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Paul-Marie Coûteaux présente « la matrice d’une droite nouvelle »

6 Nov

Chronique de Paul-Marie Coûteaux publiée dans Valeurs actuelles le 3 novembre.

L’impuissance politique est devenue telle que l’on s’est au fond résigné à laisser agoniser dans la même chambre le vieux couple droite-gauche : du pareil au même. Leur opposition est d’autant plus brouillée que la droite a toujours fini par adhérer aux marqueurs de la gauche : tôt ralliée à son premier critère historique, le refus du veto royal, elle finit toujours par adhérer à ses thèmes de prédilection, les libertés sous toutes leurs formes, la démocratie sous toutes ses acceptions, et finalement la place majeure donnée au “progrès social” dans le projet politique.

Ces critères classiques de la gauche s’imposèrent les uns après les autres à tout le spectre – au point que le progrès social ne fut jamais aussi rapide que sous les présidences de droite Pompidou et Giscard. Quant au dernier des grands marqueurs de la gauche moderne, l’internationalisme converti en obsession du dépassement général des nations, c’est peu dire qu’une droite tout aussi moderne y communie à qui mieux mieux, en particulier dans l’universel dépassement européen et le non moins universel ralliement à l’Otan, version politique et militaire de l’américanisation générale des modes de vie, de la langue, des mots, des manières, etc. Bien malin, au bout du compte, qui pourrait aujourd’hui repérer des valeurs qui seraient en propre attachées à la droite. Il faudrait pourtant y réfléchir à l’aube d’une saison électorale où nul ne pourra gagner seul, en sorte que se composeront in fine des alliances au second tour. Aux triomphants paradigmes de gauche, quelles valeurs opposer ?

Notre hypothèse est que les “valeurs de la droite” se reforment ces dernières années, à bas bruit et sans mot, à l’occasion des débats dits “de société” : celui de l’identité nationale aussi bien que celui du gender ou des progrès de la génétique, de l’homoparentalité, des OGM, tous débats sur l’identité mettant en jeu deux conceptions inconciliables de la liberté, de l’homme et du monde. Pour saisir cette réaction encore en germe, il faut revenir au débat philosophique, et à cette très ancienne querelle qui opposa le progressiste Héra­clite à Parménide et à Platon. Le premier affirmait que tout n’étant que perpétuel devenir, que rien n’est pour toujours ce qu’il est ni ne relève d’aucune essence immuable (« on ne se baigne jamais dans la même eau »), chaque chose se prêtait au progrès infini. Les seconds affirmaient au contraire que le mouvement n’était qu’une suite de métamorphoses n’altérant pas la nature de chaque chose, son idée, son essence : ce n’est pas la même eau, mais c’est toujours le même fleuve…

Clairement formulée dans certains dialogues socratiques (surtout dans le magistral Cratyle), cette opposition court à travers toute la philosophie européenne jusqu’à son avatar contemporain, l’existentialisme, qui, prétendant que les hommes peuvent se choisir eux-mêmes (jusqu’à choisir leur sexe selon la théorie du gender), a battu à plates coutures l’essentialisme platonicien. On nia en bloc toute na­ture, aussi bien celle de la femme (il est obligatoire de penser depuis Beauvoir que l’« on ne naît pas femme, on le devient ») que de la mère, ou du père, ou de l’homme (invoquer la virilité est réputé fasciste, au mieux “machiste”), comme on nia dans l’ordre politique qu’il existât une nature, âme ou identité, des nations : la moindre référence à une identité française, ou allemande, ou arabe, devint une intolérable “essentialisation”, at­tentatoire au mélange européiste ou mondialiste, voire condamnée pour racisme – arme omniprésente du tribunal existentialiste. Comme il est devenu ringard d’évoquer l’identité d’un animal (des bovidés, n’a-t-on pas voulu faire des carnivores ?), d’un légume, que les OGM modifient génétiquement, c’est-à-dire dans leur nature ; ou d’invoquer une essence de l’homme face aux applications de la génétique, prometteuses pour les uns, inquiétantes pour les autres…

