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Richard Millet

8 Juil

Nous vous avions déjà parlé de Richard Millet en vous proposant un remarquable extrait de son court roman Petit éloge d’un solitaire (lire). Le 17 mai, l’écrivain était l’invité de Radio Courtoisie pour la sortie de son dernier essai Fatigue de sens. Pour écouter l’émission, cliquez ici.

Pour mieux comprendre la pensée de Millet – la meilleure façon étant de le lire – voici quelques unes de ses interventions vidéos :

En 2007, Le Point publiait un entretien avec l’auteur sur le déclin de  la littérature française (lire).

Je vous invite aussi à consulter ce post publié sur l’excellent blog Le Nouveau Réactionnaire réunissant plusieurs émissions radio ayant pour invité Richard Millet, et notamment la récente émission Répliques titrée Au coeur de la France. Cette dernière a soulevé les désespérantes réactions des professionnels de l’indignation, notamment à cause de cette phrase prononcée par l’écrivain : “Quelqu’un qui à la troisième génération continue à s’appeler Mohammed quelque chose, pour moi, ne peut pas être français.” Nelly Kaprièlian des Inrocks, qui « s’est mis dans la peau d’une jeune musulmane » pour écrire sa chronique, dénonce avec une prévisible verve « un grand moment d’abjection ». La critique littéraire (si, si) s’insurge contre une série de « saloperies » proférée par un habitué des « formules racistes » (c’est même son collègue Sylvain Bourmeau qu’il le dit, alors…). Après avoir expliqué que l’émission de Finkielkraut devait disparaître des programmes de Radio France, elle conclut très sérieusement que « le plus surprenant c’est qu’on croyait France Culture être la radio de tous les Français ». Las, je ne m’étendrais pas sur la chronique de la même veine, signée Nicole Caligaris, la « romancière », et publiée dans Le Monde du 29 juin. Amusons-nous seulement de ses formidables contre-vérités

« pauvre urbain, qui a toujours été moins blanc que le bourgeois, qui a toujours semblé plus étranger, plus dangereux en nombre, qui a toujours été parqué pour mieux être circonscrit, qui a toujours donné à ses enfants un prénom pas comme il faut, trop vulgaire, trop arabe ».

… le tout dans un style désastreux

« Que Richard Millet, en son comique, soit au moins l’occasion de mettre les points sur les i. Dans le sens qu’a adopté le français actuel, « racisme » désigne ce mélange de xénophobie proprette et de bêtise crasse qui fait proposer, par exemple, de rendre la nationalité française exclusive de toute autre nationalité quand la chance de la France est au contraire de pouvoir vivre des liens puissants que le peuple français, en train de naître d’un écheveau de cultures et de langues, est en train de construire avec le monde auquel nous sommes liés, que les ânes le veuillent ou non, pour la joie des aventuriers de l’esprit, des curieux, des asphyxiés de la blancheur illusoire, pour la tristesse des pitres qui agitent devant leur nez pincé l’illusion d’une intégration qu’ils voient comme l’entrée au chausse-pied dans le moule d’une culture aux formes fixes, quand la vitalité d’une culture est au contraire de se former, en permanence, dans ses mutations au contact des apports extérieurs ; et dans les tensions que ces contacts ne manquent pas de produire. »

Lavons-nous l’esprit. Le 12 mai dernier le parti de l’In-nocence, à travers la plume de son président Renaud Camus, commentait la sortie de Fatigue de sens :

Sur la publication de « Fatigue du sens », de Richard Millet
Le parti de l’In-nocence salue avec respect et avec une grande joie, malgré le désespoir dont le livre est empreint, la publication, aux éditions Pierre-Guillaume de Roux, de l’essai de Richard Millet, « Fatigue du sens ». Au moins il ne sera pas dit, grâce à un tel ouvrage, que l’horreur qui survient, qu’il s’agisse de la Grande Déculturation ou du Grand Remplacement, sera consommée sans que la littérature, en la personne d’un grand écrivain, en ait pris pleinement la mesure. Sur le fond lancinant du babil de l’appareil médiatico-politique, et malgré les flots de haine, les insultes et les menaces qu’il déverse incessamment pour que ce qui arrive ne soit pas nommé, la voix de Richard Millet rend aux mots leur sens, malgré son titre, et à notre expérience quotidienne son évidence tragique. Le mensonge n’est plus seul. Il est magnifique que les Lettres, en ces temps post-littéraires autant que post-démocratiques (pour reprendre la terminologie de Millet), aient encore la force de lui dire son fait. »
Le critique littéraire de Valeurs Actuelles, Bruno de Cessole, consacre également une chronique à la parution de Fatigue du sens que vous pouvez lire ici.

Affaire Guéant : cachez ce réel que je ne saurais voir !

20 Mar

Après Zemmour, Guéant. Pas de répit pour la meute du Bien, perpétuellement occupée à traquer le gibier « dérapeur », « stigmatiseur » et « dresseur de Français les uns contre les autres ». « Les Français à force d’immigration incontrôlée ont parfois le sentiment de ne plus être chez eux, ou bien ils ont le sentiment de voir des pratiques qui s’imposent à eux et qui ne correspondent pas aux règles de notre vie sociale », a déclaré le nouveau ministre de l’Intérieur jeudi dernier au micro de Europe 1 (voir le dit extrait ci-dessous).

Les cris d’orfraie à gauche n’ont pas tardé à retentir. Harlem Désir estime que Claude Guéant tente de « doubler le Front national sur sa droite. » Même profonde analyse chez Laurent Fabius : « C’est le langage du FN ». Cécile Duflot dénonce le « cynisme venimeux » du ministre de l’Intérieur. Jean-Luc Mélenchon s’interroge avec nuance : « Mais enfin, est-ce que vous pouvez-vous coller dans le crâne qu’on est au XXIe siècle, que votre idée d’une France blonde aux yeux bleus n’a jamais existé ? ».

Les amis antiracistes de cette clique outrée et réactive sont bien entendu entrés dans la danse de l’indignation. L’association SOS Soutien ô sans papiers – jusque-là inconnue au bataillon en ce qui me concerne –  ne tergiverse pas et annonce dès le lendemain de l’interview radiophonique du ministre le dépôt d’une plainte en justice à son encontre pour « provocation à la haine, à la discrimination et à la violence ». Le président de cet énième club pénalomaniaque, Rodolphe Nettier, explique à Reuters que « les citoyens de ce pays doivent choisir de façon nette entre d’une part l’humanisme et l’universalisme issus des Lumières et d’autre part une politique racialiste qui place la France à la traîne de l’Europe et au ban des nations ».

On vous aura prévenu. Embrassez le Progrès sans tarder et abandonnez une fois pour toute les réflexes beaufs et ringards d’observateurs du Réel. Comme souvent, cette « affaire » nous invite à rendre hommage au clairvoyant Muray qui dans ses dialogues avec Elisabeth Lévy (Festivus festivus) déclarait : « pour la première fois, nous nous trouvons devant cette difficulté que les inquisiteurs s’expriment dans la langue de l’émancipation ».

