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Le porte-parole de Chevènement lui aussi contre le droit de vote des étrangers

19 Oct

Pour prouver, s’il en est encore besoin, que la véritable opposition se joue entre les mondialistes et les nationalistes et non plus entre « la gauche » et « la droite », voici un extrait d’une tribune de Julien Landfried, porte-parole de Jean-Pierre Chevènement, consacrée au droit de vote des étrangers aux élections locales publiée comme celle de Michèle Tribalat sur le site d’info Atlantico.

« Jean-Pierre Chevènement, dans son dernier livre Sortir la France de l’impasse, s’est opposé au droit de vote des étrangers aux élections locales. Il y a en effet fusion en France, du moins depuis la décolonisation, entre les principes de nationalité et de citoyenneté. Il s’agit à la fois d’un principe solidement ancré dans notre tradition politique et dans notre culture : qui est Français peut voter, et tout Français « pèse » autant qu’un autre (« un homme égal une voix »).

Si l’on ajoute que la France pratique une politique de naturalisation généreuse, issue de sa tradition assimilationniste (malheureusement tombée en disgrâce depuis les années 70-80), on peut estimer que cette fusion entre nationalité et citoyenneté constitue un principe solide et ouvert, puisque les étrangers peuvent en bénéficier sous réserve bien entendu de demander leur naturalisation. La proposition des socialistes et d’une très large partie de la gauche de donner le droit de vote aux étrangers aux élections locales rompt avec cette logique, puisqu’elle dissocie nationalité et citoyenneté, en donnant à des non-nationaux une partie des prérogative de citoyenneté des nationaux. Elle sous-entend d’ailleurs en creux qu’il serait difficile pour les étrangers de devenir français, ce que les chiffres démentent. Cela ferait par ailleurs courir le risque, dans certaines communes notamment de la région parisienne, à des votes ethniques ou communautaires qu’il faut au contraire éviter. »

Sur le même sujet : Michèle Tribalat contre le droit de vote des étrangers

La gauche mal armée face au populisme lepéniste

17 Mar

Tribune de Julien Landfried, secrétaire national du Mouvement Républicain et Citoyen, publiée dans Marianne le 15 mars.

Les réactions consécutives à la publication de sondages favorables à Marine Le Pen montrent que la gauche n’est de toute évidence pas outillée pour répondre à l’offensive de la candidate frontiste. Elle se cantonne dans un réflexe « antifasciste » épuisé au-delà de toutes limites depuis la substitution de l’idéologie antiraciste au logiciel socialiste après le tournant de la rigueur de 1983. Il n’est nul besoin d’être grand clerc pour anticiper que cette stratégie ne produira pas les mêmes effets que dans le passé. Pour deux raisons. Un, la percée de Marine Le Pen va provoquer des mouvements de panique  parmi de nombreux élus de la droite parlementaire. Deux, le ralliement des « classes moyennes » aux classes populaires dans le refus de la globalisation financière risque de produire l’effet inverse que celui escompté par l’idée d’un « Front anti-fasciste ». Cette stratégie ne pourrait bien en dernier ressort n’apparaître que comme celle des professionnels du spectacle, des élites de la communication et des banques d’affaires, aux yeux de concitoyens certes sans projet de rechange, mais encore dotés d’un peu de bon sens. Pour paraphraser Marcel Gauchet, la « bonne conscience » n’est pas une politique.

La gauche s’enfonce encore davantage dans le déni en faisant de Nicolas Sarkozy l’artisan principal si ce n’est unique du champ politique laissé béant pour Marine Le Pen. Cet espace n’est pourtant que la conséquence de la décomposition des élites. Ces dernières ont révélé leur incompétence par  leur impuissance à enrayer la destruction de l’appareil industriel français, s’il ne s’agit pas purement et simplement  d’un ralliement à la globalisation financière. Nos élites ont construit méthodiquement une véritable sécession idéologique et spatiale en stigmatisant les passions populaires et en concentrant le travail dans des « villes monde » productrices de l’idéologie sociale-libérale. Cette double dimension se trouve être partagée aussi bien par les élites de droite que par les élites de gauche, que Jean-Pierre Chevènement appelait déjà à la fin des années 1990 les « élites mondialisées ».

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