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Luchini, un néo-réac pour Christophe Conte

4 Août

« T’es plus mon copain, sale réac ! ». C’est en substance ce que débagoule Christophe Conte, fier comme un gamin, dans un courrier public (oxymore qui n’en est aujourd’hui plus un) à l’attention de Fabrice Luchini. Ce chef de rubrique aux Inrocks publie son réquisitoire sur son blog au nom terriblement rebellocrate (cf Philippe Muray), Carrément Méchant. Le pêché de Luchini : avoir assimilé dans Le Figaro le festival d’Avignon à une secte. Pour Christophe Conte, ce fut la petite goutte qui fit déborder le vase de son indignation. Voici mon passage préféré de ce fastidieux catéchisme postmoderne.

« En venant à la rescousse d’une polémiste du Figaro, ce journal qui est devenu ton miroir, Beaumarchais bon marché, pour déclarer que le Festival d’Avignon était désormais « le lieu d’une secte », tu t’es clairement rangé derrière la pancarte des néoréacs qui voudraient figer la France dans le formol artistique de l’avant-chienlit gaucho-décadente. A croire qu’à force de te faire le porte-voix de charognes talentueuses comme Céline ou Philippe Muray, leur venin t’était monté au citron pour ressortir, à peine mentholé d’une bonhomie de surface, par l’orifice de ta grande gueule. »

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Zemmour, Luchini et d’autres signent le Cahier Philippe Muray

28 Mai

L’essayiste Philippe Muray, révélé au grand public par les lectures de Fabrice Luchini, fait en septembre prochain l’objet d’une publication collective, dirigé par Maxence Caron et Jacques de Guillebon – avec les contributions, entre autres, d’Eric Zemmour et Fabrice Luchini – à paraître aux éditions du Cerf en septembre.

Y a-t-il un Muray après Luchini ? Les éditions du Cerf se plaisent à le croire et préparent, pour le prouver, un Cahier d’histoire de la philosophie consacré à Philippe Muray.

On y trouve des textes inédits du philosophe – dont voici quelques titres en amuse-bouche, « Adresse au petit homme », « Ce qui m’amuserait maintenant » – et des extraits – inédits aussi – de son journal. Mais on découvre aussi des témoignages de quelques héritiers ou complices intellectuels tels qu’Eric Zemmour, Jean Clair ou François Taillandier. Fabrice Luchini explique le sens qu’il donne au fait de « dire Muray », Benoît Duteurtre confie que, pour lui, « Muray est une fête », Bernard Quiriny adresse une « Lettre anthume à Muray posthume », tandis que Pierre-André Taguieff explique « Pourquoi Muray nous manque ». Publication prévue : septembre 2011.

Maxence Caron annoncera officiellement cette parution sur France Culture, dans l’émission « Une vie, une oeuvre » consacrée à Philippe Muray dimanche 19 juin entre 16h et 17h.

Source : MyBoox

Comprendre la pensée Muray en quelques minutes

6 Mai

A lire ici une synthèse à mon sens très juste de la pensée de Philippe Muray.

Deleuze, Muray: ils n’aimaient pas Apostrophes

17 Avr

Article publié sur lexpress.fr le 5 avril.

Aujourd’hui et plus vivement qu’avant-hier, la « chaîne du livre  » dit sa dette à Bernard Pivot ; les auteurs des critiques les plus féroces ne sont plus. Remonté contre les « nouveaux philosophes » reçus à Apostrophes, Gilles Deleuze (1925-1995) dénonça l’avilissement de la littérature qu’aurait occasionné ce « spectacle de variétés ». Philippe Muray (1945-2006) estima que, sans être le seul responsable de la « destruction de la littérature », Pivot avait hâté sa liquidation, en mettant en vedette l’auteur bien plus que l’oeuvre, et en justifiant ses plateaux par le choix d’un thème. « Quel écrivain de la période historique, interroge Muray (L’Atelier du roman, 2001), aurait consenti à figurer dans un groupe parce qu’on allait y parler, cette semaine-là, du chocolat, cette autre de la Passion du Christ, cette autre encore des chaussures à crampons, de la francophonie, de la mort, de l’enfance […] ? » Condamnés « à se supporter comme des cochons d’Inde entre eux » et « à se montrer sous leur meilleur profil », poursuit Muray, les invités de Pivot ne se doutent pas qu’ils expérimentent… la télé-réalité ! A l’exemple d’un Guy Debord, c’est moins tel présentateur que l’irrésistible attraction médiatique que déplorait Muray.

Les « Lumières » contre nos racines

27 Mar

Courrier de Jérôme Besnard, membre du bureau politique du Centre National des Indépendants et Paysans, publié le 2 mars sur le blog Les 4 Vérités Hebdo.