Dans ce que dit Guéant, il n’y a pourtant pas de quoi fouetter un chat. Déjà que la mauvaise foi des aboyeurs de l’affaire Zemmour était flagrante, alors là ! Comme l’écrit très justement le magistrat Philippe Bilger sur son blog, Justice au singulier, « à l’exception des sulpiciens par principe et des aveugles par volonté, qui, de bonne foi, peut soutenir n’avoir jamais éprouvé le sentiment décrit par Claude Guéant ? Qui, dans tel ou tel quartier de Paris, dans telle ou telle gare, sur certaines lignes de métro, n’a jamais eu cette impression, une seconde, d’avoir perdu ses repères, d’être confronté  à des existences notamment d’origine maghrébine et africaine qui, par leur nombre et leur densité, en un espace donné, constituaient la France comme un pays étrange, presque étranger à tort ou à raison, et les Français comme des visiteurs dans leur propre pays ? « .

Je ne résiste pas à l’envie de citer de nouveau Muray, ethnologue  percutant du kitsch moderne : « Festivus festivus a ceci de particulier qu’il ne fait plus aucun, mais vraiment aucun compromis avec le réel ».

HAK’1 – Madame la France

28 Jan

Dans cette vidéo, HAK’1, 25 ans originaire de Colombes dans les Hauts-de-seine. Un remarquable stéréotype de racaille hallalisée qui peuple nos transports en commun et nos centres commerciaux. Les sales types comme lui, on les voit arriver à des kilomètres. Sans surprise, lorsque le pénible moment du croisement survient, la canaille souhaite partager au quidam « cé-fran » sa faconde analphabète. Ces face-à-face  (faceS-à-face serait plus approprié) redondants ne suffisent pas à la raclure à jogging. Non, sa nocence [la nuisance de Renaud Camus, NDLR] doit se propager « artistiquement », la rap étant le seul « art » à sa portée. Souvent, de plus en plus en tout cas, son flow accuse, moque, insulte le pays hôte. Un bel exemple avec « Madame la France », titre dans lequel HAK’1 et ses acolytes à la mine patibulaire font la victime et refont l’histoire. Best-of : « pays de cistes-ra », « j’en veux grave à la France », « vos grands-mères les putes », « c’est un pays de trans, pays de balances », « 110% de collabos prêts à sucer des Allemands », « Marianne, je la fais fumer et après je la ken [nique, baise…, NDLR] », « t’es trop bonne Madame la France, déshabillez-vous, je m’en veux d’être aussi vulgaire, ma chérie, mais c’est rien comparé à ce qu’ils ont fait pendant la guerre d’Algérie ». Et le refrain : « je vis en France, je dis ce que je pense, pays de balances et de non croyance ».

 

Retour sur la chronique de Bernard-Henri Lévy

27 Déc

Ce blog approuve sans réserve le communiqué émis par le parti de l’In-nocence en réaction à la chronique du Point de Bernard-Henri Lévy consacrée au « dérapage » de Marine Le Pen et aux Assises internationales sur l’islamisation. Il souhaite néanmoins ajouter une couche au cas définitivement désespéré de notre philosophe télégénique. BHL écrit dans le dit article que ces Assises ont été organisées « par le groupuscule néonazi qui s’était rendu célèbre, le 14 juillet 2002, en tentant d’assassiner Jacques Chirac ». L’illustre représentant du kitsch moderne fait ici référence à Maxime Brunerie qui avait dissimulé un fusil 22 long rifle dans un étui à guitare, et avait tenté d’atteindre le président de la République de l’époque lors de son passage sur les Champs Elysées. Le jeune homme rata sa cible grâce à l’intervention de badauds, fut arrêté et condamné.

Maxime Brunerie était proche idéologiquement, notamment, des idées du groupuscule Unité radicale. A l’issue de l’arrestation du jeune tueur défait, le ministère de l’Intérieur fit interdire Unité Radicale (UR). UR dissous, une partie des militants créent le Bloc identitaire, organisateur avec Riposte Laïque des Assises sur l’islamisation. Maxime Brunerie n’était pas adhérent à Unité Radicale mais militait au MNR (Mouvement national républicain).  Et si cela avait été le cas, comment ne pas voir dans sa macabre entreprise un acte isolé, indépendant de tout programme politique ? L’enquête a d’ailleurs établi que Maxime Brunerie avait tenté de retourner l’arme contre lui et que son « pétage de plomb » était largement dû à une déception amoureuse. On est donc loin de l’homme de paille missionné par un parti néonazi pour assassiner le chef de l’Etat comme le sous-entend BHL.

Occupation de trottoirs par des musulmans : une voie sans issue ?

13 Déc

«Il y a quinze ans on a eu le voile, il y avait de plus en plus de voiles. Puis il y a eu la burqa, il y a eu de plus en plus de burqa. Et puis il y a eu des prières sur la voie publique. D’abord c’était rue Myrrha, et maintenant il y a dix ou quinze endroits où, de manière régulière, un certain nombre de personnes viennent pour accaparer les territoires. Je suis désolée, mais pour ceux qui aiment beaucoup parler de la Seconde guerre mondiale, s’il s’agit de parler d’occupation, on pourrait en parler, pour le coup, parce que ça c’est une occupation du territoire. C’est une occupation de pans du territoire, des quartiers dans lesquels la loi religieuse s’applique, c’est une occupation. Certes y’a pas de blindés, y’a pas de soldats, mais c’est une occupation tout de même et elle pèse sur les habitants». La voici la partie incriminée du discours de Marine Le Pen, prononcée à Lyon le vendredi 10 décembre.

Toute la classe politique y est allée de son petit commentaire outré, mais surfait. « C’est bien la fille de son père », sourit Pierre Moscovici, ravi de tenir enfin « le détail de la Seconde Guerre mondiale » de Marine. Même son de cloche chez son camarade SOS-raciste Harlem Désir qui considère qu’« on est au-delà de toute indignité. On nous avait fait croire à un moment que sous son visage avenant Marine Le Pen allait permettre un tournant du Front national, qu’elle avait peut-être rompu avec l’extrémisme, le racisme et l’antisémitisme de son père. Il n’en est rien. ». Et de démontrer une fois encore une délirante et séditieuse « envie de pénal » si bien disséquée par Philippe Muray : « Cela relève à mon avis des tribunaux et j’espère qu’elle sera fermement condamnée par la justice de la République » comme le PCF qui demande « la condamnation de ces propos injurieux et racistes ». Pour crédibiliser son indignation, Arnaud Montebourg nous invite dans son intimité : « Je veux répondre à Mme Le Pen en évoquant la mémoire de mon grand-père, un Arabe d’Algérie qui a combattu l’armée d’occupation nazie parce qu’il servait et aimait la France. Cette déclaration est une injure à ceux qui, arabes, africains, musulmans ou non, sont morts pour la France, ceux-là même qui ont libéré le territoire national pendant que votre père, madame le Pen, trouvait des circonstances atténuantes à l’occupation nazie ».

Dans un communiqué commun, Kader Arif, Stéphane Le Foll, Bruno Le Roux, membres du Bureau national des socialistes, et Faouzi Lamdaoui, membre du Conseil national du PS ne font pas non plus dans la dentelle et l’esprit nuancé : « Marine Le Pen sort l’oriflamme fasciste, elle déborde son père sur le terrain de l’extrémisme. Le lepenisme jette le masque et montre, au grand jour, le visage hideux qu’il veut donner à notre pays », écrivent-ils. Pour eux, le discours de Marine Le Pen « s’attaque directement à la laïcité qui garantit la liberté du culte à toutes les religions, et aux principes constitutionnels qui établissent l’égalité absolue de tous les citoyens et fondent la République ». Et de conclure, sans doute l’œil rouge et le poing levé : « Jamais, depuis la seconde guerre mondiale, où des centaines de milliers de musulmans ont laissé leur vie sur les champs de bataille pour la libération de la France, un tel discours de haine n’a été tenu par des Français contre d’autres Français. La surenchère xénophobe accouche aujourd’hui de la bête immonde que l’humanité croyait à jamais éteinte ».

