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Zemmour VS Plenel – Z&N 27/10/11

29 Oct

Cette tête à claque d’Edwy Plenel était invité hier soir dans l’émission de Zemmour et Naulleau.

C’est avec difficultés, Plenel l’interrompant systématiquement, que Zemmour essaie de rétablir la vérité sur les « massacres » du 17 octobre 1961 à Paris. Citons ce bon vieux Bernard Lugan qui a publié tout récemment une chronique sur cet énième mensonge médiatique :

« Cinquante ans après la fin de la guerre d’Algérie, par le biais d’une machination particulièrement bien orchestrée, policiers, gendarmes mobiles, CRS et Harkis engagés le 17 octobre 1961 à Paris dans une opération de maintien de l’ordre, sont devenus des agresseurs accusés d’avoir massacré 300 manifestants algériens, d’en avoir jeté des dizaines à la Seine et d’en avoir blessé 2300. […]

Or, contrairement à ce qui est affirmé par des médias dont l’inculture est à l’égal de l’esprit partisan, le 17 octobre 1961, il n’y eut pas de massacre d’Algériens à Paris. […]

Contre les affirmations  des complices du FLN et des auteurs militants, les archives de l’Institut Médico Légal de Paris, la Morgue, sont pleines d’enseignements. Le Graphique des entrées de corps « N.A » (Nord-africains) par jour. Octobre 1961, nous apprend ainsi que du 1° au 30 octobre 1961, 90 corps de « NA » , Nord-africains selon la terminologie officielle de l’époque, sont entrés à l’Institut médico légal, la plupart étant d’ailleurs des victimes du FLN…
Le 17 octobre, alors que se déroulait  dans Paris un soi-disant massacre, l’Institut Médico Légal n’a enregistré aucune entrée de corps de « NA ». Et pour cause, le 17 octobre 1961, de 19h30 à 23 heures, une seule victime fut à déplorer dans le périmètre de la manifestation, et ce ne fut pas un Algérien, mais un Français nommé Guy Chevallier, tué vers 21h devant le cinéma REX, crâne fracassé et dont rien ne permet de dire que ce fut par la police. En dehors du périmètre de la manifestation  « seuls » 2 morts furent à déplorer,  Abdelkader Déroues tué par balle et retrouvé à Puteaux et Lamara Achenoune étranglé gisant dans une camionnette, également à Puteaux.
Certes, nous dit-on, mais les morts ont été déposés à la morgue les jours suivants. Or, et une fois encore, ce n’est pas ce qu’indiquent les archives de l’IML car, entre le 18 et le 21 octobre, seuls 4 cadavres de « NA » (Nord-africains) furent admis à la Morgue :
– le 18 octobre, Achour Belkacem tué par un policier invoquant la légitime défense et Abdelkader Benhamar mort dans un accident de la circulation à Colombes.
– le 20 octobre, Amar Malek tué par balles par un gendarme.
– le 21 octobre Ramdane Mehani, mort dans des circonstances inconnues.

Soit du 17 au 21 octobre, 7 morts, dont deux seulement peuvent être imputés aux forces de police. Nous voilà bien loin des 300 morts avancés par certains…[…] »

Renaud Camus, président du Parti de L’In-nocence, remet lui aussi les choses au clair dans un communiqué publié le 21 octobre dernier :

« Le parti de l’In-nocence est indigné par la récente commémoration du prétendu massacre du 17 octobre 61. La thèse du massacre, ce jour-là, de plusieurs centaines d’Algériens, avancée par l’historien amateur et militant communiste Einaudi — lequel s’est contenté de croire sur paroles les témoignages d’Algériens affiliés au FLN ou sous son influence —, a été clairement et parfaitement réfutée par une enquête menée à l’initiative du premier ministre Lionel Jospin et confiée par le ministre de l’intérieur Jean-Pierre Chevènement à des historiens de métier au dessus de tout soupçon partisan et qui avaient conclu à une vingtaine de morts, ce qui est suffisamment dramatique pour n’avoir pas à être exagéré.

