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Entretien de Jean Sévillia dans le journal de l’Action française

4 Déc

Extrait d’un entretien donné par l’historien Jean Sévillia au journal de l’Action française.

« La manipulation des esprits par l’idéologie officielle ne date pas d’aujourd’hui. L’école de Jules Ferry, derrière sa neutralité apparente, développait un projet éminemment politique : former des citoyens républicains échappant à l’influence de l’Eglise. Mais le politiquement correct a pris tant d’importance, aujourd’hui, parce qu’il se situe à un carrefour. Evolution de l’idéologie dominante en premier lieu. Les années d’après-guerre ont été dominées, dans le milieu intellectuel, par le communisme version soviétique. Après le choc de 1956 – le rapport Khrouchtchev, la révolte de Budapest écrasée dans le sang – de nombreux intellectuels rompent avec le PC tout en restant marxistes. Le tiers-monde, dans les années 1960, sert d’exutoire à leur espoir : c’est de Chine ou de Cuba que viendra la révolution. Suit Mai 68, qui est, en dépit des apparences, une révolte individualiste contre les deux puissances de l’époque : l’Etat gaulliste et le parti communiste. Les idées de Mai touchent toute la société. A droite, le giscardisme en sera l’héritier, avec ses réformes sociétales directement issues de 68. A gauche, le PC entame son déclin, qui mettra quinze ans à s’accomplir. A la patrie, paradigme gaulliste, la droite préfère le libéralisme. A la révolution, paradigme marxiste, la gauche préfère désormais les droits de l’homme, la liberté de l’individu. A la fin des années 1980, quand le système soviétique s’effondre, la gauche est déjà ralliée aux lois du marché, et la droite a adopté la révolution des mœurs venue de la gauche.

D’où une convergence entre droite et gauche, dans les années 1990, qu’on a appelée le libéralisme libertaire, nourrissant une vision commune de l’homme et de la société. La planète est un marché, le monde est une sphère de libre-échange humain, matériel, financier et culturel, où les frontières doivent tomber parce que les concepts de nation ou de civilisation sont caducs. Toutes les cultures se valent, l’individu est libre de choisir ses idées et ses valeurs, débarrassé des références dogmatiques et religieuses. Tel est le fond de sauce du politiquement correct qui peut accommoder tous les plats, mais avec des variantes et des nuances dans le dosage selon le lieu et le moment.

L’emprise de ces idées sur la société s’explique par le fait qu’elles rencontrent une sorte de consensus chez les élites médiatiques et culturelles qui les assènent au nom du magistère moral qu’elles croient détenir. Les élites politiques partagent cette idéologie dans leur majorité ; si ce n’est pas le cas, leur outillage intellectuel, doctrinal, moral et spirituel est si faible, dans l’ensemble, qu’elles ne voient rien à y opposer et qu’elles cèdent devant, par ignorance ou par lâcheté. »

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La pensée de Michéa bien résumée dans Causeur

19 Oct

Pertinente et élégante synthèse de la pensée de Jean-Claude Michéa lue dans Causeur et signée Jacques de Guillebon.

« De la leçon d’Orwell, quand les contemporains s’accommodent de la seule condamnation du totalitarisme, il aura déduit que le péché originel du XXe siècle réside dans l’alliance historique du socialisme et de la gauche, opérée notamment au moment de l’affaire Dreyfus. De ce contrat léonin, le socialisme sera ressorti défiguré, dépouillé de sa puissance critique du Progrès pour devenir l’idiot utile de la « gauche libérale ».
Opposé autant au procès du matérialisme historique marxiste qu’à la gorgone libérale, c’est finalement − à travers les terminologies transitoires de la common decency ou de ce populisme cher à Christopher Lasch, qu’il introduisit en France − à la pensée du socialisme originel, dont les frontières avec l’anarchie demeurent floues, que Michéa remonte. Quoiqu’il l’épure de son caractère chrétien, il garde de ce socialisme la critique concomitante du marché et de l’État et c’est à la morale commune et immédiate des petites gens et du ballon rond que va son allégeance. Préférant à la charité chrétienne la théorie du don et du contre-don dégagée par Marcel Mauss, c’est naturellement la sobriété de la décroissance qu’il oppose aujourd’hui à la démesure libérale.
Fils naturel de de Maistre et de Leroux, ce grand professeur de liberté jette les piles du pont qui, peut-être, réunira les fils perdus et séparés de la critique des conditions modernes d’existence. »

Lire aussi : Jean-Claude Michéa invité des Matins de France Culture

Yannick Noah, « personnalité préférée » des Français : Qu’en dit Richard Millet ?