Pas mieux à l’UMP. « Marine Le Pen, c’est son père ! Il faut arrêter de se mentir, c’est exactement la même personnalité que celle de son père. […]C’est exactement les mêmes techniques que son père, les mêmes amalgames, et, il faut bien le dire, les mêmes propos », s’est écrié Jean-François Copé. « On a eu trop l’habitude par le passé avec Jean-Marie Le Pen t’entendre ce type de propos qui sont inacceptables. C’est la démonstration qu’à ceux qui pensaient qu’elle n’était pas exactement la copie conforme de son père elle apporte la démonstration inverse », analyse quant à lui Luc Chatel. Arrêtons-nous là, cette battologie donnerait presque le tournis. Une réaction sort du lot, celle de Martine Aubry. La patronne du PS nous a régalés d’un aberrant anachronisme dont seuls les sectateurs du kitsch moderne ont le secret : « Donner des leçons aux petits-enfants de ceux qui ont libéré Marseille par ceux qui appartiennent à un parti qui a collaboré, c’est scandaleux. » Cherchez l’erreur, facile me répondrez-vous. Nos commentateurs n’ont pourtant pas jugé utiles de relever l’ânerie, plus intéressés à décortiquer le rôle du gouvernement dans les complications causées par la neige à Paris. Faut-il rappeler que le Front national a été créé en 1972 ? Les gens de mauvaise fois objecteront qu’elle parlait de la genèse du FN. Et bien parlons-en. Plusieurs cadres du parti ont collaboré pendant la Seconde Guerre mondiale comme Pierre Bousquet et François Brigneau par exemple, mais le FN compte dès ses débuts parmi ses membres d’anciens résistants comme Roger Holeindre et … Jean-Marie Le Pen. La gauche est très mal placée pour donner des leçons sur la collaboration. Quelques faits méritent d’être rappelés (sources : Jean Sévillia – Historiquement correct et Wikipedia. Pour approfondir ce sujet : Un paradoxe français de Simon Epstein)

– Le Front Populaire accepte de donner les pleins pouvoirs au Maréchal Pétain. Héros de la guerre 14-18, il est considéré par toute la classe politique comme un homme de consensus.

– Marcel Déat, rival de Léon Blum pour la direction de la SFIO (l’ancêtre du PS) fait de L’Oeuvre, le principal journal de la colloboration. Inventeur du terme « collaborationnisme », il est membre de la Milice et du comité des amis de la Walffen SS. Il entre le 16 mars 1944 dans le gouvernement de Vichy comme ministre du travail et de la solidarité nationale de Pierre Laval.

– Pierre Laval vient de la gauche. En 1914, il est élu député SFIO d’Aubervilliers.

– René Belin, ancien dirigeant de la CGT, devient ministre du Travail de Pétain du 14 juillet 1940 au 18 avril 1942.

– Max Bonnafous, candidat malheureux du Front populaire aux élections législatives de 1936, est secrétaire d’État puis ministre de l’Agriculture et du ravitaillement de 1942 à 1944.

– François Chasseigne est élu député en 1932 sous l’étiquette Groupe d’unité ouvrière et réélu en 1936 alors inscrit au groupe du Parti d’unité prolétarienne. Il rejoint ensuite la SFIO pour finalement assurer plusieurs rôles clés sous Pétain et notamment le poste de secrétaire d’État à l’agriculture et au ravitaillement dans le cinquième gouvernement Pierre Laval.

– Jacques Doriot est secrétaire général de la Jeunesse communiste  Il est exclu du Parti communiste en 1934 après avoir créé un Comité de Défense Antifasciste avec des membres de la SFIO et du Parti radical et radical-socialiste. En 1936, il fonde le Parti populaire français (PPF). Durant la guerre, Doriot est un partisan radical de la collaboration. Il contribue, ainsi, à la création de la Légion des volontaires français contre le bolchevisme (LVF) et combat personnellement sous l’uniforme allemand sur le front russe, avec le grade de lieutenant.

– François Mitterrand a été membre pendant la guerre de Légion française des combattants, l’organisation vichyste des anciens combattants et est décoré de la Francisque de Vichy.

-…

 

 

Autrement dit, il est simplificateur et mensonger d’assimiler le FN à la collaboration et la gauche à la résistance. Mais intéressons-nous au cœur du sujet abordé par Marine Le Pen : les prières de musulmans dans la rue, en France. Premier point, ce n’est pas un mythe, des vidéos amateurs l’attestent : des fidèles s’installent régulièrement sur des trottoirs pour prier, plaçant parfois des barrières pour interdire l’accès aux passants. Un phénomène observé à Paris, dans le quartier de Barbès notamment, mais aussi à Puteaux, à Clichy et à Marseille. « Jamais le Maire de Paris ne laissera une seule barrière dans les rues de Paris, c’est un mensonge ! », avait déclaré le socialiste Razzy Hammadi en novembre 2009 dans l’émission  7 à voir (France 3) face à Marine Le Pen. Le déni de réalité a décidemment de beaux jours devant lui.

Ces attitudes religieuses ont de quoi choquer la France, attachée à sa laïcité. Mais la vraie question derrière ce problème – car il s’agit bien d’un problème – est faut-il construire plus de mosquées ? Et comment les financer ? «Aujourd’hui, les maires sont les premiers bâtisseurs de mosquées», déclare Dalil Boubakeur, ancien président du Conseil français du culte musulman (CFCM), en 2008 dans Le Figaro.

L’article 2 de la loi de séparation de l’Eglise et de l’Etat, appelée loi de 1905, stipule que « la République ne reconnaît, ne salarie ni ne subventionne aucun culte ». Bon nombre de maires seraient-ils alors hors-la-loi ? « Malins » seraient plus à propos. Comme on peut le lire dans Libération, « pour aider les musulmans à se doter de lieux de culte, la plupart des communes utilisent un artifice juridique. Elles mettent à leur disposition un terrain sous forme de bail emphytéotique (d’une durée de quatre-vingt-dix-neuf ans) contre un loyer symbolique » (un euro par exemple). « Autre ficelle, commente L’Express, les municipalités subventionnent les activités culturelles du futur lieu de culte. A Montpellier, l’ancien maire (PS), Georges Frêche, avait même financé la construction d’une salle, officiellement polyvalente, officieusement cultuelle ». La justice avait d’ailleurs considéré ce financement « illégal ». Autres astuces des municipalités : la garantie d’emprunt pour la construction ou encore l’exonération des taxes foncière et d’habitation. Ces petits arrangements peuvent donner l’impression à juste titre, d’une remise en cause de la laïcité et d’un traitement de favoritisme vis-à-vis de l’Islam par rapport aux autres religions. Sr ce point, il faut rappeler que la loi prévoit que l’entretien et la conservation des églises catholiques, construites avant 1905, soient à la charge des collectivités publiques. Et depuis 1942, les sommes allouées pour les réparations des édifices cultuels ne sont pas considérées comme des subventions. Mais la chrétienté fait partie intégrante de l’histoire de France, et ce depuis bientôt 2000 ans. Ce n’est pas une religion comme les autres. L’entretien des temples protestants et des synagogues est également pris en chargé par les collectivités publiques. Alors pourquoi les mosquées devraient-elles faire exception? Notons également que sans intervention des mairies, les mosquées seraient financées par des pays musulmans (l’Arabie saoudite par exemple), des ONG islamiques ou des fondations privées et des dérives extrémistes voire terroristes dans les prêches de l’Imam comme on pu le voir seraient plus que probables. Et cela a déjà été le cas. Par exemple, la mosquée de Lyon a été financée très largement par l’Arabie saoudite, et celle d’Evry par la Ligue islamique mondiale.

