Sur le projet de taxer les œuvres d’art

4 Juin

Communiqué du parti de l’In-nocence publié sur son site le 1er juin.

Le parti de l’In-nocence exprime son opposition totale au projet d’inclure les œuvres d’art dans le calcul de l’assiette de l’Impôt sur la fortune.

Le parti de l’In-nocence est rigoureusement hostile, déjà, au principe même d’impôt sur la fortune et il déplore ses désastreuses conséquences. Mais il juge l’idée de comprendre les œuvres d’art dans son calcul plus pernicieuse encore. Dans un temps où notre pays est porte ouverte aux moins souhaitables des nouveaux venus, c’est-à-dire ceux qui sont le moins à même de défendre et illustrer sa culture propre et le plus susceptibles au contraire de précipiter son effondrement, un tel aménagement de la loi pousserait à l’exil, sous la contrainte de la spoliation, certains des plus cultivés de nos compatriotes, des plus amis des arts, des mieux créateurs de richesse et d’animation culturelle, des plus nécessaires à la prospérité et à la simple survie des artistes.

Le parti de l’In-nocence remarque au passage qu’un tel projet, par ses implications, est bien caractéristique de la Grande Déculturation, car il insinue qu’il y a quelque chose de coupable, et qui doit faire l’objet de sanctions, dans la possession d’œuvres d’art. Même si une certaine forme de spéculation autour d’œuvres peu convaincantes d’artistes à la mode contribue à l’alimenter, et si l’investissement dans les œuvres d’art est parfois un moyen utilisé pour échapper à l’impôt, il y a derrière ce point de vue une conception profondément inculte de l’art, qui ne serait légitime qu’à partir du moment où il est dans les musées, c’est-à-dire promis à une contemplation souvent vaine, superficielle et qui devient de plus en plus caricaturale avec la transformation des musées en lieux de promenade quand ce n’est pas en annexes de leur propre galerie marchande. C’est cette conception qui déjà a dépouillé, par le moyen des droits de succession et des prétendues dations, tant de collections de leurs œuvres, tant de châteaux de leurs collections, tant de familles de leurs possessions les plus chères et les mieux aimées. Les musées ne sont que des instruments de formation à l’amour de l’art et des compléments à son exercice. Ils n’en constituent pas l’essentiel, l’art n’a jamais été fait pour eux. Ceux qui veulent taxer la possession privée d’œuvres d’art en méconnaissent l’essence éternelle, en détruisent le principe générateur et promeuvent de fait un lamentable art d’État, dont on ne connaît que trop les tristes limites et les ridicules dilapidations.

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