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Paul-Marie Coûteaux présente « la matrice d’une droite nouvelle »

6 Nov

Chronique de Paul-Marie Coûteaux publiée dans Valeurs actuelles le 3 novembre.

L’impuissance politique est devenue telle que l’on s’est au fond résigné à laisser agoniser dans la même chambre le vieux couple droite-gauche : du pareil au même. Leur opposition est d’autant plus brouillée que la droite a toujours fini par adhérer aux marqueurs de la gauche : tôt ralliée à son premier critère historique, le refus du veto royal, elle finit toujours par adhérer à ses thèmes de prédilection, les libertés sous toutes leurs formes, la démocratie sous toutes ses acceptions, et finalement la place majeure donnée au “progrès social” dans le projet politique.

Ces critères classiques de la gauche s’imposèrent les uns après les autres à tout le spectre – au point que le progrès social ne fut jamais aussi rapide que sous les présidences de droite Pompidou et Giscard. Quant au dernier des grands marqueurs de la gauche moderne, l’internationalisme converti en obsession du dépassement général des nations, c’est peu dire qu’une droite tout aussi moderne y communie à qui mieux mieux, en particulier dans l’universel dépassement européen et le non moins universel ralliement à l’Otan, version politique et militaire de l’américanisation générale des modes de vie, de la langue, des mots, des manières, etc. Bien malin, au bout du compte, qui pourrait aujourd’hui repérer des valeurs qui seraient en propre attachées à la droite. Il faudrait pourtant y réfléchir à l’aube d’une saison électorale où nul ne pourra gagner seul, en sorte que se composeront in fine des alliances au second tour. Aux triomphants paradigmes de gauche, quelles valeurs opposer ?

Notre hypothèse est que les “valeurs de la droite” se reforment ces dernières années, à bas bruit et sans mot, à l’occasion des débats dits “de société” : celui de l’identité nationale aussi bien que celui du gender ou des progrès de la génétique, de l’homoparentalité, des OGM, tous débats sur l’identité mettant en jeu deux conceptions inconciliables de la liberté, de l’homme et du monde. Pour saisir cette réaction encore en germe, il faut revenir au débat philosophique, et à cette très ancienne querelle qui opposa le progressiste Héra­clite à Parménide et à Platon. Le premier affirmait que tout n’étant que perpétuel devenir, que rien n’est pour toujours ce qu’il est ni ne relève d’aucune essence immuable (« on ne se baigne jamais dans la même eau »), chaque chose se prêtait au progrès infini. Les seconds affirmaient au contraire que le mouvement n’était qu’une suite de métamorphoses n’altérant pas la nature de chaque chose, son idée, son essence : ce n’est pas la même eau, mais c’est toujours le même fleuve…

Clairement formulée dans certains dialogues socratiques (surtout dans le magistral Cratyle), cette opposition court à travers toute la philosophie européenne jusqu’à son avatar contemporain, l’existentialisme, qui, prétendant que les hommes peuvent se choisir eux-mêmes (jusqu’à choisir leur sexe selon la théorie du gender), a battu à plates coutures l’essentialisme platonicien. On nia en bloc toute na­ture, aussi bien celle de la femme (il est obligatoire de penser depuis Beauvoir que l’« on ne naît pas femme, on le devient ») que de la mère, ou du père, ou de l’homme (invoquer la virilité est réputé fasciste, au mieux “machiste”), comme on nia dans l’ordre politique qu’il existât une nature, âme ou identité, des nations : la moindre référence à une identité française, ou allemande, ou arabe, devint une intolérable “essentialisation”, at­tentatoire au mélange européiste ou mondialiste, voire condamnée pour racisme – arme omniprésente du tribunal existentialiste. Comme il est devenu ringard d’évoquer l’identité d’un animal (des bovidés, n’a-t-on pas voulu faire des carnivores ?), d’un légume, que les OGM modifient génétiquement, c’est-à-dire dans leur nature ; ou d’invoquer une essence de l’homme face aux applications de la génétique, prometteuses pour les uns, inquiétantes pour les autres…

Fait nouveau, cette dénaturation générale est devenue menace plus que promesse : en somme, elle commence à faire débat. Chrétiens, écologistes, humanistes à l’ancienne (qui invoquent une nature immuable de l’homme) mettent en doute ces infinis progrès, refusant d’admettre que le monde et les hommes ne sont plus que matière plastique : cette réaction est à mon sens la matrice d’une droite nou­velle, dont on voit déjà, contre le délire multiculturel niant à angle droit les identités, une certaine résurgence sous la forme du populisme, nouvelle revendication de peuples désireux de rester ce qu’ils sont, défendre leur identité et ses attributs majeurs, souveraineté, frontière, nationalité…