Fait nouveau, cette dénaturation générale est devenue menace plus que promesse : en somme, elle commence à faire débat. Chrétiens, écologistes, humanistes à l’ancienne (qui invoquent une nature immuable de l’homme) mettent en doute ces infinis progrès, refusant d’admettre que le monde et les hommes ne sont plus que matière plastique : cette réaction est à mon sens la matrice d’une droite nou­velle, dont on voit déjà, contre le délire multiculturel niant à angle droit les identités, une certaine résurgence sous la forme du populisme, nouvelle revendication de peuples désireux de rester ce qu’ils sont, défendre leur identité et ses attributs majeurs, souveraineté, frontière, nationalité…

Un tel rappel des nations, des choses et des êtres à leur nature propre pourrait instruire une cosmogonie de droite qui n’accepterait pas sans examen les dérives du progrès au point de laisser la technique, ses traductions commerciales et ses étendards libertaires recomposer le monde. La droite aurait grand intérêt à réfléchir à ce critérium, qui élargirait son champ politique en incluant une partie de la réflexion dite “écologiste”, réconcilierait ses fractions sur la pérennité de la nation et de ses héritages – et remettrait sur le métier sa réflexion politique, laquelle ne saurait être éternellement tenue pour superflue.

Lire aussi :

Tempête en vue

Compromis historique

Le ministère de l’Intérieur et l’antiracisme

La fable de la mixité urbaine

19 Oct

Dans une tribune publiée dans Le Monde Christophe Guilluy, géographe et auteur du réputé Fractures françaises, démonte le mythe de la mixité. L’analyse est connue mais espérons que le caractère indépendant du signataire et la nature gaucho du journal permettront d’ouvrir les yeux d’un plus grand nombre.

« Convaincus de la supériorité du modèle républicain, en comparaison du modèle communautariste anglo-saxon, nous nous sommes longtemps bercés d’illusions sur la capacité de la République à poursuivre, comme c’était le cas par le passé, « l’assimilation républicaine ».

La réalité est que, depuis la fin des années 1970, ce modèle assimilationniste a été abandonné quand l’immigration a changé de nature en devenant familiale et extra-européenne (pour beaucoup originaire de pays musulmans). Alors que l’on continuait à s’enorgueillir du niveau des mariages mixtes, les pratiques d’évitement explosaient.

Aujourd’hui, le séparatisme culturel est la norme. Il ne s’agit pas seulement d’un séparatisme social mais d’abord d’un séparatisme culturel. Pire, il frappe au coeur des classes populaires. Désormais, les classes populaires d’origine étrangère et d’origine française et d’immigration ancienne ne vivent plus sur les mêmes territoires. Les stratégies résidentielles ou scolaires concernent une majorité de Français, tous cherchent à ériger des frontières culturelles invisibles. Dans ce contexte, la fable des mariages mixtes ne convainc plus grand monde et ce d’autant plus que les chiffres les plus récents indiquent un renforcement de l’endogamie et singulièrement de l’homogamie religieuse.

[…]

Si un islam identitaire travaille les banlieues, l’adhésion pour les thèses frontistes d’une part majoritaire des classes populaires de la France périphérique souligne que la question sociale est désormais inséparable de la question culturelle. »

Sur le même sujet :

Fractures françaises, de Christophe Guilluy

Paul Thibaud : L’immigration, parlons-en !

Le porte-parole de Chevènement lui aussi contre le droit de vote des étrangers

19 Oct

Pour prouver, s’il en est encore besoin, que la véritable opposition se joue entre les mondialistes et les nationalistes et non plus entre « la gauche » et « la droite », voici un extrait d’une tribune de Julien Landfried, porte-parole de Jean-Pierre Chevènement, consacrée au droit de vote des étrangers aux élections locales publiée comme celle de Michèle Tribalat sur le site d’info Atlantico.

« Jean-Pierre Chevènement, dans son dernier livre Sortir la France de l’impasse, s’est opposé au droit de vote des étrangers aux élections locales. Il y a en effet fusion en France, du moins depuis la décolonisation, entre les principes de nationalité et de citoyenneté. Il s’agit à la fois d’un principe solidement ancré dans notre tradition politique et dans notre culture : qui est Français peut voter, et tout Français « pèse » autant qu’un autre (« un homme égal une voix »).