La vraie question (et c’est celle qui turlupine les  Français) est de savoir si l’Islam est soluble dans notre culture, notre mode de vie, notre art de vivre, nos valeurs, notre République. L’Islam est-il simplement une religion ou un code juridique et moral supérieur aux lois des hommes ? Justifier la lapidation, prôner l’apostasie ou revendiquer la violence envers les femmes … Toutes ces normes sont-elles uniquement proclamées par les salafistes ? Comme beaucoup de Français, je connais des musulmans qui acceptent les principes de la République et mieux, les partagent. C’est une autre question de savoir si dans des territoires à dominance musulmane, nos principes et nos lois ne seront pas amenés à voler en éclats. On assiste déjà à des territoires qui se détachent des lois de la République. Les aménagements d’horaires pour permettre aux femmes de ne pas nager avec les hommes n’est pas une fable. Il en va de même pour les demandes de plus en plus pressantes d’instaurer du hallal pour tous dans les cantines scolaires par exemple, de revisiter l’histoire et les sciences naturelles, ou les faits divers non anecdotiques liés à l’osculation de patientes musulmanes par des médecins hommes.

Alors que faire ? Interdire la construction de mosquées ne me paraît pas une solution convenable, privatiser des trottoirs pour la prière non plus, « toiletter » la loi de 1905 pour permettre à l’Etat de financer officiellement les lieux de culte comme le souhaitait Nicolas Sarkozy non plus.

Selon moi, les mosquées doivent s’inscrire dans le vieux paysage français, cessons d’autoriser la construction de mosquées-cathédrales. Les imams doivent être Français ou formés en France. Sur ce dernier point, la formation mise en place par la Grande Mosquée et la Catho est une initiative pertinente. Quant au financement des mosquées, les combines des municipalités ne me paraissent pas être une mauvaise solution, à la condition que les autres religions soient traitées à l’identique.

Marine Le Pen s’est depuis expliquée sur ce que l’UMPS (l’expression est on ne peut plus appropriée en la circonstance) appelle son « dérapage » ou la démonstration « qu’elle est bien la fille de son père » (elle ne dire sûrement pas le contraire…). Elle a donné une conférence de presse ce lundi 13 décembre au siège du FN. Je partage son refus de voir des rues « occupées » (le mot ne me semble pas outrageant) pour des prières, et « l’islamisation de la France » ne me paraît pas être un slogan dénué de bon sens. Je constate en revanche que pas une fois dans son discours, Marine Le Pen ne prononce le mot « mosquée » alors que la question de la construction de lieux de culte musulmans est primordiale dans cette affaire.

Les criminels étrangers expulsés de Suisse : la victoire du populisme ?

1 Déc

Avec 52,9% des voix, les Suisses ont approuvé dimanche le texte visant à expulser les étrangers délinquants de leur pays. « Une victoire pour l’extrême droite à l’initiative de ce vote », commente le JDD. « Une initiative soutenue par la droite populiste », préfère Le Point, imité par LCI-TF1 qui ajoute le qualificatif « dure » à cette même droite.

Cette droite, c’est l’UDC, l’Union démocratique du centre qui réclamait l’expulsion systématique de tous les étrangers condamnés pour meurtre, viol, brigandage, traite d’être humains, trafic de drogue mais aussi pour ceux qui ont perçu abusivement des prestations des assurances sociales ou de l’aide sociale. Pour savoir si les citoyens allaient la suivre, l’UDC a, comme à son habitude, soumis la proposition à votation. Pari gagné. Encore une fois. « Avec l’initiative pour le renvoi des étrangers criminels, l’UDC gagne pour la sixième fois en sept ans une votation contre les autres partis gouvernementaux, indique le quotidien helvétique Le Matin. Il y a une année, l’UDC avait été le seul parti gouvernemental à soutenir l’initiative contre la construction des minarets, et s’était retrouvé dans le camp des vainqueurs. En 2004, son engagement en solo ou presque (seuls quelques petits partis de droite étaient dans le même camp) lui avaient également valu une victoire avec les référendums contre la naturalisation facilitée de la 2e génération d’étrangers et la naturalisation de la 3e génération. L’UDC a en outre battu les autres partis gouvernementaux avec l’acceptation de l’initiative pour l’internement à vie des délinquants dangereux en 2004 et l’acceptation de l’initiative pour l’imprescriptibilité des actes de pornographie enfantine en 2008. »

Voyant le soutien populaire du projet, certains de ces autres partis de gouvernement ont joué le jeu de la démocratie directe en tentant un coup de poker : concurrencer la proposition de l’UDC par un contre-projet euphémisant. « Pour contrer l’UDC, le centre-droit et une minorité du PS misaient sur un texte faisant dépendre le renvoi de la sévérité de la peine, peut-on lire dans La Tribune de Genève. Contrairement à l’initiative, le contre-projet insistait sur le respect des droits fondamentaux et contenait un volet sur l’intégration ». Un échec cinglant. La solution est «  rejetée par plus de 1,407 millions de votants et par tous les cantons. »

Il ne fait donc aucun doute que l’UDC est un parti populaire. Est-ce pour autant un parti populiste ?

Créée en 1971, l’UDC est le fruit de la réunion du Parti des Paysans, Artisans et Indépendants (PAI) et des Partis démocratiques des cantons de Glaris et des Grisons. Elle s’inscrit durablement dans le paysage politique suisse à partir du 9 décembre 1992, date à laquelle les Suisses refusent à 50,3 % de faire partie de l’espace économique européen, suivant ainsi l’avis de l’UDC.

L’UDC  est aujourd’hui  le parti le plus représenté au Conseil national, avec un peu plus du quart des sièges, et dispose également de six conseillers aux États sur 46  (source : Wikipédia). Le parti défend une Suisse neutre et indépendante. C’est pourquoi il s’oppose au droit d’ingérence,  à une adhésion de la Suisse à l’Otan et à l’UE tout comme à une collaboration avec l’Onu (que la Suisse a intégré en 1992 malgré la résistance de l’UDC). Le « contrat » que le parti propose aux Suisses repose sur trois points : « nous ne voulons pas adhérer à l’Union européenne », « nous voulons renvoyer les étrangers criminels », « nous voulons baisser les impôts pour tous ». Sur le thème « politique des étrangers », l’UDC estime que « le bon fonctionnement et la prospérité d’un Etat de citoyens exigent une intégration élevée ainsi qu’une connaissance et une compréhension approfondies des structures de la collectivité et de sa culture. Celles et ceux qui veulent participer à notre modèle de société, qui a fait la preuve de son efficacité, doivent répondre à ses exigences. » (source : site officiel de l’UDC, www.udc.ch). L’UDC ne fait que vanter l’assimilation, modèle d’intégration opposé au multiculturalisme et appliqué pendant des siècles dans une grande partie de l’Europe jusqu’à ce que le nouveau monde et ses bâtisseurs émerveillés le juge dépassé, ringard, voire fasciste.