Un tel rappel des nations, des choses et des êtres à leur nature propre pourrait instruire une cosmogonie de droite qui n’accepterait pas sans examen les dérives du progrès au point de laisser la technique, ses traductions commerciales et ses étendards libertaires recomposer le monde. La droite aurait grand intérêt à réfléchir à ce critérium, qui élargirait son champ politique en incluant une partie de la réflexion dite “écologiste”, réconcilierait ses fractions sur la pérennité de la nation et de ses héritages – et remettrait sur le métier sa réflexion politique, laquelle ne saurait être éternellement tenue pour superflue.

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Le ministère de l’Intérieur et l’antiracisme

Le porte-parole de Chevènement lui aussi contre le droit de vote des étrangers

19 Oct

Pour prouver, s’il en est encore besoin, que la véritable opposition se joue entre les mondialistes et les nationalistes et non plus entre « la gauche » et « la droite », voici un extrait d’une tribune de Julien Landfried, porte-parole de Jean-Pierre Chevènement, consacrée au droit de vote des étrangers aux élections locales publiée comme celle de Michèle Tribalat sur le site d’info Atlantico.

« Jean-Pierre Chevènement, dans son dernier livre Sortir la France de l’impasse, s’est opposé au droit de vote des étrangers aux élections locales. Il y a en effet fusion en France, du moins depuis la décolonisation, entre les principes de nationalité et de citoyenneté. Il s’agit à la fois d’un principe solidement ancré dans notre tradition politique et dans notre culture : qui est Français peut voter, et tout Français « pèse » autant qu’un autre (« un homme égal une voix »).

Si l’on ajoute que la France pratique une politique de naturalisation généreuse, issue de sa tradition assimilationniste (malheureusement tombée en disgrâce depuis les années 70-80), on peut estimer que cette fusion entre nationalité et citoyenneté constitue un principe solide et ouvert, puisque les étrangers peuvent en bénéficier sous réserve bien entendu de demander leur naturalisation. La proposition des socialistes et d’une très large partie de la gauche de donner le droit de vote aux étrangers aux élections locales rompt avec cette logique, puisqu’elle dissocie nationalité et citoyenneté, en donnant à des non-nationaux une partie des prérogative de citoyenneté des nationaux. Elle sous-entend d’ailleurs en creux qu’il serait difficile pour les étrangers de devenir français, ce que les chiffres démentent. Cela ferait par ailleurs courir le risque, dans certaines communes notamment de la région parisienne, à des votes ethniques ou communautaires qu’il faut au contraire éviter. »

Sur le même sujet : Michèle Tribalat contre le droit de vote des étrangers

Michèle Tribalat contre le droit de vote des étrangers

19 Oct

La démographe Michèle Tribalat, auteur notamment de Les yeux grand fermés, explique dans une tribune publiée le  17octobre sur atlantico pourquoi accorder le droit de vote aux étrangers serait contraire à l’idée même de Nation. Extraits.

« On parle souvent de manière impropre d’accorder le droit de vote aux immigrés. Or, ceux qui ont acquis la nationalité française sont déjà en capacité de voter. Ils représentent quatre immigrés sur dix. Sur près de 12 millions de personnes d’origine étrangère (immigrées ou ayant au moins un parent immigré), seules 30 % sont de nationalité étrangère. Elles le sont par choix ou parce qu’elles sont en attente d’être éligibles, mais très rarement suite à un refus de l’administration française.Plus d’un tiers de ces étrangers sont originaires d’un pays de l’UE et, à ce titre, sont (ou seront à leur majorité) autorisés à voter aux élections locales et européennes. Pour les autres (moins de deux millions de personnes en âge de voter), ils ne sont pas privés de citoyenneté puisqu’ils peuvent voter lors des élections organisées dans leur pays d’origine. […]

C’est une proposition entièrement tournée vers l’intégration des immigrés et de leurs familles et  qui ne regarde jamais l’autre versant : que devient le sens de l’appartenance nationale pour les Français en général ? Traditionnellement, elle avait un sens politique exigeant que l’on s’élève au-dessus des particularismes pour partager un projet fondé sur des valeurs. L’extension du droit de vote aux étrangers extra-communautaires introduit l’idée selon laquelle la résidence, en elle-même, donne un droit de citoyenneté et que celui-ci devrait faire partie des droits inhérents à la nature humaine, que l’on transporte avec soi là où il nous plaît d’aller. Ce faisant, on renvoie les Français à une identité plus ethnique et culturelle que la conception politique de la nationalité cherchait justement à dépasser. Cela fait d’eux un groupe particulier parmi d’autres.