Si l’on ajoute que la France pratique une politique de naturalisation généreuse, issue de sa tradition assimilationniste (malheureusement tombée en disgrâce depuis les années 70-80), on peut estimer que cette fusion entre nationalité et citoyenneté constitue un principe solide et ouvert, puisque les étrangers peuvent en bénéficier sous réserve bien entendu de demander leur naturalisation. La proposition des socialistes et d’une très large partie de la gauche de donner le droit de vote aux étrangers aux élections locales rompt avec cette logique, puisqu’elle dissocie nationalité et citoyenneté, en donnant à des non-nationaux une partie des prérogative de citoyenneté des nationaux. Elle sous-entend d’ailleurs en creux qu’il serait difficile pour les étrangers de devenir français, ce que les chiffres démentent. Cela ferait par ailleurs courir le risque, dans certaines communes notamment de la région parisienne, à des votes ethniques ou communautaires qu’il faut au contraire éviter. »

Sur le même sujet : Michèle Tribalat contre le droit de vote des étrangers

Michèle Tribalat contre le droit de vote des étrangers

19 Oct

La démographe Michèle Tribalat, auteur notamment de Les yeux grand fermés, explique dans une tribune publiée le  17octobre sur atlantico pourquoi accorder le droit de vote aux étrangers serait contraire à l’idée même de Nation. Extraits.

« On parle souvent de manière impropre d’accorder le droit de vote aux immigrés. Or, ceux qui ont acquis la nationalité française sont déjà en capacité de voter. Ils représentent quatre immigrés sur dix. Sur près de 12 millions de personnes d’origine étrangère (immigrées ou ayant au moins un parent immigré), seules 30 % sont de nationalité étrangère. Elles le sont par choix ou parce qu’elles sont en attente d’être éligibles, mais très rarement suite à un refus de l’administration française.Plus d’un tiers de ces étrangers sont originaires d’un pays de l’UE et, à ce titre, sont (ou seront à leur majorité) autorisés à voter aux élections locales et européennes. Pour les autres (moins de deux millions de personnes en âge de voter), ils ne sont pas privés de citoyenneté puisqu’ils peuvent voter lors des élections organisées dans leur pays d’origine. […]

C’est une proposition entièrement tournée vers l’intégration des immigrés et de leurs familles et  qui ne regarde jamais l’autre versant : que devient le sens de l’appartenance nationale pour les Français en général ? Traditionnellement, elle avait un sens politique exigeant que l’on s’élève au-dessus des particularismes pour partager un projet fondé sur des valeurs. L’extension du droit de vote aux étrangers extra-communautaires introduit l’idée selon laquelle la résidence, en elle-même, donne un droit de citoyenneté et que celui-ci devrait faire partie des droits inhérents à la nature humaine, que l’on transporte avec soi là où il nous plaît d’aller. Ce faisant, on renvoie les Français à une identité plus ethnique et culturelle que la conception politique de la nationalité cherchait justement à dépasser. Cela fait d’eux un groupe particulier parmi d’autres.

Cette conception d’un droit de vote lié à la résidence légitime l’idée selon laquelle la citoyenneté c’est d’abord défendre ses intérêts particuliers, là où l’on se trouve, sans avoir nécessairement à s’inscrire dans l’histoire d’un peuple ni à se préoccuper de son destin. Ne faudrait-il pas alors donner le droit de vote aux enfants ?

Echange intégral entre Cohn Bendit et Le Pen au Parlement européen

15 Sep

L’Express ouvre les yeux sur la nature ethnique des émeutesau Royaume-Uni

17 Août

Le 16 août dernier, lexpress.fr publie un article-bilan sur les émeutes qui ont survenues au Royaume-Uni. C’est avec un joyeux étonnement que nous remarquons que, une fois n’est pas coutume, un média généraliste s’écarte des sages analyses du camp du Bien expliquant les violences par les inégalités et les discriminations dont sont victimes leurs auteurs. Extraits.

Les émeutes urbaines laissent la classe politique désemparée. Censé organiser le « vivre ensemble », le modèle multiculturel britannique a engendré de nouvelles formes de racisme. Et une partie de la jeunesse, à la dérive, n’a d’autre horizon que la culture de la violence.