Soumettre à ses concitoyens un projet de loi, est-ce faire preuve de populisme ? En l’occurrence, l’UDC ne parle pas au nom du peuple mais en appelle au peuple. Nuance. « Mais ce parti ne fait que taper sur les élites, politiques et médiatiques », me rétorqueront certains. Ce modeste blog le fait également, à sa manière. Populiste lui aussi ? Non, étant donné, qu’il s’agit de dénoncer non pas les élites mais ceux qui ont été érigées en élites, les cultivateurs du kitsch moderne. Et il ne s’agit pas non plus de surestimer le peuple. Le quidam participe allégrement à la nocence généralisée, cette nuisance polymorphe examinée et combattue par Renaud Camus et son parti de l’In-nocence. Et il n’a pas toujours besoin de guide pour s’exécuter.

« Le poète a toujours raison », chantait Jean Ferrat. Qu’en est-il du peuple ? La souveraineté du peuple est-elle implacable ? Faut-il opposer le réflexe et les représentations du populo à la réflexion et à la connaissance du savant ? Le ressenti, l’instinct et les impressions sont-ils forcément irraisonnables ? Il semblerait que non si on s’intéresse au sujet sur lequel se sont prononcés les Suisses, à savoir la délinquance des étrangers en territoire helvète. Parmi les personnes adultes condamnées pour crime ou délit en 2009, on trouve 52.6% d’étrangers (source : office fédéral de la statistique). Autre chiffre : selon une étude réalisée par des chercheurs bernois, les prisonniers étrangers représentent environ les 4/5e de la population carcérale helvétique, entre 2003 et 2005. Les Suisses ont donc de bonnes raisons d’être préoccupés par cette question.

Autre question philosophique qui se pose derrière cette actualité : la majorité est-elle le peuple ? Si le oui l’a emporté sur le non, n’est-il pas possible pour autant que ce soient les minoritaires qui aient raison ? La conception du contrat social de Locke et de Rousseau y répond. C’est la majorité qui permet de dégager la volonté générale. La Suisse a fait le choix d’insuffler ce principe dans son système démocratique, les commentateurs devront s’en satisfaire.

Quid de l’incompatibilité avec les droits européen et international ? Le peuple suisse, dans sa majorité s’il est encore besoin de le préciser, a une tendance à s’en foutre, jugeant sa souveraineté supérieure aux nouvelles règles établies par des bureaucrates apatrides et aculturels. L’enseignement à tirer des résultats de cette votation est que la nationalité signifie encore quelque chose pour une majorité de Suisses. « L’étranger est invité et s’il se comporte mal, il dégage », se dit le Suisse. C’est du bon sens. De même, en suivant l’UDC sur l’interdiction des minarets, les Suisses disent que leur art de vivre, leur culture, leurs valeurs… bref leur identité nationale n’est pas une broutille.

Lire aussi « Pour sortir des clichés sur Oskar Freysinger » sur lekitschmoderne.wordpress.com

L’antiracisme totalitaire sévit au Royaume-Uni

5 Nov

En Grande-Bretagne, le Secrétaire d’Etat à l’Education, Michael Gove, vient d’annoncer que  les responsables d’établissement pourront licencier un enseignant du fait de son appartenance au BNP (British national party) ou à « d’autres groupes qui ont une connotation extrémiste ».  Cet engagement du Secrétaire d’Etat fait suite au cas d’Adam Walker,  professeur membre du BNP ayant écrit sur un forum d’extrême droite que la Grande-Bretagne est « une décharge pour la crasse du tiers monde ». (Source : The Guardian)

 Jugé par un  jury disciplinaire en juin de cette année, le General Teaching Council, Adam Walker est reconnu non coupable d’intolérance religieuse et raciale. Le GTC retient uniquement la charge de faute professionnelle du fait d’un usage personnel d’un ordinateur portable de l’école pendant les cours. Le gouvernement britannique semble néanmoins vouloir se servir de ce cas pour franchir une étape supplémentaire dans son antiracisme d’Etat.

 « Je ne vois pas comment l’appartenance au British National Party peut aller de pair avec le modelage des jeunes esprits », explique Michael Gove au Guardian. Ancien journaliste du Times et de la BBC et aujourd’hui acteur clé des Tories (« l’un des meilleurs représentants des nouveaux conservateurs » selon Le Figaro) ne fait que relancer un sujet politico-médiatique lancé l’an passé par son prédécesseur du Labour party. En septembre 2009, le Secrétaire d’Etat à l’Education de l’époque Ed Balls avait commandé un rapport après que 15 membres actifs du BNP aient été identifiés dans les établissements scolaires. Maurice Smith, ancien inspecteur de l’éducation et auteur du rapport, estima alors qu’il n’y a « pas de preuves suffisantes de risques » et que prononcer une interdiction des membres du BNP équivaudrait à « prendre un marteau de forgeron pour casser une noisette ». Alors qu’ils sont exclus de la police, les enseignants anglais membres du British national party (BNP) pouvaient donc continuer à enseigner.

Le syndicat d’enseignants NASUWT (National Association of Schoolmasters’ Union of Women Teachers), se déclara déçu par le rapport. « L’idée qu’un membre du BNP puisse laisser ses idées à la porte de l’école et se comporter en « professionnel » est risible », a ainsi déclaré Chris Keates, sa secrétaire générale. Avec le changement de cap du nouveau gouvernement, NASUWT est satisfaite. « J’espère que Michael Gove mettra cela en œuvre le plus vite possible. C’est important pour sauvegarder les intérêts de notre jeunesse », a réagi Chris Keates.

 « Sauvegarder les intérêts de notre jeunesse », l’argument aurait plu à Philippe Muray. Dans Festivus Festivus, l’observateur lucide de l’ère du festivisme et de la fin de l’histoire, décrivait la nouvelle Inquisition, avatar plus sournois que celle du Moyen-Age. « Pour la première fois, nous nous trouvons devant cette difficulté que les Inquisiteurs s’expriment dans la langue de l’émancipation. Mais leur pénalophilie démente, en même temps qu’elle s’étend à la planète, ce que n’avait pu faire l’Inquisition, se développe aussi à travers le passé. » (Philippe Muray, Festivus Festivus, p75). La nouvelle Inquisition, progressiste, n’en reste pas moins une police des pensées traquant les hérésies de notre temps, à savoir l’opposition ou la simple perplexité quant aux promesses du village mondial.  L’affirmation d’Alain Finkielkraut selon laquelle « l’antiracisme est le communisme du XXIe siècle »  prend tout son sens à la lecture de cette actualité. Sous son beau et vertueux projet de la Tolérance et du Respect de l’autre absolus, un régime totalitaire lance une chasse aux sorcières. La Diversité, c’est bien, sauf dans les opinions.