Cette conception d’un droit de vote lié à la résidence légitime l’idée selon laquelle la citoyenneté c’est d’abord défendre ses intérêts particuliers, là où l’on se trouve, sans avoir nécessairement à s’inscrire dans l’histoire d’un peuple ni à se préoccuper de son destin. Ne faudrait-il pas alors donner le droit de vote aux enfants ?

Echange intégral entre Cohn Bendit et Le Pen au Parlement européen

15 Sep

Sur l’exploitation éhontée de la tragédie d’Oslo par les procureurs du Bien

28 Juil

Communiqué du parti de l’In-nocence publié sur son site le mercredi 27 juillet.

Le parti de l’In-nocence constate sans surprise que la tragédie d’Oslo donne lieu à une exploitation idéologique sans scrupules de la part des antiracistes dogmatiques, qui n’ont pas même la décence d’attendre que le deuil national norvégien se soit assez exprimé pour rendre responsables de l’événement ceux qu’ils considèrent comme des ennemis politiques à abattre par tous les moyens. Ne reculant devant aucune des vieilles ficelles staliniennes, et dressant sans tarder un acte d’accusation les défaussant de leurs propres responsabilités (écrasantes du fait de leur complicité avec le système médiatico-industriel en tant que hérauts du Bien pavant avec méthode et obstination un Enfer comme on n’en a jamais imaginé), ils pratiquent à tour de bras sophismes et paralogismes pour justifier leurs attaques et leur appel à plus de répression politique, à plus de contrôle judiciaire, à plus d’interdiction de penser librement, à plus d’empêchement à dire ce que tout le monde voit, et de mieux en mieux.

Le parti de l’In-nocence considère que doivent être plutôt remis en question l’antiracisme dogmatique d’aujourd’hui et l' »ouverture » univoque et à tout crin, la réduction du débat public, sa soumission à une idéologie régnant sans partage, sans réplique possible, fondée sur une Morale aussi douteuse et fausse que toute-puissante, sur un répertoire émotionnel frelaté et sans cesse manipulé par tous les moyens médiatiques et de propagande. C’est le passage d’un combat légitime en son temps à une idéologie totalitaire, transformant une réaction éthique en un système mortifère, désireux d’établir à toute force un racisme sans races — folle exigence idéologique basée sur un mot qui dès lors se mord la queue —, entretenant le ressentiment contre les représentants d’une ancienne domination éternellement vouée aux gémonies, qui suscite partout les conditions d’explosions de violence, de pogroms et de tous les préludes à une guerre civile généralisée du genre humain, particulièrement sur le sol européen, que seuls un courage politique et une détermination à sortir de cette folie en retrouvant le bon sens le plus élémentaire permettront de juguler.

Le parti de l’In-nocence conçoit son action en ce sens, et ce qui vient de se produire le renforce dans la conviction de la justesse de son combat, et de son urgence.

Sur ce sujet :

Tueries en Norvège : la faute au FN et à la Droite populaire

Tueries en Norvège : « Voilà où mène l’idéologie du choc des civilisations »

Tuerie en Norvège : la faute aux apéros racistes

L’Europe a-t-elle des racines musulmanes ?

24 Juil

Lu dans La Nouvelle Revue d’Histoire de juillet-août un entretien avec l’historien Guy Rachet, auteur, entre autres, de Les racines de notre Europe sont-elles chrétiennes et musulmanes ?. A la question-titre de cet ouvrage, la réponse de l’auteur est claire : chrétienne, oui mais pas seulement, musulmane, pas du tout.

C’est une déclaration du président de la République de l’époque, en octobre 2003 qui l’incite à l’écriture de cet essai. Jacques Chirac affirmait que « les racines de l’Europe sont autant musulmanes que chrétiennes ».

