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La pensée de Michéa bien résumée dans Causeur

19 Oct

Pertinente et élégante synthèse de la pensée de Jean-Claude Michéa lue dans Causeur et signée Jacques de Guillebon.

« De la leçon d’Orwell, quand les contemporains s’accommodent de la seule condamnation du totalitarisme, il aura déduit que le péché originel du XXe siècle réside dans l’alliance historique du socialisme et de la gauche, opérée notamment au moment de l’affaire Dreyfus. De ce contrat léonin, le socialisme sera ressorti défiguré, dépouillé de sa puissance critique du Progrès pour devenir l’idiot utile de la « gauche libérale ».
Opposé autant au procès du matérialisme historique marxiste qu’à la gorgone libérale, c’est finalement − à travers les terminologies transitoires de la common decency ou de ce populisme cher à Christopher Lasch, qu’il introduisit en France − à la pensée du socialisme originel, dont les frontières avec l’anarchie demeurent floues, que Michéa remonte. Quoiqu’il l’épure de son caractère chrétien, il garde de ce socialisme la critique concomitante du marché et de l’État et c’est à la morale commune et immédiate des petites gens et du ballon rond que va son allégeance. Préférant à la charité chrétienne la théorie du don et du contre-don dégagée par Marcel Mauss, c’est naturellement la sobriété de la décroissance qu’il oppose aujourd’hui à la démesure libérale.
Fils naturel de de Maistre et de Leroux, ce grand professeur de liberté jette les piles du pont qui, peut-être, réunira les fils perdus et séparés de la critique des conditions modernes d’existence. »

Lire aussi : Jean-Claude Michéa invité des Matins de France Culture

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Jean-Claude Michéa invité des Matins de France Culture

8 Oct

Le philosophe Jean-Claude Michéa était l’invité des matins de France Culture jeudi 6 octobre. Spécialiste de Georges Orwell et auteur de nombreux ouvrages critiques sur la modernité, le libéralisme ou encore l’éducation, il est invité pour parler de son dernier livre Le complexe d’Orphée : La Gauche, les gens ordinaires et la religion du progrès


Michéa donnait une interview au Nouvel Observateur à propos de son dernier ouvrage. Extrait.

« Tout comme un pythagoricien aurait préféré mourir plutôt que de traverser un champ de fèves, un militant de gauche éprouve immédiatement une terreur sacrée à l’idée que quelque chose ait pu aller mieux dans le monde d’avant. Une pensée aussi incorrecte le conduirait en effet à remettre en question le vieux dogme progressiste selon lequel il existe un mystérieux sens de l’histoire, porté par le développement inexorable des nouvelles technologies, et qui dirigerait mécaniquement l’humanité vers un monde toujours plus parfait – que celui-ci ait le visage de l’«avenir radieux» ou celui de la «mondialisation heureuse». Difficile alors de ne pas penser au pauvre Orphée qui, pour ramener Eurydice des Enfers, avait dû s’engager à aller toujours de l’avant sans jamais s’autoriser le moindre regard en arrière. »

Un dossier est consacré à Jean-Claude Michéa dans le dernier numéro d’octobre de Causeur.