Le parti de l’In-nocence rappelle que la mémoire non seulement ne saurait être mensongère mais qu’elle ne doit pas être sélective. Il rappelle que de janvier 1955 à juillet 1962, les tueurs du FLN assassinèrent en France métropolitaine 6000 Algériens et en blessèrent 9000, par l’entremise de l' »organisation spéciale » du FLN — parce qu’ils appartenaient au MNA ; qu’ils refusaient de payer l’impôt révolutionnaire ; qu’ils soutenaient la France ; qu’ils buvaient de l’alcool ou vivaient avec des Françaises. Que, le 26 mars 1962, devant la Grande Poste de la rue d’Isly à Alger, les forces de l’ordre ne firent pas preuve de la même retenue que le 17 octobre à Paris quand elles ouvrirent directement le feu sur une foule de civils français non armés, faisant entre 70 et 80 morts et 150 blessés. Ces victimes, bien réelles celles-là, n’ont droit qu’au mépris et à l’oubli. Qu’à cette époque des dizaines de gardiens de la paix tombaient sous les balles du FLN à Paris. Que dans la Seine ce sont des dizaines de cadavres poignardés, égorgés, torturés, qu’on a retrouvés tout au long de l’année 1961 et jetés au fil du courant par les hommes de main de la Wilaya.

Le parti de l’In-nocence n’oublie pas, lui, les méthodes du FLN pour obliger une partie des Algériens à manifester, tout comme les méthodes atroces et gratuitement inhumaines dont il s’est rendu seul coupable sur le territoire de l’Algérie même tant à l’encontre de Français que de « compatriotes » récalcitrants.

Le parti de l’In-nocence voit dans un tel déni de la réalité, une telle malversation, un tel parti pris idéologique, poindre la mise à l’écart pure et simple des Français fidèles à la France et à son histoire. Il voit dans cette commémoration, à laquelle s’est précipité sans vergogne Monsieur Hollande, et qui n’a pas suscité la moindre critique du pouvoir en place ou de la majorité au pouvoir, la preuve supplémentaire de la collusion de la gauche et de la droite dans l’imposture idéologique qui œuvre à une « France d’Après » rendue possible à force d’oubli organisé, de matraquage idéologique, de falsifications, d’embrigadement de la jeunesse, et de calomnies chaque jour plus éhontées sur la France d’Avant. »

Autre démonstration du caractère insupportable de ce gredin de moustachu : Quelle déchéance Robert Ménard, quelle déchéance ! …

Pour Les Inrocks, « les réacs ont échoué à décrédibiliser l’“homme de gauche” »

28 Oct

Billet extrait des Inrocks et publié le 23 octobre dernier. Son auteur n’est autre que Nelly Kaprièlian qui s’en était déjà pris à Richard Millet. Drôle.

Des anars de droite (la réhabilitation de Philippe Muray) aux anars de gauche (l’engouement adolescent pour Jean-Claude Michéa), on aura vu une idéologie rétrograde jusqu’à l’écoeurement se répandre en se faisant passer pour anticonformiste. Son enjeu : lutter contre la pensée unique, c’est-à-dire uniquement fustiger la gauche. Comme il aura été chic de s’attaquer à l’“homme de gauche” !

Pendant ce temps, l’homme de droite faisait des affaires avec port de malettes, mais pourquoi s’en faire ? Il était tellement plus “sulfureux” de démolir l’“homme de gauche”. Mais si, vous savez, l’“homo festivus” (idée de Muray, tellement moins forte que le concept de société du spectacle de Debord, encore tellement plus opérant aujourd’hui…), le “bobo” et, bien plus effrayant encore, le “droit-de-l’hommiste”. Le droit-de-l’hommiste, même si c’est dit avec le mépris le plus crapuleux, c’est celui qui croit aux droits de l’homme, a conscience des problèmes des pays du Sud, etc. Brrr, ça fait peur!

Intéressant de voir que ce qui a eu la cote chez une certaine intelligentsia française, confondant coups de gueule populistes avec ce qui fonde une vraie pensée critique, c’est l’idéologie du rejet de l’autre. Du rejet des Arabes à l’antisionisme, ratiocineurs de droite et anars de gauche se rejoignent dans une même haine. Ou pire : une indifférence de petit Blanc exigeant qu’on ne l’emmerde pas avec les problèmes de l’autre. Mais dans quelle France vivent-ils, eux et leurs soutiens ? Dans quels quartiers ? Pas les nôtres. Depuis quelques mois, des articles auront dénoncé une lepénisation de la pensée par certains “intellectuels” (heu… disons plutôt une poignée de journalistes, dont l’éternel Eric Zemmour). On constate enfin aujourd’hui, après la primaire, que leur tentative de ringardiser l’“homme de gauche” aura complètement échoué.