« Cette affirmation m’a indigné. Tout ce que je savais de la civilisation européenne montre que ses origines ne se trouvent pas fondamentalement dans le christianisme et moins encore dans l’islam. Il me paraissait invraisemblable d’ignorer que les racines de notre civilisation se trouvent d’abord dans la Grèce antique. Le rôle ultérieur du christianisme est incontestable, mais concernant l’islam on ne voit vraiment pas ce qu’il venait faire dans ce tableau puisque ses relations avec l’Europe s’étaient presque toujours limitées depuis le VIIIe siècle à des conflits ».

Plus loin : « C’est Voltaire qui, dans le cadre des ses polémiques à l’encontre de l’Eglise, a magnifié le rôle imaginaire des savants musulmans au détriment de la transmission assurée par les clercs catholiques depuis le haut Moyen Âge. C’est pourtant bien grâce à ces clercs que l’héritage grec nous a été transmis, par l’intermédiaire souvent de traductions latines.« 

Pour en savoir plus : Guy Rachet sur Radio Courtoisie, 1er juin 2011

Marin de Viry : « Culture populaire et culture des élites, l’alliance ou la mort »

16 Juil

Le Monde publie dans son édition du 15 juillet une tribune de l’écrivain Marin de Viry. Critique littéraire à la Revue des deux mondes et enseignant à Sciences-Po Paris, Marin de Viry obtient la bourse Cioran 2008 pour son essai Le matin des abrutis. Viry est également l’auteur de Pour en finir avec les hebdomadaires et de Tous touristes.

D’abord, le scénario tendanciel dégradé : celui où nous sombrerons si les fossés culturels continuent de se creuser. Dans dix ans, quatre populations, de langue encore à peu près française mais socialement étrangères les unes aux autres, se regarderont avec l’air agacé d’un lama femelle qui croise un touriste. Elles n’auront plus aucune possibilité de fabriquer une culture commune. A la serpe, typologie de la catastrophe.

Segment 1 : ceux qui tireront leur culture d’un mélange de master in business administration (MBA) à Harvard et de jobs pas pingres à Shanghaï. Corneille s’éloigne très vite de leur esprit et ils n’ont, au bout de dix ans dans les états-majors de sociétés mondialisées, pas plus de chance d’aimer les beautés françaises qu’un Turkmène de tomber sous le charme de Proust. Peut-être même moins, si j’en juge par le mépris pressé vis-à-vis de la culture française des expatriés que je croise parfois.

Segment 2 : la cohorte des agrégés, les fondus de littérature, les amateurs d’histoire, les patriotes chafouins, les lecteurs de De Gaulle, etc., qui voient dans la culture française une contribution majeure à la civilisation universelle, tentent de la réanimer, et vénèrent ceux qui se succèdent au défibrillateur sans avoir encore réussi à faire repartir la vieille dame : Régis Debray, Richard Millet, Jean Clair, Alain Finkielkraut, etc. Ceux-là tentent de constituer un axe Bernanos-Jaurès pour que le beau manteau de cathédrales qui nous recouvre ne termine pas mité.

Segment 3 : les régionaux de l’étape, qui attendent surtout de la culture qu’elle enjolive leur intérêt de classe ou leur amour-propre collectif. Je mets dans ce segment aussi bien les bobos qui surpondèrent le métissage que les tenants d’un régionalisme exacerbé, les uns comme les autres adeptes d’un narcissisme de clocher.

Enfin, segment 4 : les victimes pures, consommateurs passifs et automatiques de stimuli manufacturés dans des usines à fabriquer de la distraction correcte. Cela va des amateurs de la télé-réalité aux fanatiques : le néant est un. Ces segments étanches finiront par parler quatre français : le franglais pékinois pour les premiers, le français grand genre avec subjonctif imparfait pour le deuxième, un parler régional étanche (le parler Libé ou le patois savoisien…) pour le troisième, et le français approché façon SMS d’adolescents pour les derniers. Entre eux, rien, à moins qu’un génie, un Molière ou un Balzac, ne réussisse à faire communiquer ces langues.

Entre, d’une part, les évadés fiscaux actuels et potentiels, élite qui englobe les mondialisés et ceux qui, encore accrochés à la culture classique, tentent de jouer de leur capital immatériel pour rejoindre les premiers et, d’autre part, les assignés à résidence nationale, pas d’anticipations communes possibles. Le destin de l’élite est décorrélé de celui du peuple, et donc les conditions de création d’une culture commune ne sont plus réunies. Il n’existe que deux leviers pour refabriquer un champ sémantique et lexical à partager : la langue et la citoyenneté. Voyez l’état de la langue (on est passé du sens au halo) et celui de la citoyenneté (l’honneur dominant est d’être un ennemi de la société).