[…]

Cette flambée de violence laisse néanmoins ouverte la question délicate de l’intégration de populations issues de l’immigration et du fragile équilibre entre communautés. Certes, à Manchester, ce sont des jeunes de toutes origines qui ont attaqué le centre-ville. Mais au départ, à Londres, même si les médias et la police ont pris soin de ne pas le souligner, il s’agissait bien d’une émeute ethnique. La mort, dans des circonstances qui restent à élucider, d’un jeune Anglo-Caribéen, Mark Duggan, poursuivi par la police, et les rumeurs qui se sont ensuivies ont enflammé des jeunes Antillais. Lesquels ont attaqué la police et pillé des commerces. Au tribunal de Westminster, quelques jours plus tard, le défilé des personnes interpellées confirmait la large appartenance des fauteurs de trouble à cette communauté.

Plus inquiétant encore, les témoignages égrenés par les médias ont laissé apparaître le racisme des casseurs. Ici, un jeune homme blond humilié et dépouillé de ses vêtements par un trio de jeunes Caribéens ; là, un étudiant malaisien à la mâchoire brisée. A Hackney, une grand-mère antillaise de 45 ans, Pauline Pearce, s’est interposée avec sa canne alors que des émeutiers tabassaient un passant qui avait eu la mauvaise idée de prendre des photos sur son téléphone portable. « Vous êtes en train d’en faire un affrontement entre Noirs et Blancs ! » leur a-t-elle hurlé. « Mais c’est ce que nous voulons ! » ont-ils répondu. « Effondrée », la quadragénaire dit « ne plus comprendre les jeunes d’aujourd’hui ».

[…]

« Si la police a tardé à réagir, juge Douglas Murray, analyste à la Henry Jackson Society, c’est à cause du poids du politiquement correct. Accusée à tout bout de champ de racisme institutionnalisé et de brutalité, elle n’ose plus intervenir face aux délinquants, a fortiori lorsqu’ils sont noirs. » En février dernier, dans un discours remarqué prononcé à Munich, David Cameron avait estimé que, « avec la doctrine du multiculturalisme d’Etat, nous avons encouragé différentes cultures à vivre séparées les unes des autres et en marge du courant majoritaire ». Le climat de tension ethnique de la semaine dernière lui aura donné raison.

Sur ce sujet :

Sur les troubles de Londres

Sur un début de prise de conscience de M. David Cameron

L’antiracisme totalitaire sévit au Royaume-Uni

Sur les troubles de Londres

12 Août

Communiqué du parti de l’In-nocence publié sur son site mercredi dernier.

Le parti de l’In-nocence juge stupéfiant que les troubles extrêmement graves qui ravagent la capitale anglaise soient une fois de plus analysés sans rire, par les médias français comme par les médias britanniques et occidentaux en général, comme la conséquence inévitable du racisme, de la ségrégation et des inégalités diverses dont seraient victimes les actuels fauteurs de troubles et leurs familles de la part de la société d’accueil, qui justement aurait failli lamentablement dans l’accueil qu’elle leur prodigue depuis des générations, mal et insuffisamment s’il faut en croire la majorité médiatique. On apprend ainsi avec amusement que la mixité sociale, tant vantée et tant désirée de ce côté-ci de la Manche, est dénoncée de l’autre comme une provocation à l’égard des ex-« minorités ethniques”, exposées au spectacle insupportable de populations autochtones vivant dans une relative prospérité. L’ensemble des raisonnements avancés à l’occasion des événements récents présente l’éternelle structure exégétique qui attribue aux femmes violées la responsabilité des viols qu’elles subissent (elles n’avaient qu’à dissimuler leurs charmes…) et aux Israéliens celle des bombardements et attaques terroristes qu’ils essuient (ils n’avaient qu’à ne pas réagir aux précédents…).

Le parti de l’In-nocence attend avec impatience le moment où les colonisés de France et de Grande-Bretagne se réveilleront enfin, face à la réalité des agressions conquérantes dont ils sont quotidiennement les victimes, de l’hébétude où les ont plongés, sous les vieilles lunes du prétendu antiracisme, les palilalies gâteuses du complexe médiatico-politique, qui dans la droite ligne de toutes les propagandes colonialistes veulent faire passer la conquête pour une juste réaction aux turpitudes des conquis. La vérité est que les prétendus “révoltés” de France et de Grande-Bretagne ont depuis des lustres le quasi-monopole de la nocence dans l’une comme dans l’autre société, que leur nocence est l’instrument de leur conquête, que des sommes colossales sont chaque jour englouties en vain pour tâcher d’acheter une tranquillité et une intégration dont ils ne veulent à aucun prix puisqu’ils voient bien que c’est leur intranquillité et la désintégration qu’elle amène qui assurent leur emprise sur le territoire et fait indéfiniment monter les enchères. Jamais peuples au cours de l’histoire n’auront payé aussi cher que les nôtres pour céder leur propre pays, son indépendance, sa liberté, sa paix civile, sa dignité.