Dans sa chronique du Figaro du 17 février 2011, Luc Ferry traite l’écrivain Philippe Muray de « myope extralucide ». L’ancien ministre de l’Éducation nationale voit dans son œuvre une « haine de la démocratie ».

[…]

À la différence de Luc Ferry, il [Philippe Muray, NDLR] perçoit l’homme comme un héritier, un être historique enraciné dans des communautés, le dépositaire d’une accumulation de piétés, de culture et de fidélités. L’homme contemporain, que défend Ferry, est celui que Philippe Muray critiquait : l’Eu­ropéen moyen. Un être qui tend à orienter sa vie autour de la fête, du culte de la jeunesse et du tourisme de masse, en cela parfait adhérent de l’« Asso­ciation démocratique des pérégrineurs de l’extrême » : l’homo festivus.

[…]

Pour lui la politique et la religion devaient permettre le réenchantement d’un monde rendu exsangue par l’ombre des Lu­mières. De quoi évidemment ef­frayer un kantien comme Ferry. S’il passe à l’attaque dans le Figaro, c’est que le succès posthume de Muray inquiète. Le triomphe de Fabrice Luchini au théâtre dans ses lectures de Muray agace certains milieux parisiens qui y voient une dé­monstration de saltimbanques insupportable à leurs honnêtes yeux d’agrégés sorbonnards.

Jérôme Besnard

Interview de Philippe Muray dans la revue Médias

12 Mar

Dans son numéro de décembre 2005, le magazine mensuel Médias interroge Philippe Muray. Extraits.

Sur la droite :

La droite n’est même plus capable, comme autrefois les conservateurs, de défendre ce qui reste des anciennes valeurs patriarcales ou de la notion de dignité personnelle, noyées comme le reste, et par elle aussi bien que par les autres, dans les « eaux glacées du calcul égoïste » – pour parler comme Marx. Elle n’a même plus les armes conceptuelles minimales qui lui permettraient de repérer, dans d’infimes ou importants phénomènes comme ceux que j’ai regroupés sous le nom global de « festivocratie », des événements essentiels, chargés de sens et de mystère, et d’y voir à l’œuvre les différentes étapes d’un meurtre psychique méthodique accompli au nom du Moderne le plus implacable. Elle n’y voit, au mieux, que des divertissements plus ou moins réussis. Et elle finit en toute inconscience par les adopter avec enthousiasme quoique avec retard. Ce qui fait qu’elle couvre d’éloges la Nuit blanche ou Paris-Plage, quand même Libération commence à s’en détourner comme de quelque chose qui serait devenu trop plouc.

 

Sur l’antiracisme :

Je me souviens d’avoir assisté au premier concert de SOS Racisme, je crois que c’était en 1985, sur la place de la Concorde. Je sentais bien que quelque chose d’important se produisait alors, et pas du tout dans le sens où la chose était unanimement chantée. C’est d’ailleurs pour cette raison que je m’étais déplacé. Là aussi, là déjà, il s’agissait d’un oui conçu comme un monde sans non : car il n’y a pas d’antagonisme à l’antiracisme. Qui serait assez écœurant pour se dire raciste ? Même Le Pen tergiverse à ce sujet. La montée en extase, collective et sociale, de l’antiracisme est probablement, en France, le premier phénomène de cette longue série d’événements modernes, donc sans alternative, sans opposition avouable et même viable, sans contraire, et pour ainsi dire sans ombre, dont il convient de prendre la mesure non pas pour en faire l’histoire mais pour les pousser plus loin, les démesurer afin, encore une fois, de les faire voir. C’est quand s’élabore une « lutte » où le combattant héroïque de la Juste Cause représente 90 % de la population, et où l’adversaire abject se tait et se terre, qu’apparaît dans sa gloire comique et épique cette figure essentielle et totalement inédite de la modernité qu’est le mutin de Panurge.

 

Sur le rebelle de confort :

C’est Pyrgopolinice, le miles gloriosus de Plaute (le « soldat fanfaron »), mais revu et corrigé par la débâcle moderne. C’est lui qui, partout, sur la scène de l’époque, porte éloquemment et interminablement le deuil du monde tel qu’il devrait être. C’est le Travailleur éminent du deuil. C’est un personnage essentiel. Il appartient au monde du Deuil comme les aliments surgelés appartiennent à la chaîne du froid. C’est lui aujourd’hui qui se roule par terre et fait pipi sur les planches d’Avignon au nom de l’art qui doit toujours avancer en dérangeant et déranger en avançant ; c’est lui qui organise des « championnats du monde de pose de préservatif » – oui, oui, ça existe, dans le cadre du festival Rock en Seine et au nom du combat iconoclaste contre le sida ; c’est lui qui viole les principes élémentaires de la République en imposant la prétendue « parité », les quotas par sexe ou la discrimination dite positive ; c’est lui qui étrangle dans l’indifférence générale, et malgré l’avis négatif de la Commission nationale consultative des droits de l’homme, la liberté de parole en obtenant le vote d’une loi inouïe contre les propos « sexistes » et « homophobes » – je suis obligé, pardonnez-moi, de prononcer ces mots entre guillemets. C’est enfin lui qui invente ce magnifique slogan oxymorique que je viens tout juste de découvrir et qui annonce une grande soirée de mobilisation contre les discriminations au Zénith : « Tous égaux, tous en scène ! » On n’en finirait pas, je n’en finis pas de conter ses exploits.