Ensuite, le hasard. Nous ne sommes pas à l’abri d’une bonne surprise, car un athlète peut surgir et fabriquer de la culture, c’est-à-dire une forme persistante dans un maximum d’esprits. Il lui faudra se placer à l’intersection d’une croix avec une feuille de route assez simple : sur l’axe vertical, embrasser le passé et l’avenir les plus lointains possibles. Sur l’axe horizontal, toucher le maximum de contemporains. Les grandes croix rentrent dans le trésor de la tradition, lequel est patrimoine national et n’a pas d’étiquette sociale. Molière, merci de vous manifester.

Source : Le Monde

Sur des affiches dans le métro parisien affirmant qui « est » la France

12 Juil

Communiqué du parti de l’In-nocence publié sur son site le dimanche 10 juillet.

Le parti de l’In-nocence, prenant connaissance par voie d’affiches dans le métro parisien de la tenue d’un « Concert pour l’égalité » avec la participation d’artistes ayant noms Yousspha, Neg’Marrons, Sherifa Luna, Abd Al Malik, Raggasonic et autres, affiches portant en tête de liste des sponsors de cet événement le logogramme officiel de la Mairie de Paris, s’étonne de trouver, barrant en rouge cette affiche, le slogan politique « La France c’est nous ! » en surimpression de la liste de ces artistes.

Le parti de l’In-nocence s’élève vivement contre cette déclaration, manifestement avalisée par l’institution de la République qu’est la Mairie de Paris, déclaration qui prétend définir l’identité nationale en retirant de son contenu tous les Français qui ne reconnaissent rien d’eux-mêmes dans les artistes susnommés, non plus que dans leurs musiques et les références culturelles dont elles s’entourent ou qui les sous-tendent, absconses à des millions d’entre eux, et pas davantage dans le contenu politique, social et ethnique des textes de leurs chants et chansons. En conséquence, il prie instamment la Mairie de Paris de faire connaître publiquement de quel organe de la République et à l’issue de quel débat citoyen et républicain elle a reçu mandat de définir l’identité nationale en des termes aussi particuliers, discriminatoires, partiaux et exclusifs et lui réclame à cet effet un communiqué officiel qui explicite le sens qu’il convient de donner à ce slogan politique et civilisationnel par lequel elle semble engager catégoriquement l’immense majorité des Français qui échappent à sa juridiction.

Source : parti de l’In-nocence

Sur le rapport de la Cour des comptes et la sécurité

9 Juil

Communiqué du parti de l’In-nocence publié sur son site le vendredi 8 juillet.

Le parti de l’In-nocence juge du plus haut ridicule les disputes actuelles autour du rapport de la Cour des comptes sur la sécurité, que les uns jugent rigoureux et les autres partisan, tous étant d’accord pour lier l’augmentation ou la (peu vraisemblable) diminution de la délinquance ou de la criminalité à la seule politique dite de “sécurité”, qui serait plus ou moins judicieusement menée. Cette vision des choses, également partagée entre les principaux partis, est désastreusement limitée, au point de confiner à l’aveuglement pur et simple, sincère ou feint. La sécurité au sein d’une société dépend de son degré d’unité, de la qualité des rapports entre ses composantes, du type de civilisation qu’elle s’est choisi, qu’elle entretient et qui fait l’objet, ou pas, d’un consensus parmi elle. Il est parfaitement absurde de discuter à n’en plus finir de la répartition ou de la formation des “personnels”, comme disent les experts en leur charabia, alors que le pays importe à grands frais, année après année depuis trente ans et plus, au sein du flot indifférencié de l’immigration de masse, des dizaines de milliers de nouveaux délinquants en acte ou en puissance, hostiles à la population indigène, ignorants de ses lois, méprisants ses valeurs et n’ayant rien connu du lent polissage qui rend paisible la vie civile et harmonieux les rapports sociaux.

Source : parti de l’In-nocence

Richard Millet

8 Juil

Nous vous avions déjà parlé de Richard Millet en vous proposant un remarquable extrait de son court roman Petit éloge d’un solitaire (lire). Le 17 mai, l’écrivain était l’invité de Radio Courtoisie pour la sortie de son dernier essai Fatigue de sens. Pour écouter l’émission, cliquez ici.