Hal G. P. Colebatch, auteur, poète, conférencier, journaliste, professeur et avocat (rien que ça…) australien s’est intéressé à cette nouvelle forme insidieuse de totalitarisme qui sévit outre-manche (et plus globalement dans bon nombre de pays d’Europe et en premier lieu la France) : « La Grande-Bretagne n’est pas bolchevique, mais une campagne visant ouvertement à modifier la psychologie du peuple et à créer un nouvel Homo britannicus est en cours. » Et d’ajouter : « Il n’y a pas de camps de concentration ou de goulags, mais il y a des polices de la pensée dotées de pouvoirs sans précédent pour imposer des modes de pensée et détecter l’hérésie, et les dissidents peuvent se voir imposer de lourdes peines. » Colebatch cite toute une série d’exemples pour appuyer son propos comme cette élève de 14 ans, Codie Stott, qui avait « demandé à son enseignant si elle pouvait se joindre à un autre groupe pour réaliser un projet scientifique, car les filles de son groupe ne parlaient que l’urdu » (langue nationale du Pakistan et symbole identitaire des Indiens musulmans, NDLR). Son prof lui répondit : « C’est du racisme, tu auras affaire à la police ! ». « Bouleversée et terrifiée, l’élève est sortie pour se calmer. L’enseignant a appelé la police et quelques jours plus tard – les autorités ayant vraisemblablement mûrement réfléchi – elle a été arrêtée et emmenée à un poste de police où ses empreintes digitales et sa photo ont été prises. ». Dans la même veine, « un enfant de 10 ans a été arrêté et traduit devant un juge pour avoir appelé un garçon de 11 ans « Paki » et « Ben Laden » lors d’une dispute dans la cour de récréation d’une école primaire ». Ou encore le case de cette école qui « a accommodé des parents musulmans qui s’opposaient à ce qu’on remette à leur enfant en bas âge des livres prônant le mariage et l’adoption par les couples homosexuels. Le matériel qui les offensait a été retiré de l’école où étudiait leur fils. Cette année, des parents musulmans et chrétiens se sont opposés au même matériel dans une autre école; or, non seulement leurs demandes ont été rejetées, mais ils ont été menacés de poursuites s’ils retiraient leur enfant. ».

 Bon nombre de Français conviendraient du caractère exagéré et grotesque de ces anecdotes. L’annonce faire par le Secrétaire d’Etat à l’Education est-elle à ranger dans les mêmes dérives de l’antiracisme ? Pour cela, il semble opportun de revenir sur la genèse du British National Party.  Créé en 1982,  le BNP est héritier du National Front (NF) lui-même né dans les années 1960. Le poids du NF est de plus en plus conséquent dans la vie politique anglaise. « Dès 1977, le National Front devient le quatrième parti au Royaume-Uni, parfois même le troisième dans certaines régions », explique Jérôme Jamin Chercheur au Centre d’Etudes de l’Ethnicité et des Migrations (CEDEM) de l’Université de Liège (lire l’article). Mais ces « succès relatifs […] ne dureront que deux ans jusqu’à que le parti fasse l’objet de campagnes de diabolisation de plus en plus nombreuses et efficaces de la part des mouvements antiracistes et antifascistes qui veilleront à retracer publiquement l’origine et le passé controversé des principaux leaders et cadres du parti. » C’est notamment l’Anti-Nazi League (ANL) qui dénonça le passé nazi d’un certain nombre de cadres du NF. «La diabolisation combinée à l’arrivée de Margaret Thatcher finira de renvoyer le National Front à un état plus groupusculaire, ses membres et électeurs partant chez les Conservateurs ou vers des groupes encore plus radicaux. Le National Front finit par imploser en quatre petites formations. », précise Jérôme Jamin.

En 1982, le NF renaît de ses cendres sous le nom de British National Party « et parvient à rassembler sous sa bannière nombre de militants et de leaders issus du National Front et d’autres formations extrémistes. », indique Jérôme Jamin. Au fil des années et des életions, le BNP réussit à faire entendre sa petite musique dissonante. « Aux élections locales du 1er mai 2008, le nombre de conseillers du BNP est passé de 84 à 100, le parti faisant par ailleurs élire pour la première fois (avec 5,3 % des voix), un conseiller à l’Assemblée de Londres (London Assembly) qui en compte 25. » (source Wikipedia).

En juin 2009, deux députés BNP dont son actuel leader Nick Griffin intègrent le Parlement européen et rallie en novembre de la même année l’Alliance européenne des mouvements nationaux qui regroupe des partis politiques nationalistes d’Europe comme le Front National français.

Sur le plan des idées, le BNP combat l’islamisation du Royaume-Uni, la discrimination positive en faveur des minorités ; le « Grand Remplacement »  pour reprendre l’expression de Renaud Camus de la population autochtone par l’immigration et prône le retour à une véritable souveraineté britannique. Contrairement au Front National héritier d’un universalisme à la française, le BNP est empreint d’un « ethno-nationalisme » blanc. En février dernier, comme le rappelle Le Figaro, « le BNP a été contraint cette année par la justice de changer ses statuts, qui excluaient jusque-là les non-Blancs de ses rangs, pour se mettre en conformité avec les lois sur l’égalité des races, par crainte de poursuites. » Comme on peut le lire sur le site web du BNP, l’une des priorités du parti est de garantir la survie des autochtones d’origine européenne (« guarantee the survival of the native, indigenous European people »).

Son souhait n’est pas non plus de faire du Royaume-Uni est pays à 100% blanc mais de limiter fortement l’immigration de manière à ce que les popluations d’origine étrangère soient minoritaires (« We accept that Britain always will have ethnic minorities and have no problem with this as long as they remain minorities and do not change nor seek to change the fundamental culture and identity of the indigenous peoples of the British Isles »). (source : site web du BNP).

Comme pour le FN en France, les observateurs insistent sur le fait que le BNP présente un programme édulcoré mais que les fondamentaux racistes restent ancrés dans les cerveaux des têtes pensantes du parti. Difficile à prouver et difficile d’affirmer le contraire. Une chose est sûre, le BNP, ce n’est pas le Ku Klux Klan. Le parti joue le jeu de la démocratie et ne prône pas la violence. Dès lors, la possibilité de licencier un prof du fait de son appartenance à ce parti semble être une grave atteinte à la liberté de penser (même pas la liberté d’expression) digne des plus sévères régimes dictatoriaux. Les idées diffusées par le BNP sont partagées par une partie non négligeable des Britanniques. Peut-être pensent-ils mal, mais ils pensent, et c’est leur droit le plus souverain. Beaucoup sont Inquiets de la montée d’un Islam radical et furieux de l’inégalité de traitement qu’ils estiment subir du fait de la discrimination positive de plus en plus contraignante. Une situation encore plus choquante en période de crise.

L’apparition de la discrimination positive dans le cadre législatif britannique remonte aux années 60. « La première législation anti-discrimination britannique, votée sous l’influence du mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, date de 1965. Elle a été étendue en 1976, après que des affrontements entre la police et de jeunes Noirs eurent provoqué les émeutes de Notting Hill », rappelle Le Monde.

Le Race Relation Act de 1976 marque la naissance de la positive action, pendant britannique de l’affirmative action américaine. « Ainsi, les employeurs peuvent-ils mettre au profit des groupes ethniques minoritaires des équipements ou des services (formation, éducation, prestations sociales) destinés à leurs besoins spécifiques. Ils peuvent aussi favoriser la candidature d’Asiatiques ou de Noirs lorsque celles-ci concernent des postes où ils sont largement sous-représentés. », précise l’article du Monde.

