Tag Archives: Jacques de Guillebon

La pensée de Michéa bien résumée dans Causeur

19 Oct

Pertinente et élégante synthèse de la pensée de Jean-Claude Michéa lue dans Causeur et signée Jacques de Guillebon.

« De la leçon d’Orwell, quand les contemporains s’accommodent de la seule condamnation du totalitarisme, il aura déduit que le péché originel du XXe siècle réside dans l’alliance historique du socialisme et de la gauche, opérée notamment au moment de l’affaire Dreyfus. De ce contrat léonin, le socialisme sera ressorti défiguré, dépouillé de sa puissance critique du Progrès pour devenir l’idiot utile de la « gauche libérale ».
Opposé autant au procès du matérialisme historique marxiste qu’à la gorgone libérale, c’est finalement − à travers les terminologies transitoires de la common decency ou de ce populisme cher à Christopher Lasch, qu’il introduisit en France − à la pensée du socialisme originel, dont les frontières avec l’anarchie demeurent floues, que Michéa remonte. Quoiqu’il l’épure de son caractère chrétien, il garde de ce socialisme la critique concomitante du marché et de l’État et c’est à la morale commune et immédiate des petites gens et du ballon rond que va son allégeance. Préférant à la charité chrétienne la théorie du don et du contre-don dégagée par Marcel Mauss, c’est naturellement la sobriété de la décroissance qu’il oppose aujourd’hui à la démesure libérale.
Fils naturel de de Maistre et de Leroux, ce grand professeur de liberté jette les piles du pont qui, peut-être, réunira les fils perdus et séparés de la critique des conditions modernes d’existence. »

Lire aussi : Jean-Claude Michéa invité des Matins de France Culture

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Zemmour, Luchini et d’autres signent le Cahier Philippe Muray

28 Mai

L’essayiste Philippe Muray, révélé au grand public par les lectures de Fabrice Luchini, fait en septembre prochain l’objet d’une publication collective, dirigé par Maxence Caron et Jacques de Guillebon – avec les contributions, entre autres, d’Eric Zemmour et Fabrice Luchini – à paraître aux éditions du Cerf en septembre.

Y a-t-il un Muray après Luchini ? Les éditions du Cerf se plaisent à le croire et préparent, pour le prouver, un Cahier d’histoire de la philosophie consacré à Philippe Muray.

On y trouve des textes inédits du philosophe – dont voici quelques titres en amuse-bouche, « Adresse au petit homme », « Ce qui m’amuserait maintenant » – et des extraits – inédits aussi – de son journal. Mais on découvre aussi des témoignages de quelques héritiers ou complices intellectuels tels qu’Eric Zemmour, Jean Clair ou François Taillandier. Fabrice Luchini explique le sens qu’il donne au fait de « dire Muray », Benoît Duteurtre confie que, pour lui, « Muray est une fête », Bernard Quiriny adresse une « Lettre anthume à Muray posthume », tandis que Pierre-André Taguieff explique « Pourquoi Muray nous manque ». Publication prévue : septembre 2011.

Maxence Caron annoncera officiellement cette parution sur France Culture, dans l’émission « Une vie, une oeuvre » consacrée à Philippe Muray dimanche 19 juin entre 16h et 17h.

Source : MyBoox

Protégez-nous des jeunes

3 Nov

Extrait d’un article de Jacques de Guillebon publié sur Causeur.fr le 31 octobre.

On ne peut pas croire une seule seconde que les lycéens qui proclament la grève dans leurs établissements le feraient s’ils pensaient qu’ils avaient quoi que ce soit à perdre. Ils luttent au contraire pour la perpétuation de leur société sans risque où, toujours, ils ont le beau rôle. Ils se moquent comme de leur premier Diesel du sort des ouvriers du Nord-Pas-de-Calais. Las ! Leur conscience politique est enfermée depuis longtemps dans les photos de leur profil Facebook, où ils consultent à l’aide de leur iPhone les dernières nouvelles de leur « mur ». Leur vision du monde se résume à un écran, c’est-à-dire à ce qui voile, la frange avancée de cette révolution étant ces « jeunes de banlieue » qui pratiquent déjà la reprise individuelle dont ce monde entièrement néo-libéral leur a indiqué la voie.
Ces jeunes, enfin, ne se battent pas pour leur grand-père, mais pour le grand-père qu’ils seront, modernes préparant − Péguy le savait − leur retraite comme le chrétien prépare son salut.

Lire l’article en intégralité