Philippe Carrese n’a plus envie

4 Août

« J’ai plus envie » est une chronique de l’écrivain marseillais Philippe Carrese parue en 2006 dans le défunt magazine « Mars Mag ».

J’ai plus envie…

J’ai plus envie de me prendre le quart-monde dans la gueule chaque fois que je mets un pied sur la Canebière.

Je m’apprêtais à écrire une chronique rafraîchissante pour un magazine d’été riant, bien décidé à taire mes énervements habituels. J’avais pris de bonnes résolutions, rangé ma parano dans ma poche et mes colères avec mes tenues d’hiver, au fond d’un placard. Je m’apprêtais même à faire de l’humour. Quelques fois, j’y arrive. Mais voilà… Une randonnée pédestre éprouvante entre les Cinq Avenues et le cours d’Estienne d’Orves a sapé mon moral et éradiqué mes résolutions optimistes.

J’ai plus envie de relativiser. J’ai plus envie de faire de l’humour. Et j’ai plus envie de subir ce cauchemar quotidien…

J’ai plus envie de supporter toute la misère du monde à chaque coin de rue.

J’ai plus envie de slalomer sans cesse entre des culs-de-jatte mendiants, des épaves avinées et des cartons d’emballages de fast-foods abandonnés sur le bitume chaotique du premier arrondissement.

J’ai plus envie de cette odeur de pourriture qui me saute à la gorge, de cette odeur d’urine à tous les angles de travioles, de cette odeur de merdes de chiens écrasées sur tous les trottoirs, de ces relents de transpiration et de crasse sur les banquettes arrière du 41.

J’ai plus envie de perdre des heures en bagnole dans un centre-ville laid, dévasté par manque total de prise de conscience individuelle et d’organisation collective.

J’ai plus envie de voir ma difficile survie professionnelle lézardée par des bureaucrates en R.T.T, assenant au petit peuple que la voiture est un luxe inutile, eux qui n’ont sans doute plus pris un metro depuis des lustres.

J’ai plus envie de me retrouver sur le parvis de la gare Saint Charles à onze heures du soir avec mes jambes et ma mauvaise humeur comme alternative à l’absence totale de transports en commun et à la présence suspecte de rares transports individuels qui frisent l’escroquerie.

J’ai plus envie.

J’ai plus envie de baisser les yeux devant l’indolence arrogante de jeunes connards.

J’ai plus envie de jouer les voitures-balais pour de malheureux touristes étrangers bouleversés, fraîchement dévalisés par des crétins sans loi ni repère.

J’ai plus envie de me retrouver à chercher des mots d’apaisement et à soliloquer des propos hypocrites sur la fraternité et la tolérance lorsque mes enfants se font racketter en bas de ma ruelle.

J’ai plus envie de me laisser railler par ces troupeaux d’abrutis incultes, vociférants et bruyants au milieu des trottoirs qui n’ont qu’une douzaine de mots à leur vocabulaire, dont le mot « respect » qu’ils utilisent comme une rengaine sans en connaître le sens.

J’ai plus envie de contempler mon environnement urbain saccagé par des tags bâclés et des graffitis bourrés de fautes d’orthographe. L’illettrisme est un vrai fléau, il plombe même l’ardeur des vandales.

Et aussi

J’ai plus envie de voir les dernières bastides mises à bas, les derniers jardins effacés d’un trait négligent sur des plans d’architectes en mal de terrains à lotir.

J’ai plus envie de cette ville qui saccage son passé historique sous les assauts des promoteurs (le comblement de l’îlot Malaval est une honte).

J’ai plus envie de cette ville qui perd sa mémoire au profit du béton.

Et encore

J’ai plus envie d’écouter poliment les commentaires avisés des journalistes parisiens en mal de clichés, plus envie d’entendre leurs discours lénifiants sur la formidable mixité marseillaise. Elle est où, la mixité ? De la rue Thiers au boulevard des Dames, la décrépitude est monochrome.