Source : Les Inrocks

Jean-Claude Michéa invité des Matins de France Culture

8 Oct

Le philosophe Jean-Claude Michéa était l’invité des matins de France Culture jeudi 6 octobre. Spécialiste de Georges Orwell et auteur de nombreux ouvrages critiques sur la modernité, le libéralisme ou encore l’éducation, il est invité pour parler de son dernier livre Le complexe d’Orphée : La Gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès


Michéa donnait une interview au Nouvel Observateur à propos de son dernier ouvrage. Extrait.

« Tout comme un pythagoricien aurait préféré mourir plutôt que de traverser un champ de fèves, un militant de gauche éprouve immédiatement une terreur sacrée à l’idée que quelque chose ait pu aller mieux dans le monde d’avant. Une pensée aussi incorrecte le conduirait en effet à remettre en question le vieux dogme progressiste selon lequel il existe un mystérieux sens de l’histoire, porté par le développement inexorable des nouvelles technologies, et qui dirigerait mécaniquement l’humanité vers un monde toujours plus parfait – que celui-ci ait le visage de l’«avenir radieux» ou celui de la «mondialisation heureuse». Difficile alors de ne pas penser au pauvre Orphée qui, pour ramener Eurydice des Enfers, avait dû s’engager à aller toujours de l’avant sans jamais s’autoriser le moindre regard en arrière. »

Un dossier est consacré à Jean-Claude Michéa dans le dernier numéro d’octobre de Causeur.


Bénabar : « Je suis politiquement correct et je t’emmerde ! »

30 Sep

Extrait d’un article publié sur le site Purepeople

Alors qu’il montait sur scène mercredi 28 septembre aux côtés de Charles Aznavour, qui offrait à son public un concert absolument remarquable à l’Olympia au profit de son association Aznavour pour l’Arménie, le chanteur Bénabar était ce matin face à Nikos Aliagas sur Europe 1.

[…]

Les paroles sont explicites : « Je ne suis pas raciste, je suis droit-de-l’hommiste, j’porte pas de fourrure. Je ne regrette pas la guillotine, je ne suis pas misogyne, je trie mes ordures. Tu trouves ça peut-être politiquement correct, mais moi je t’emmerde.« 

[…]

Avec Les bénéfices du doute, Bénabar s’annonce plus incisif, toujours aussi poète. Il explique l’intérêt de Politiquement correct : « J’emmerde tout un courant de pensée qui, sous prétexte de lutter contre le politiquement correct, défend des idées dégueulasses. Maintenant, si on n’est pas raciste, c’est qu’on est bobo, si on n’est pas misogyne, c’est qu’on est naïf ou angélique. C’était une réaction à ce discours, où je me sentais directement visé. Il faut quand même rappeler que c’est bien de ne pas être raciste, pas être antisémite. Je défends ces valeurs-là. C’est bien de dire bonjour à la dame. C’est pas une profession de foi, c’est pas une agression, c’est un coup de gueule. C’est ce que j’enseigne à mes enfants, c’est aussi pour ça que je me suis senti visé. On apprend aux enfants qu’il faut être gentil, dire bonjour à la dame… Effectivement c’est politiquement correct, mais bordel c’est que j’apprends à mes gosses ! Et c’est bien de dire bonjour à la dame.« 

Sur l’exploitation éhontée de la tragédie d’Oslo par les procureurs du Bien

28 Juil

Communiqué du parti de l’In-nocence publié sur son site le mercredi 27 juillet.

Le parti de l’In-nocence constate sans surprise que la tragédie d’Oslo donne lieu à une exploitation idéologique sans scrupules de la part des antiracistes dogmatiques, qui n’ont pas même la décence d’attendre que le deuil national norvégien se soit assez exprimé pour rendre responsables de l’événement ceux qu’ils considèrent comme des ennemis politiques à abattre par tous les moyens. Ne reculant devant aucune des vieilles ficelles staliniennes, et dressant sans tarder un acte d’accusation les défaussant de leurs propres responsabilités (écrasantes du fait de leur complicité avec le système médiatico-industriel en tant que hérauts du Bien pavant avec méthode et obstination un Enfer comme on n’en a jamais imaginé), ils pratiquent à tour de bras sophismes et paralogismes pour justifier leurs attaques et leur appel à plus de répression politique, à plus de contrôle judiciaire, à plus d’interdiction de penser librement, à plus d’empêchement à dire ce que tout le monde voit, et de mieux en mieux.