En 2000, une nouvelle loi oblige les administrations à « être à l’image de la société.  A terme, les minorités ethniques doivent être représentées à proportion de ce qu’elles pèsent dans la population, et ce à tous les grades, à toutes les fonctions, dans tous les services. Conséquence, les corps publics se doivent de « compter » leurs membres issus de minorités ethniques, et poursuivent des objectifs chiffrés. »

L’attitude de l’Europe, encore plus antiraciste que les dirigeants britanniques, ne fera que confirmer la décision des malheureux ayant quitté le camp du Bien (Tories – Labour – LibDem) pour rejoindre les démons nationalistes. En mars de cette année, la Commission anti-racisme du Conseil de l’Europe, l’ECRI (European Commission against Racism and Intolerance), publie un rapport sur le Royaume-Uni. Comme à son habitude, elle distribue les bons points et les remontrances. « Le cadre juridique de la lutte contre le racisme et la discrimination a été renforcé. », c’est bien. « De nouvelles dispositions pénales interdisant la haine religieuse ont été adoptées et la police applique désormais une définition uniforme des incidents racistes. », c’est bien. «  un projet de loi sur l’égalité a été présenté au Parlement en vue d’harmoniser la législation contre la discrimination et de renforcer les normes en vigueur », c’est bien. La Commission décèle d’autres « efforts considérables » et de « signes encourageants » en faveur des « groupes ethniques minoritaires ». Mais tout n’est pas rose pour les vigilants du Conseil de l’Europe : « L’augmentation du nombre d’incidents racistes observée ces dernières années est inquiétante ». Autre « source préoccupation » : « l’incidence de la législation contre le terrorisme sur les groupes minoritaires ». La Commission pointe du doigt « des mesures comme les interpellations et les fouilles visent en effet de manière disproportionnée les membres de la communauté noire et des minorités ethniques. Ces derniers, et notamment les musulmans, ont de ce fait l’impression d’être de plus en plus stigmatisés. » L’ECRI estime en outre que « tout comme les musulmans, les migrants, les Tsiganes et les Gens du voyage, sont le plus souvent présentés sous un jour défavorable dans le discours politique et dans les médias, particulièrement dans la presse populaire. Le débat public reste empreint d’une connotation raciste et xénophobe ». Mais la Commission ne veut pas se cantonner à des critiques stériles, elle donne également la marche à suivre pour mieux faire et devenir le premier de classe. Elle invite le gouvernement à : « garantir qu’une assistance judiciaire soit disponible lorsque des affaires de discrimination sont portées devant les juridictions du travail ;  mener à bien l’évaluation des besoins de logement des Tsiganes et des Gens du voyage afin de traiter les difficultés qu’ils rencontrent dans l’accès à un logement adéquat ; poursuivre les efforts pour remédier à la sous-représentation des minorités ethniques dans la police ». Ces « recommandations […] feront l’objet d’un réexamen dans deux ans ».

C’est le cercle vicieux du totalitarisme démocratique d’aujourd’hui. Plus les nations s’enfoncent dans l’abandon de leur culture et de leur identité, plus l’Europe et les associations antiracistes réclament encore plus de reniement. Le plus cocasse est que ces belles âmes ne s’aperçoivent pas de la contre productivité de leur démarche. Au Royaume-Uni, l’English Defense League (EDL) rassemble de plus en plus de manifestants, les sites et partout en Europe, les partis dits d’extrême droite attirent de plus en plus d’adeptes.

Retour sur la polémique autour de la venue de Jean-Marie Le Pen au CFJ

1 Nov

Jeudi 28 octobre, Jean-Marie Le Pen était l’invité du Centre de formation des journalistes (CFJ). Chaque semaine, l’école propose à ses élèves un rendez-vous avec une personnalité. « La direction de l’école est attachée à convier des personnalités les plus diverses dans les domaines de la politique, l’économie, les médias, la culture et le sport », peut-on lire dans un communiqué du CFJ publié sur son site.

Comme on aurait pu s’y attendre, la réaction pavlovienne des antiracistes censeurs n’a pas tardé à se mettre en marche. Le syndicat SNJ-CGT, majoritaire dans beaucoup de rédactions, publie un communiqué acerbe le 25 octobre avec un titre limpide : « La SNJ-CGT ne veut pas de Jean Marie Le Pen au Centre de formation des journalistes ». « On croit rêver : le conducator éructant serait rangé désormais dans la liste des invités fréquentables, qui plus est face à de futurs journalistes qu’il ne cesse d’insulter», s’insurge le syndicat. Le communiqué hésite entre la rage corporatiste et le candide étonnement droit-de-l’hommiste : « Comment admettre que ce démagogue, leader des thèses racistes qui ont inspiré les lois scélérates prises par Sarkozy-Fillon-Hortefeux contre les émigrés et les jeunes des banlieues puisse débattre avec des étudiants en journalisme ? ». C’est vrai ça, nos futures élites médiatiques méritent mieux que ça. Les initiations devraient d’ailleurs se cantonner aux personnalités de gauche, si possible mondialistes (exit Mélenchon qui en plus insulte les journalistes). Pas de temps à perdre pour les hommes et femmes pressés qui peupleront bientôt les maisons de la fabrique de l’information. Pour simuler un intérêt préservé pour les thèses marxises du partage des richesses, le SNJ-CGT délaisse son antiracisme moralisateur pour une attaque ad hominem à l’encontre du ténor frontiste quelque peu extravagante. « Programmer un débat avec le milliardaire Le Pen, pourfendeur des acquis sociaux, un jour de mobilisation nationale contre les projets du gouvernement et au moment où les luttes sociales s’amplifient pour dénoncer les coups portés par le gouvernement au pacte républicain, où l’opposition au projet de loi sur les retraites réunit salariés, étudiants, lycéens, retraités, où la police sur ordre de l’Elysée matraquent les grévistes, est insupportable. » Les écoles de journalistes devraient donc convier des personnalités de gauche, et en plus pas trop riches. Le champ de convives acceptables ne cesse de se réduire. Le métier de facteur est-il suffisamment précaire ? Au-delà d’être scandaleuse et « insupportable », « la venue de Le Pen rue du Louvre est TOTALEMENT IMPOSSIBLE » (ce n’est pas moi qui met en majuscules). Se plaisant à jouer les Jean Moulin, le SNJ-CGT en finit tout bonnement par appeler « les syndicats de journalistes, la profession dans toutes ses composantes, les associations de lutte contre racisme et les élus à empêcher une telle provocation contre la démocratie ».

Cité dans Les Inrocks, Emmanuel Vire, secrétaire général du SNJ-CGT, ajoute l’argument pédagogique à la diatribe humaniste. « On veut faire croire que ça peut être formateur de débattre avec Le Pen. Mais c’est un roc. Ce genre de show n’est pas très formateur. Si on veut s’entrainer, on passe des vidéos de Le Pen et on les décrypte avec un spécialiste ». Quelle belle idée : Des après-midi DVD entre gens respectables en se demandant qui trouvera le plus de tics révélateurs d’un nazisme difficilement dissimulé ou la petite phrase significative qui permettra de sortir une fois pour toute le vilain tribun de l’humanité. Le e-learning est définitivement à la mode, même dans le domaine du débat démocratique.

Dans cette lutte résistante acharnée, le syndicat aura eu le soutien de L’Humanité. La journaliste Lina Sankari crie haro sur le caractère moutonnier des médias : «  L’école de la rue du Louvre qui se targue souvent d’être une école d’excellence confirme qu’elle forme une armée de journalistes utiles à la bonne marche de la propagande libérale ». « Il dit qu’il voit pas le rapport », comme dirait l’autre. Le programme du FN serait-il libéral ? Le Pen serait -il devenu adepte des slogans « il faut encore plus d’Europe » ou « les frontières sont une barrière à la croissance économique » ?

Le CFJ n’est pas resté muet quant aux charges du journal à l’encontre de son école. Christophe Deloire, directeur de l’école, publie sur le site du CFJ un droit de réponse, envoyé à L’Humanité le mardi 26 octobre. Sur l’accusation de mimétisme, Christophe Deloire rétorque l’impératif journalistique d’ouverture au débat : « Fondé par des résistants de Défense de la France, le CFJ confirme simplement son attachement au débat contradictoire, au pluralisme, et finalement, au réel. N’est-ce pas ainsi, justement, que l’on évite d’être des petits soldats ? ».