J’ai plus envie de traverser le quartier Saint Lazare et de me croire à Kaboul.

J’ai plus envie non plus de me fader encore et toujours les exposés béats de mes concitoyens fortunés, tous persuadés que le milieu de la cité phocéenne se situe entre la rue Jean Mermoz et le boulevard Lord Duveen. Désolé les gars, le centre ville, à Marseille, c’est au milieu du cloaque, pas à Saint Giniez. Tous les naufrages économiques de l’histoire récente de ma ville tournent autour de cette erreur fondamentale d’appréciation de la haute bourgeoisie locale.

J’ai plus envie de ce manque d’imagination institutionnalisé, plus envie de palabrer sans fin avec des parents dont la seule idée d’avenir pour leur progéniture se résume à : « un boulot à la mairie ou au département ».

J’ai plus envie d’entendre les mots « tranquille » « on s’arrange » « hé c’est bon, allez, ha » prononcés paresseusement par des piliers de bistrots.

J’ai plus envie de ce manque de rigueur élevé en principe de vie.

J’ai plus envie de l’incivisme, plus envie de la médiocrité comme religion, plus envie du manque d’ambition comme profession de foi.

J’ai plus envie des discours placebo autour de l’équipe locale de foot en lieu et place d’une vraie réflexion sur la culture populaire. J’ai plus envie non plus de me tordre à payer des impôts démesurés et de subir l’insalubrité à longueur de vie.

J’ai plus envie de m’excuser d’être Marseillais devant chaque nouveau venu croisé, décontenancé par sa découverte de ma ville… Ma ville !

Et pourtant, Marseille…

Pourquoi j’ai plus droit à ma ville ? Merde !

Source : blog de Philippe Carrese

Sur l’exploitation éhontée de la tragédie d’Oslo par les procureurs du Bien

28 Juil

Communiqué du parti de l’In-nocence publié sur son site le mercredi 27 juillet.

Le parti de l’In-nocence constate sans surprise que la tragédie d’Oslo donne lieu à une exploitation idéologique sans scrupules de la part des antiracistes dogmatiques, qui n’ont pas même la décence d’attendre que le deuil national norvégien se soit assez exprimé pour rendre responsables de l’événement ceux qu’ils considèrent comme des ennemis politiques à abattre par tous les moyens. Ne reculant devant aucune des vieilles ficelles staliniennes, et dressant sans tarder un acte d’accusation les défaussant de leurs propres responsabilités (écrasantes du fait de leur complicité avec le système médiatico-industriel en tant que hérauts du Bien pavant avec méthode et obstination un Enfer comme on n’en a jamais imaginé), ils pratiquent à tour de bras sophismes et paralogismes pour justifier leurs attaques et leur appel à plus de répression politique, à plus de contrôle judiciaire, à plus d’interdiction de penser librement, à plus d’empêchement à dire ce que tout le monde voit, et de mieux en mieux.

Le parti de l’In-nocence considère que doivent être plutôt remis en question l’antiracisme dogmatique d’aujourd’hui et l' »ouverture » univoque et à tout crin, la réduction du débat public, sa soumission à une idéologie régnant sans partage, sans réplique possible, fondée sur une Morale aussi douteuse et fausse que toute-puissante, sur un répertoire émotionnel frelaté et sans cesse manipulé par tous les moyens médiatiques et de propagande. C’est le passage d’un combat légitime en son temps à une idéologie totalitaire, transformant une réaction éthique en un système mortifère, désireux d’établir à toute force un racisme sans races — folle exigence idéologique basée sur un mot qui dès lors se mord la queue —, entretenant le ressentiment contre les représentants d’une ancienne domination éternellement vouée aux gémonies, qui suscite partout les conditions d’explosions de violence, de pogroms et de tous les préludes à une guerre civile généralisée du genre humain, particulièrement sur le sol européen, que seuls un courage politique et une détermination à sortir de cette folie en retrouvant le bon sens le plus élémentaire permettront de juguler.

Le parti de l’In-nocence conçoit son action en ce sens, et ce qui vient de se produire le renforce dans la conviction de la justesse de son combat, et de son urgence.

Sur ce sujet :

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« L’étonnante vie des Africains de Paris »

9 Juil

Un peu de réel ne fait jamais de mal. Surtout qu’on n’y est plus habitué.