Le parti de l’In-nocence considère que doivent être plutôt remis en question l’antiracisme dogmatique d’aujourd’hui et l' »ouverture » univoque et à tout crin, la réduction du débat public, sa soumission à une idéologie régnant sans partage, sans réplique possible, fondée sur une Morale aussi douteuse et fausse que toute-puissante, sur un répertoire émotionnel frelaté et sans cesse manipulé par tous les moyens médiatiques et de propagande. C’est le passage d’un combat légitime en son temps à une idéologie totalitaire, transformant une réaction éthique en un système mortifère, désireux d’établir à toute force un racisme sans races — folle exigence idéologique basée sur un mot qui dès lors se mord la queue —, entretenant le ressentiment contre les représentants d’une ancienne domination éternellement vouée aux gémonies, qui suscite partout les conditions d’explosions de violence, de pogroms et de tous les préludes à une guerre civile généralisée du genre humain, particulièrement sur le sol européen, que seuls un courage politique et une détermination à sortir de cette folie en retrouvant le bon sens le plus élémentaire permettront de juguler.

Le parti de l’In-nocence conçoit son action en ce sens, et ce qui vient de se produire le renforce dans la conviction de la justesse de son combat, et de son urgence.

Sur ce sujet :

Tueries en Norvège : la faute au FN et à la Droite populaire

Tueries en Norvège : « Voilà où mène l’idéologie du choc des civilisations »

Tuerie en Norvège : la faute aux apéros racistes

Tueries en Norvège : la faute au FN et à la Droite populaire

25 Juil

Après Patrick Lozès du Cran et Benoît Hamon du PS, c’est au tour du Mrap de s’agiter de tocs antiracistes, en essayant vainement de faire passer ces pénibles perturbation mentales pour LES clés d’interprétation des tueries norvégiennes.

« Cette tuerie ne saurait se réduire au seul acte d’un déséquilibré. La mémoire des victimes nous impose de déterminer toutes les causes et responsabilités de ce crime épouvantable. […] Dans toute l’Europe, les partis populistes et les extrêmes droites – “Front National” en France, “Parti du progrès” en Norvège, “Démocrates suédois” (parti politique suédois nationaliste), « Parti du peuple danois » (PPD),  « Jobbik » de Hongrie…( que leurs personnalités s’appellent Siv Jensen en Norvège, Geert Wilders au Pays Bas ou Marine Le Pen ) – sans oublier en France la droite extrême qu’est la « Droite populaire » de l’UMP qui est présente au gouvernement – portent une lourde responsabilité dans le climat délétère qui pèse sur le continent tout entier. Après cette épouvantable tragédie – qui ne peut être dissociée de cette sombre réalité – le MRAP en appelle à plus de vigueur dans la lutte contre les groupuscules d’extrême-droite racistes ainsi qu’à plus de responsabilité pour combattre des politiques dont on sait qu’elles entretiennent la xénophobie et le rejet de l’Autre ».

Source : site web du Mrap

Tueries en Norvège : « Voilà où mène l’idéologie du choc des civilisations »

24 Juil

Vous avez aimé l’analyse de Patrick Lozès du Cran sur la tuerie norvégienne, vous ne serez pas déçus de celle de Benoît Hamon du PS lue sur lefigaro.fr : « Voilà où mène aussi l’idéologie du choc des civilisations, de l’incompatibilité des cultures, de l’impossibilité de construire des mondes au-delà de nos sociétés habituelles : à la haine, à la destruction, au terrorisme. Ailleurs en Europe, en Hongrie, au Danemark, en Finlande, en Belgique ou en France, les thèses d’extrême droite gagnent du terrain. Aucun parti d’extrême droite ne doit être banalisé »

Tuerie en Norvège : la faute aux apéros racistes

24 Juil

L’antiracisme n’a pas de limites dans l’abjection. Les attaques meurtrières qui ont frappé la Norvège vendredi sont l’occasion pour ces agents totalitaires de nous vendre leur bavardage post-historique. Patrick Lozès, président du Cran (Conseil Représentatif des Associations Noires de France), sur son blog, décèle une cause dans cette tuerie : la haine de l’autre, cet « ennemi du vivre-ensemble […] au final l’ennemi de la République ». Mais alors qui sont ces détracteurs de la différence, ces fanatiques du repli sur soi, ces intolérants constants ? Réponse de la vigie postmoderne : « les apprentis-sorciers promoteurs d’apéros racistes ».Anders Behring Breivik un amateur de saucisson-pinard ? Patrick Lozès semble mieux informé que toute la presse mondiale.