Pour mieux comprendre la pensée de Millet – la meilleure façon étant de le lire – voici quelques unes de ses interventions vidéos :

En 2007, Le Point publiait un entretien avec l’auteur sur le déclin de  la littérature française (lire).

Je vous invite aussi à consulter ce post publié sur l’excellent blog Le Nouveau Réactionnaire réunissant plusieurs émissions radio ayant pour invité Richard Millet, et notamment la récente émission Répliques titrée Au coeur de la France. Cette dernière a soulevé les désespérantes réactions des professionnels de l’indignation, notamment à cause de cette phrase prononcée par l’écrivain : “Quelqu’un qui à la troisième génération continue à s’appeler Mohammed quelque chose, pour moi, ne peut pas être français.” Nelly Kaprièlian des Inrocks, qui « s’est mis dans la peau d’une jeune musulmane » pour écrire sa chronique, dénonce avec une prévisible verve « un grand moment d’abjection ». La critique littéraire (si, si) s’insurge contre une série de « saloperies » proférée par un habitué des « formules racistes » (c’est même son collègue Sylvain Bourmeau qu’il le dit, alors…). Après avoir expliqué que l’émission de Finkielkraut devait disparaître des programmes de Radio France, elle conclut très sérieusement que « le plus surprenant c’est qu’on croyait France Culture être la radio de tous les Français ». Las, je ne m’étendrais pas sur la chronique de la même veine, signée Nicole Caligaris, la « romancière », et publiée dans Le Monde du 29 juin. Amusons-nous seulement de ses formidables contre-vérités

« pauvre urbain, qui a toujours été moins blanc que le bourgeois, qui a toujours semblé plus étranger, plus dangereux en nombre, qui a toujours été parqué pour mieux être circonscrit, qui a toujours donné à ses enfants un prénom pas comme il faut, trop vulgaire, trop arabe ».

… le tout dans un style désastreux

« Que Richard Millet, en son comique, soit au moins l’occasion de mettre les points sur les i. Dans le sens qu’a adopté le français actuel, « racisme » désigne ce mélange de xénophobie proprette et de bêtise crasse qui fait proposer, par exemple, de rendre la nationalité française exclusive de toute autre nationalité quand la chance de la France est au contraire de pouvoir vivre des liens puissants que le peuple français, en train de naître d’un écheveau de cultures et de langues, est en train de construire avec le monde auquel nous sommes liés, que les ânes le veuillent ou non, pour la joie des aventuriers de l’esprit, des curieux, des asphyxiés de la blancheur illusoire, pour la tristesse des pitres qui agitent devant leur nez pincé l’illusion d’une intégration qu’ils voient comme l’entrée au chausse-pied dans le moule d’une culture aux formes fixes, quand la vitalité d’une culture est au contraire de se former, en permanence, dans ses mutations au contact des apports extérieurs ; et dans les tensions que ces contacts ne manquent pas de produire. »

Lavons-nous l’esprit. Le 12 mai dernier le parti de l’In-nocence, à travers la plume de son président Renaud Camus, commentait la sortie de Fatigue de sens :

Sur la publication de « Fatigue du sens », de Richard Millet
Le parti de l’In-nocence salue avec respect et avec une grande joie, malgré le désespoir dont le livre est empreint, la publication, aux éditions Pierre-Guillaume de Roux, de l’essai de Richard Millet, « Fatigue du sens ». Au moins il ne sera pas dit, grâce à un tel ouvrage, que l’horreur qui survient, qu’il s’agisse de la Grande Déculturation ou du Grand Remplacement, sera consommée sans que la littérature, en la personne d’un grand écrivain, en ait pris pleinement la mesure. Sur le fond lancinant du babil de l’appareil médiatico-politique, et malgré les flots de haine, les insultes et les menaces qu’il déverse incessamment pour que ce qui arrive ne soit pas nommé, la voix de Richard Millet rend aux mots leur sens, malgré son titre, et à notre expérience quotidienne son évidence tragique. Le mensonge n’est plus seul. Il est magnifique que les Lettres, en ces temps post-littéraires autant que post-démocratiques (pour reprendre la terminologie de Millet), aient encore la force de lui dire son fait. »
Le critique littéraire de Valeurs Actuelles, Bruno de Cessole, consacre également une chronique à la parution de Fatigue du sens que vous pouvez lire ici.