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Richard Millet, « le nouveau mécontemporain »

4 Déc

Extrait d’un article signé Jean-Marc Parisis paru dans Le Figaro, le 26 novembre dernier.

«La France n’a jamais connu une telle dégradation unanime de la langue. Quand la langue est malade, le reste est malade. Le cancer de la langue est le cancer social par excellence.» En 1977, jeune professeur, il croyait la maladie réversible. «J’ai enseigné le français pendant une vingtaine d’années. Je m’y suis donné tout entier, sans faire de différence entre les origines des élèves. J’ai cru très longtemps que je pourrais faire quelque chose. J’ai vu que le système excluait toute volonté réelle de transmission. Quand j’ai constaté que je sortais du système, je suis sorti de tout.» Sortir de tout, c’était rejoindre «l’épaisseur rythmée», la «mémoire frémissante» de la langue, et mourir au monde pour ne pas mourir avec lui. Ecrire des romans (son premier, L’Invention du corps de saint Marc, a paru en 1983), des récits autobiographiques, mais aussi des essais, sortis en rafales ces dernières années. Désenchantement de la littérature, L’Opprobre, L’Enfer du roman, Fatigue du sens balaient un vaste champ : le culturel contre la culture, la loi contre l’éthique, l’incompatibilité de l’islam avec l’Europe, le viol de la langue, l’américanisation de la France, la faiblesse du roman national et la «soupe narrative accommodée aux épices de la mondialité anglophone»,la fiction de l’antiracisme, le cancer du nihilisme, etc.En retour, ses «ennemis», les suppôts du «Nouvel Ordre moral», l’ont habillé pour l’hiver de la pensée : «pseudoprophète égaré dans ses vaticinations idéologiques», «négativiste teigneux», «ouvertement lepéniste», «homophobe», etc.

Ses ennemis ? «Les sicaires d’un système qui se prétend de gauche ou d’extrême gauche mais qui, en réalité, participe du capitalisme le plus sauvage. Contradiction qu’ils assument sans aucun état d’âme.» Dans Fatigue du sens, il prévient d’emblée qu’il n’écrit pas «contre les immigrés, les races, les ethnies, les étrangers, l’islam, etc.», mais des extraits sortis de leur contexte, des focalisations excessives ont laissé croire le contraire. Au fond, il n’a jamais rien eu d’un polémiste, et chez lui, la théorie critique n’est même pas première. Elle naît d’une forme de stupéfaction devant le monde tel qu’il va et où il voit se dissoudre son identité d’homme «blanc», «catholique», «hétérosexuel».

Lire aussi :

Entretien de Richard Millet dans le journal de l’Action française

Fatigue du sens, liminaire

Bruno de Cessole : « Richard Millet enfreint nos tabous »

Richard MILLET – Petit éloge d’un solitaire

Yannick Noah, « personnalité préférée » des Français : Qu’en dit Richard Millet ?

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