Voici un plus large extrait de cette fameuse analyse :

« La responsabilité de tous ceux qui font profession de haine est engagée car leurs émules s’appuient sur leurs thèses funestes et sur leurs discours haineux. En France la prolifération du discours de la haine de l’autre, sa banalisation expose dangereusement notre pays. Ils sont bien nombreux, ces propagateurs de haine, ces apprentis-sorciers promoteurs d’apéros racistes qui font mine de ne pas voir le feu qu’ils allument. Désormais, nous ne pourrons plus dire « je ne savais pas ». La haine de l’autre est un ennemi visible, qui ne se donne même plus la peine de se dissimuler. C’est l’ennemi du vivre-ensemble, c’est au final l’ennemi de la République. Nous devons combattre la bête, cette haine de l’autre qui vient de frapper à Oslo. »

Richard Millet

8 Juil

Nous vous avions déjà parlé de Richard Millet en vous proposant un remarquable extrait de son court roman Petit éloge d’un solitaire (lire). Le 17 mai, l’écrivain était l’invité de Radio Courtoisie pour la sortie de son dernier essai Fatigue de sens. Pour écouter l’émission, cliquez ici.

Pour mieux comprendre la pensée de Millet – la meilleure façon étant de le lire – voici quelques unes de ses interventions vidéos :

En 2007, Le Point publiait un entretien avec l’auteur sur le déclin de  la littérature française (lire).

Je vous invite aussi à consulter ce post publié sur l’excellent blog Le Nouveau Réactionnaire réunissant plusieurs émissions radio ayant pour invité Richard Millet, et notamment la récente émission Répliques titrée Au coeur de la France. Cette dernière a soulevé les désespérantes réactions des professionnels de l’indignation, notamment à cause de cette phrase prononcée par l’écrivain : “Quelqu’un qui à la troisième génération continue à s’appeler Mohammed quelque chose, pour moi, ne peut pas être français.” Nelly Kaprièlian des Inrocks, qui « s’est mis dans la peau d’une jeune musulmane » pour écrire sa chronique, dénonce avec une prévisible verve « un grand moment d’abjection ». La critique littéraire (si, si) s’insurge contre une série de « saloperies » proférée par un habitué des « formules racistes » (c’est même son collègue Sylvain Bourmeau qu’il le dit, alors…). Après avoir expliqué que l’émission de Finkielkraut devait disparaître des programmes de Radio France, elle conclut très sérieusement que « le plus surprenant c’est qu’on croyait France Culture être la radio de tous les Français ». Las, je ne m’étendrais pas sur la chronique de la même veine, signée Nicole Caligaris, la « romancière », et publiée dans Le Monde du 29 juin. Amusons-nous seulement de ses formidables contre-vérités

« pauvre urbain, qui a toujours été moins blanc que le bourgeois, qui a toujours semblé plus étranger, plus dangereux en nombre, qui a toujours été parqué pour mieux être circonscrit, qui a toujours donné à ses enfants un prénom pas comme il faut, trop vulgaire, trop arabe ».

… le tout dans un style désastreux

« Que Richard Millet, en son comique, soit au moins l’occasion de mettre les points sur les i. Dans le sens qu’a adopté le français actuel, « racisme » désigne ce mélange de xénophobie proprette et de bêtise crasse qui fait proposer, par exemple, de rendre la nationalité française exclusive de toute autre nationalité quand la chance de la France est au contraire de pouvoir vivre des liens puissants que le peuple français, en train de naître d’un écheveau de cultures et de langues, est en train de construire avec le monde auquel nous sommes liés, que les ânes le veuillent ou non, pour la joie des aventuriers de l’esprit, des curieux, des asphyxiés de la blancheur illusoire, pour la tristesse des pitres qui agitent devant leur nez pincé l’illusion d’une intégration qu’ils voient comme l’entrée au chausse-pied dans le moule d’une culture aux formes fixes, quand la vitalité d’une culture est au contraire de se former, en permanence, dans ses mutations au contact des apports extérieurs ; et dans les tensions que ces contacts ne manquent pas de produire. »

Lavons-nous l’esprit. Le 12 mai dernier le parti de l’In-nocence, à travers la plume de son président Renaud Camus, commentait la sortie de Fatigue de sens :