Lire l’article en intégralité

Luchini, Zemmour, Chalmin… rendent hommage à Philippe Muray

3 Mar

Article publié dans L’Express du 2 mars.

Avec ses lectures au Théâtre de l’Atelier, Fabrice Luchini est pour quelque chose dans le rayonnement que connaît l’oeuvre de Philippe Muray – disparu le 2 mars 2006 à Paris, à 60 ans, après avoir été ignoré de son vivant par les Dr Knock de la culture. Mais le comédien est moins seul que jamais à porter ses couleurs. En témoigne l’hommage collectif de 800 pages que publient à la rentrée prochaine les éditions du Cerf. Directeur de la collection Les Cahiers d’histoire de la philosophie, Maxence Caron réunira une quarantaine de contributions. Celles de Jean Clair, d’Alain Besançon ou d’Eric Zemmour, mais aussi celles de nouveaux talents, tels que Olivier Souan, Alexandre de Vitry ou Pierre Chalmin. Auteur d’un Dictionnaire des injures littéraires, ce dernier promet cette fois-ci un certain Entretien avec le professeur M., « où l’on voit, précise Maxence Caron, Céline engueuler Muray, et Muray engueuler Céline ». L’éditeur ajoutera un essai personnel sur la modernité réactionnaire : Muray, la femme et Dieu (Artège). Muray était à l’école de Baudelaire. Ses jeunes lecteurs aussi. A l’exemple de Bernard Quiriny, l’auteur des Assoiffées (Seuil), dont les visiteurs du Salon du livre du Mans ont entendu le 16 octobre 2010 l’adresse lors de l’hommage rendu avec Aude Lancelin, Elisabeth Lévy et Eric Naulleau : « Et vous-même étiez moderne, le plus moderne des modernes peut-être, puisque est moderne celui qui se tient à l’écart de la bêtise de son temps. » Prochain antidote : le premier tome de l’explosif Journal de Muray, annoncé pour 2012.

La Fnac décerne un coup de coeur à Festivus, Festivus

16 Oct

En complément de l’article de Bruno de Cessole publié hier, notons que la Fnac rejoint la quasi unanimité médiatique dans l’encensement de Muray, en offrant une place de choix au massif Essais de l’auteur et en décernant un « coup de coeur » à Festivus, Festivus. Pas sûr que Muray aurait apprécié…

Philippe Muray triomphe “post mortem”

15 Oct

Article signé Bruno de Cessole, publié dans Valeurs Actuelles du jeudi 14 octobre.

Faut-il en rire ou en pleurer, s’en féliciter ou s’en méfier ? Grâce à un spectacle destiné initialement à quelques happy few et à l’immense talent de Fabrice Luchini, Philippe Muray ressuscite, quatre ans après sa disparition. Au théâtre de l’Atelier, depuis le printemps, les spectateurs se pressent pour écouter et applaudir l’acteur dire, avec une jubilation et une gourmandise communicatives, quelques-uns des textes les plus savoureux et les plus iconoclastes de l’auteur d’Exorcismes spirituels et de Minimum respect. Un public manifestement cultivé et informé, sensible aux allusions et aux références de l’interprète, de Céline à Cioran, et qui ne manque pas, après le spectacle, de se précipiter sur les exemplaires des livres dont sont extraits les textes qui l’ont fait rire et réfléchir. Par ce truchement d’une parole inspirée, le “maudit” revient sur le devant de la scène et, de Libération au Nouvel Observateur, se voit porté aux nues et encensé par ceux-là mêmes qui l’ignoraient ou le vilipendaient dix ans plus tôt. Jolie revanche, hélas posthume!

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Sur le même sujet :

« Luchini lit Tombeau pour une touriste innocente de Muray »

« Le rire libérateur de Philippe Muray »

« Un numéro spécial de Causeur spécial Philippe Muray »

« Fabrice Luchini : avec Muray un contre-pouvoir est possible »

Luchini lit Tombeau pour une touriste innocente de Muray

25 Sep

Fabrice Luchini reçoit Le Figaro Magazine dans sa loge avant son spectacle au théâtre de l’Atelier, à Paris, où il lit des textes de Philippe Muray. En exclusivité : Tombeau pour une touriste innocence.

Lire l’article du Figaro magazine publié le 24 septembre.