réalité ! A l’exemple d’un Guy Debord, c’est moins tel présentateur que l’irrésistible attraction médiatique que déplorait Muray.

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