Sur la publication de « Fatigue du sens », de Richard Millet
Le parti de l’In-nocence salue avec respect et avec une grande joie, malgré le désespoir dont le livre est empreint, la publication, aux éditions Pierre-Guillaume de Roux, de l’essai de Richard Millet, « Fatigue du sens ». Au moins il ne sera pas dit, grâce à un tel ouvrage, que l’horreur qui survient, qu’il s’agisse de la Grande Déculturation ou du Grand Remplacement, sera consommée sans que la littérature, en la personne d’un grand écrivain, en ait pris pleinement la mesure. Sur le fond lancinant du babil de l’appareil médiatico-politique, et malgré les flots de haine, les insultes et les menaces qu’il déverse incessamment pour que ce qui arrive ne soit pas nommé, la voix de Richard Millet rend aux mots leur sens, malgré son titre, et à notre expérience quotidienne son évidence tragique. Le mensonge n’est plus seul. Il est magnifique que les Lettres, en ces temps post-littéraires autant que post-démocratiques (pour reprendre la terminologie de Millet), aient encore la force de lui dire son fait. »
Le critique littéraire de Valeurs Actuelles, Bruno de Cessole, consacre également une chronique à la parution de Fatigue du sens que vous pouvez lire ici.

Méfions-nous de l’idéologie du nomadisme !

1 Juil

Passionnante tribune de l’anthropologue Jean-Loup Amselle publiée dans Le Monde du 24 juin.

L’usage métaphorique des sociétés nomades est en vogue dans les sciences sociales et la philosophie où il revêt la forme de l’errance, du vagabondage, de l’exil, de l’esprit artiste, du flux, de la pensée ou de la raison nomade, en un mot de la « nomadologie ».

[…]

C’est dans les années 1970-1990, c’est-à-dire dans la conjoncture post soixante-huitarde, que se noue cette configuration. Avec la fin des « grands récits » (les Lumières, Hegel, le marxisme) et ses suites : l’émergence du postmodernisme, la déconstruction de la raison (occidentale) et de l’universalisme, la mode de l’écologie et la nouvelle philosophie, se fait jour la nécessité d’élaborer un modèle alternatif à la pensée dominante. C’est alors l’anthropologie qui en fournit les outils. Les sociétés nomades en général, et plus particulièrement les sociétés de chasseurs-collecteurs, sont ainsi présentées par Pierre Clastres comme un rempart contre l’Etat (La société contre l’Etat, 1974) ou par Marshall Sahlins comme la première forme de la « société d’abondance » (M. Sahlins « Age de pierre, âge d’abondance », 1976).

[…]

Or, précisément, la représentation que l’on se fait en Occident de ces sociétés nomades, sous la forme d’une sorte de mobilité essentielle, a été érigée en modèle par l’idéologie contemporaine, en particulier pour ce qui concerne le devenir de l’individu. De sorte qu’il s’est produit un glissement de sens, les modalités concrètes de fonctionnement de certaines collectivités humaines, à une certaine phase de leur histoire et dans un environnement géographique déterminé, devenant la façon optimale pour l’individu de se comporter dans la société postmoderne.

On peut ainsi observer une corrélation étroite entre la promotion de l’individu comme élément central et autonome des sociétés contemporaines et les besoins du capitalisme tardif en agents de production totalement flexibles et disponibles. En transposant sur l’individu les caractéristiques de sociétés passées et/ou exotiques, et en réemployant l’anthropologie libertaire des sociétés nomades, l’idéologie néo-libérale n’a pas seulement déshistoricisé les communautés de chasseurs collecteurs, elle leur a également emprunté, dans une optique « new age », certaines de leurs pratiques. Les coach-chamanes, la sophrologie et le « développement personnel », par exemple, font désormais partie de la panoplie d’adjuvants accompagnant la proclamation de l’autonomie de l’individu en tant qu’entrepreneur de lui-même.

Au jeune cadre dynamique toujours sur la piste d’un emploi mieux rémunéré correspond le « chasseur de têtes » qui traque les meilleurs éléments pour répondre aux besoins des multinationales qui l’emploient. Dans les sociétés de chasseurs-collecteurs, comme les Jivaros, on s’approprie le corps de son ennemi en réduisant sa tête pour l’exhiber comme trophée, dans notre société, c’est le capitalisme qui en individualisant le travailleur parvient le mieux à dévorer ses proies. Deux variantes de l’exploitation de l’homme par l’homme, en somme…

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