14 Août

Comme à l’accoutumée, Yannick Noah serait la personnalité préférée des Français selon le JDD.

« Champion de tennis qui s’est mué en chanteur populaire, Yannick Noah a beau avoir souvent exprimé des opinions tranchées, ses compatriotes voient en lui une sorte de Français idéal, citoyen du monde, engagé mais pas trop, sympa et décontracté. Pour la septième fois numéro 1 de ce classement depuis sa création, Yannick Noah avait atteint le sommet pour la première fois en juillet 2005. Détrôné par Zizou un an plus tard et ce pour trois enquêtes consécutives, il a repris les commandes en décembre 2007 pour ne plus les quitter depuis. », nous dit-on.

Dans Fatigue du sens Richard MILLET commente ce sacre populaire avec le talent littéraire et l’analyse du moderne que nous lui connaissons : « Comment être le citoyen d’un pays dont Yannick Noah est la « personnalité préférée » ? Comment expliquer l’immense dégoût qui m’envahit devant cet histrion du Bien, miroir de l’insignifiance française, symbole de l’idéologie mondialiste : sportif, métis, chanteur de variétés, bienfaiteur de l’humanité, donneur de leçons, parfaite expression de la niaiserie perverse du Culturel. »

Sur ce sujet :

Yannick Noah chante en prison

Top 50 , c’est reparti comme en 40!

Hot d’ivoire

13 Avr

N’empêche que Gbabgo a failli lui enfoncer bien profond.

Capture prise sur Lefigaro.fr le 12 avril.

 

Quand le parti communiste était souverainiste et protectionniste …

24 Oct

Malakine publie sur son blog, Horizons, un intéressant article sur l’ancien Parti communiste, pas encore mondialiste et plus passionné par la lutte contre l’inégalité économique que contre les discriminations. Lire à ce sujet l’excellent essai de l’universitaire américain Walter Benn Michaels La diversité contre l’égalité.

Un petit test qui nous propose de déterminer notre profil politique fait fureur actuellement sur Facebook. Plusieurs tendances sont proposées, dont celle de « communiste », ce qui a surpris et choqué une de mes contacts qui se voyait ainsi qualifiée. J’ai laissé un message expliquant que le test évoquait certainement le communisme de l’époque soviétique qu’elle n’avait probablement pas du connaître. Comme beaucoup, elle croyait que le communisme avait disparu à la chute du mur. En fait, non. La perestroïka ayant commencé dès 1985, il faut remonter à l’époque de Leonid Brejnev et de Georges Marchais pour ce faire une idée de ce qu’était le communisme avant qu’il ne s’éteigne pour ne devenir qu’une caricature de la posture de goch, vraiment à goch pour bat’ la droit‘.

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Badinter contre la loi Gayssot

24 Oct

Publié sur Lepost le 18 octobre dernier par blanrue. Lekitschmoderne ne s’attendait pas à être d’accord avec Robert Badinter sur ce point.

Le jeudi 14 octobre 2010, sur France Info, Nicolas Poincaré demande à son invité, le sénateur et ancien président du Constitutionnel (1986-1995) Robert Badinter, ce qu’il pense des « lois mémorielles » et en particulier de la « loi Gayssot qui punit le révisionnisme ». La réponse de Robert Badinter ne se fait pas attendre : « C’est un des aspects très importants de l’époque récente », déclare-t-il.

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Fabrice Luchini : avec Muray un contre-pouvoir est possible

13 Août

Fabrice Luchini, interrogé par Christophe Barbier, dans L’Express du 8 mai dernier. L’artiste jouait alors Philippe Muray au Théâtre de l’Atelier. Voici le florilège d’une interview longue et passionnante.

Philippe Muray

« Muray dénonce les inventeurs de rêve, ces artisans de la déréalisation que sont les politiques. Seul Malraux aurait pu lui tenir tête. Peu importe que les thèses de Muray soient vraies ou fausses : on a un contre-pouvoir. »

« Il y a quelque chose de moliéresque chez Muray : il capte nos ridicules, la vanité de l’époque, la doxa. »

La littérature

« La passion de l’anxiété, de l’angoisse nihiliste, je la partage à travers mes écrivains préférés. C’est ma maladie, oui. J’avoue qu’il y a une doxa du nihilisme comme il y a une doxa socialiste, mais je crois qu’il n’y a pas de grande littérature avec des sentiments positifs, même si j’aime Rimbaud et La Fontaine, pessimiste dépassant le ressentiment. J’ai une passion pour les écrivains de la misanthropie, de la haine du nombre. Cela commence avec Flaubert, mon préféré, puis il y a le roi, l’épouvantable Céline, qui trouve une émotion musicale à partir d’une vision de l’homme immonde. On m’a envoyé une lettre de Flaubert dans laquelle celui-ci se réjouit d’un terrible orage qui s’est abattu sur Rouen : tout est cassé, il jubile. Et Céline : « Ce n’est pas que j’aime les catastrophes, mais elles s’installent chez moi avec des sortes de droits. » »

De gauche ou de droite ?