C’est sans surprise que SOS Racisme met son grain de sel dans cette nouvelle surenchère d’indignation. Citée par l’AFP, l’organisation souligne qu’«il est intolérable qu’une institution d’enseignement supérieur comme le CFJ confère au leader frontiste le statut d’invité fréquentable ». Et d’ajouter qu’elle « rappelle à la direction du CFJ que le racisme, idéologie endémique portée Jean-Marie Le Pen, n’est pas une opinion comme les autres mais un délit ».

Dans Les Inrocks, on peut cette fois lire l’édifiant coup de gueule de Cédric, militant du NPA : « C’est inadmissible d’inviter un fasciste à débattre démocratiquement ». On peut se demander qui est le fasciste dans l’histoire. Comme le relève dans son titre le magazine il y aura eu finalement «beaucoup de bruit dehors, peu de surprises dedans ». Et « beaucoup de bruit », c’est une façon de parler. « Sur le trottoir, l’appel à la manifestation de deux syndicats de journalistes et de SOS Racisme n’a pas été très suivi. Quelques personnes ont manifesté devant l’entrée de l’école en fin de matinée, sans même réussir à accrocher leur banderole », raconte Europe1.

Il n’en reste pas moins que le directeur du CFJ ne regrette pas l’invitation, ses élèves n’ont pas manqué de mordant et de sens journalistique. « La rencontre s’est passée comme cela devait se passer. Je trouve que dans l’ensemble, ils sont restés très bien positionnés, ont posé des questions de journalistes et ont contredit Jean-Marie Le Pen avec des faits. » Ce n’est pas l’avis de L’Humanité. Dans un article publié le lendemain du rendez-vous homme politique-graines de journaliste, le journal titre « Le Pen vante le nazisme devant de futurs journalistes », le président du FN ayant affirmé que « dans le national-socialisme, il y avait un contenu socialiste considérable qui a transformé la société allemande plus qu’aucune force politique ne l’avait fait ». Analyse historique recevable ou nouveau dérapage raciste ? Y’a pas photo pour L’Huma.

Les étudiants ne sont pas déçus du voyage idéologique et satisfaits de pouvoir ajouter une corde à leur âme fraîche de pourfendeur des idées reçues. Bien qu’expérimentés par de longs mois de pige dans des médias aux lignes éditoriales sûrement divergentes, nos jeunes gardiens de la pensée correcte ont difficilement gardé leur calme. « C’est pas facile de garder un professionnalisme face à une personnalité comme ça », reconnaît un étudiant au micro d’Europe 1. « Il a une faculté étonnante pour éluder les questions et mentir », témoigne Alexandre à l’AFP. Etonnant et si rare chez nos hommes politiques !

Un journaliste en herbe considère que ses camarades et lui se sont laissés emporter par leur passion du respect de l’autre et de la non-stigmatisation : « Celui qui s’énerve, c’est celui qui perd. Donc, comme je pense qu’on s’est plus énervés que lui, on a perdu ce combat de boxe ». A méditer.

Tout ce ridicule pataquès démontre une fois de plus la mainmise idéologique de l’esprit antiraciste dans le journalisme hexagonal. On rétorquera que le rendez-vous a pu se tenir et que la manifestation aura peu mobilisé. Certes. C’est en ce sens rassurant de constater que les soixante-huitards syndiqués commencent à perdre de leur influence dans le milieu médiatique et que leur progéniture doctrinaire d’extrême gauche type NPA semble minoritaire dans la profession. Non ce qui est inquiétant c’est que les journalistes pensent globalement la même chose. L’Humanité n’est pas crédible quand il dénonce l’uniformité des médias car le journal est depuis vingt ans le représentant extrême d’une pensée antiraciste, anti-frontières et anti-nations (enfin, celles de la « vieille Europe », les Etats-Unis et Israël). Seul le point de vue sur l’Europe offre à L’Humanité une place particulière dans le panel faussement pluraliste des médias français. De Libération au Figaro, en passant par Le Parisien, Le Monde, Slate, Rue 89 ou Médiapart, les journalistes sont sinistrement presque tous de gauche. Quand ils sont de droite comme les pontes du Figaro, ce sont des libéraux qui réclament eux-aussi la disparition des frontières.

Les réactions des étudiants du CFJ sont significatives de cet état de fait. Assez malins pour ne pas tomber dans le panneau de l’exclusion de Le Pen, ils n’en restent pas moins soucieux d’afficher leur aversion pour le personnage et son programme, en refermant par principe leur curiosité et la remise en cause de soi. Par essence, tout ce que dit Le Pen est soit dangereux, soit grotesque et vraiment à côté de la plaque comme par exemple lorsque le président du FN évoque « une politique de natalité nationale » et que la salle s’esclaffe.

La presse serait l’exercice d’un quatrième pouvoir nécessaire pour le bon fonctionnement de notre démocratie, entend-on souvent (mais bizarrement toujours aux mêmes endroits : dans les colonnes des journaux, sur les plateaux télé et dans les écoles de journalisme). La diffusion permanente et multicanal de lieux communs, mal camouflée derrière une objectivité impossible, et le rejet de toute forme de pensée contradictoire, ou pire, de toute réflexion un tant soit peu complexe et nuancée, une forme de censure en somme, m’amène à souvent penser le contraire.

Les journalistes et leurs syndicats réclament toujours plus de liberté. L’existence d’un réel pluralisme médiatique me semble une quête plus légitime. Croire comme le braillent beaucoup des bien-pensants que c’est en démolissant la concentration dans les entreprises de presse qu’on y arrivera, c’est se mettre le doigt dans l’œil. Il faudrait plutôt s’intéresser au formatage exercé par les écoles de journalisme ou mieux, diminuer le recrutement de journalistes issus d’écoles de journalisme.

Le site Enquête et Débat publie l’avant et le pendant de ce rendez-vous du CFJ pas comme les autres. Voici la vidéo :

Retour sur l’affaire de l’ophtalmo raciste

23 Oct

L’Union des Chirurgiens de France (UCDF) publie sur son site une vidéo revenant sur l’affaire de l’ophtalmo acquae-sextien soi-disant raciste. « Dégage sale arabe » aurait lancé le médecin à un patient pressé d’origine maghrébine. Il aurait même refusé et de soigner sa fille de 6 ans. Les journalistes s’empressent de relayer l’accusation en la dressant en fait avéré. Un journaliste, parait-il, ça croise, ça vérifie, ça approfondit …  La rigueur déontologique pèse peu face au réflexe sadomasochiste moutonnier des antiracistes de l’information. Une si belle chronique du racisme franchouillard ordinaire, ça ne se manque pas et puis ça ne s’invente pas. L’inquisition médiatique se met donc une nouvelle fois en route.

Pour sortir des clichés sur Oskar Freysinger

29 Sep

A l’occasion de la sortie de son livre Oskar et les minarets Oskar Freysinger, conseiller national UDC (Unnion démocratique du Centre, premier parti de Suisse), répond aux questions de Enquête et Débat. Ce professeur d’allemand s’est fait connaître hors de Suisse en lançant avec d’autres parlementaires la votation populaire contre les minarets, adoptée par référendum le 29 novembre 2009 à 57,5%. Cette entrevue a le mérite de mieux connaître les pensées de Freysinger trop souvent caricaturées, et notamment injustement assimilées à du néo-nazisme. J’étais moi-même presque tombé dans ce panneau médiatique faute de m’être penché sur le sujet.