« Je ne suis pas de gauche parce que je pense que l’homme n’est pas ce que les gens de gauche pensent qu’il est. Je n’aime pas dans la gauche l’angélisme, l’enthousiasme. Je ne suis pas de droite parce qu’elle a oublié qu’il y eut une droite qui n’était pas affairiste, parce qu’elle a oublié les hussards : Antoine Blondin, Roger Nimier, Jacques Laurent… »

« Est-ce que Martine Aubry croit sincèrement qu’on est opposé à une société qui redistribuerait des richesses ? Que les Français qui ne votent pas socialiste sont ravis des inégalités épouvantables et de l’actuelle dégradation haineuse ? Qui est hostile au programme du PS : un smic augmenté, des hiérarchies douces, moins d’injustice, plus d’humanité… Les dirigeants socialistes, de Mélenchon à Hamon, défilent en héros de la lutte contre l’oppression. Je sais bien que Sarkozy est le neveu de Staline et qu’Hitler bouffait avec Hortefeux, mais, tout de même, l’oppression actuelle est relative… Quand Benoît Hamon commente un discours de Sarkozy, on a l’impression qu’il a vu des enfants écrasés par des chars impérialistes. »

« Les politiques, surtout à gauche, n’intègrent jamais l’individu. Parce qu’ils ne veulent pas que l’homme soit confronté à la magistralité de son désastre solitaire. L’homme doit être dépassé, dit Nietzsche. Or notre époque tend au béat, des gens déambulent, hagards, dans le culte du bonheur, alors que les catastrophes s’accumulent. C’est le désastre et il y a un îlot de gens hébétés, de déambulants à roulettes qui foncent dans la béatitude.»

La gauche

« Comment s’arrange-t-on quand on est de gauche, qu’on vit rue Guynemer avec vue sur le jardin du Luxembourg, qu’on a un chauffeur, un maître d’hôtel à gants blancs alors que le pays est en crise ? L’intellectuel de gauche répond : « Je lutte… » J’ai vu la gauche caviar, je l’ai haïe, elle frimait, parlait de culture tout en réglant ses problèmes de salle de bains, comme les gens de droite. Pareil. Kif-kif. Un type de gauche m’a dit : « Je ne comprends pas pourquoi la classe moyenne ne pense qu’à consommer. » Ou encore : « Pourquoi ta femme de ménage a-t-elle un 4 x 4 ? » Pauvre couillon ! De quel droit juges-tu ? « Comment peux-tu dormir alors que l’Afrique crève ? », dit-il. Et toi, tu te réveilles souvent la nuit pour les Africains, espèce de fiente ? Je suis comme Cioran : « Je ne peux pas avoir de pitié, mon moi a tout absorbé. » J’exècre la pensée correcte de gauche. »

La droite

« La droite est morte, elle n’a plus que faire des enfants comme objectif. Où est Paul Morand ? Où sont de Gaulle, Raymond Aron ? On n’a même plus la droite du cigare, du pinard et du cholestérol : « Tu délocalises beaucoup ? Moi, j’ai niqué les Chinois. » C’est fini. C’est pour ça que je suis moins agressif avec la droite : elle n’existe plus. »

Lire lintégralité de l’interview de L’Express

Yannick Noah chante en prison

1 Août

Pour changer des Zéniths, des mauvais festivals et des plateaux télé, Yannick Noah applique son art derrière les barreaux. Je rassure les amateurs de « Je suis métisse », « Si tu savais mon frère » et du cultissime hit de l’été « Saga Africa », la Police de Sarko n’a pas eu la peau du téméraire artiste aux cheveux tressés et aux pieds nus. La personnalité préférée des français (espérons qu’il ait  décrocher sa première place en tant qu’unique vainqueur français de Roland Garros et non grâce à ses chansons mièvres et ses prises de position de rebellocrate ségolénisant) effectue un « carceral tour » dans l’Hexagone. Avec son équipe, Yannick a prévu huit dates dans les prisons françaises pour longues peines.

Lundi 26 juillet, l’artiste était à Rennes, prison pour femmes. Nathalie FLOCHLAY, journaliste à Ouest-France, était aux premières loges du spectacle atypique.  Son papier transpire de bons sentiments. (lire l’article). « Simple, généreux, Noah donne tout ce qu’il a. Naturellement. On oublie presque les murs de la prison, les barreaux, les portes fermées qui entourent le gymnase ». Encore mieux qu’une remise de peine ou la visite de son bien-aimé.

« Cette tournée, on va mettre du temps à s’en remettre. C’est très fort. C’est plus éprouvant que les concerts classiques. Il y a beaucoup d’émotion », raconte Yannick, « exténué après une heure de concert et une demi-heure de dédicaces ». Quand la journaliste l’interroge sur sa démarche, le chanteur nous lance une belle lapalissade d’invité de plateaux télé : « J’en avais envie. J’aime être proche des gens. Je ne juge personne, la société les a déjà jugés. »  Le projet est louable, je vous l’accorde, mais méfions-nous de ces « nouveaux aristocrates » du show-business (pour reprendre cette expression si bien appropriée de Nathalie Heinich), porte-paroles talenteux du kitsch moderne. Toutes les misères et malheurs du monde sont une bonne occasion pour se forger une image d’humaniste tout en monopolisant le PAF de leurs bouses musicales.

« Qu’on nous laisse agir, et ça ira très vite »

29 Juil

Le Point a publié hier, mercredi juillet, un témoignage exclusif de Denis, policier à la BAC. Le décalage entre les discours sécuritaires de Sarkozy et Hortefeux et le réalité sur le terrain est une fois de plus mis en exergue.

Denis est policier à la Brigade anticriminalité (BAC). Il fait partie des hommes envoyés en renfort à Grenoble où des policiers sont menacés de mort par des caïds de cité. Il a accepté de témoigner pour Le Point.fr sous couvert d’anonymat. Edifiant.                       

Lire l’article

Expulsion de sans-papiers : halte au fascisme ?

28 Juil

Le site Médiapart, connu pour décrire la réalité telle qu’elle est, a publié ce mardi 27 juillet une vidéo sur l’expulsion de sans-papiers. Voici la légende : « La Courneuve. En bas de la tour Balzac, dont ils ont été expulsés, des familles, des femmes et des enfants sans logement sont évacués par des CRS ».

On imagine les belles âmes de la rédaction de Médiapart en train de s’étrangler : « Comment ça ?! La Police ose encore faire son travail ?! ». Eh oui, aussi étrange que cela puisse paraître, le métier gardien de la Paix est devenu choquant par nature. On retrouve cette gauche pseudo-révolutionnaire, choquée par tout ce qui ressemble de près ou de loin à la règle, pour qui les frontières sont ringardes et le fascisme perceptible dans toute intervention policière, surtout si des « minorités » en sont les « victimes ». Mais, ces tenants de la pensée correcte ne doivent pas oublier que nous vivons encore dans un Etat de droit.

Les sans-papiers sont le bras médiatique de cette gauche. Sur les images, on voit des femmes, bébés dans les bras, transformées en véritable loques pour résister à « l’assaut » des CRS. Les leçons des associations expertes en la matière (DAL en premier lieu), lectrices assidues du manuel du parfait manifestant, sont passées par là. La stratégie de défense est bien entendu accompagnée de cris et de pleurs. Les caméras de télévision en raffolent. Pas besoin d’expliquer ou de contextualiser,  autrement dit d’effectuer son travail de journaliste, les images parlent d’elles-mêmes.

« Cela nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire », va-t-on une fois de plus jeter à la figure du gouvernement, pourtant si impuissant et inefficace dans son traitement de l’immigration clandestine. Ah la bonne vieille reductio ad petainum, pour reprendre et transposer l’expression de Léo Strauss (reductio at hitlerum). Toujours efficace dans notre société du spectacle et de l’émotion éphémère. C’est la flèche préférée du kitsch moderne, décochée à la moindre occasion par les professionnels de l’indignation à sens unique.

Jean-Pierre Chevènement en 1996, alors ministre de l’Intérieur, en avait déjà les frais lors de l’expulsion des sans-papiers soi-disant « musclée » de l’église Saint-Bernard. Qui ne se souvient pas de la madone télévisuelle Emmanuelle Béart, dans son plus beau rôle, les larmes aux yeux et les trémolos dans la voix.

Ce que ne veut pas comprendre cette gauche, c’est qu’elle est le meilleur allié du libéralisme le plus fou, en lui offrant une main d’œuvre aux exigences faibles en matière de salaire et de conditions de travail a moins coûteuse. Les salaires des autochtones sont tirés vers le bas, mais après tout les nations, c’est démodé non ?